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Trophée des Champions – CDF DN1
Trophée des Champions – CDF DN1

Trophée des Champions – CDF DN1

Le résumé de la course sera court : après le critérium nocturne de mercredi soir, je suis tombé malade et j’ai eu un pic de fièvre à 39° le vendredi matin, à la veille de la coupe de france. J’ai donc contacté Vincent Terrier, notre directeur sportif pour le lendemain, en lui annonçant que la tâche allait être compliquée. Il fallait néanmoins prendre le départ, sous peine de nous voir attribuer une vingtaine de points malus au classement de la coupe de france pour équipe incomplète au départ. Si au matin de la course, la fièvre était tombée, je n’étais encore qu’en cours de rétablissement et m’attendais à passer quand même un sale quart d’heure.

Avec un long départ fictif de 12 et un circuit en ligne de 195 kilomètres, l’épreuve du jour proposait le copieux menu de 207 kilomètres de course, une distance inédite pour moi en compétition. Bien entendu, je ne me faisais que peu d’illusions quant à mes chances d’aller au bout, mais j’étais malgré tout déterminé à vendre cher ma peau, et non pas simplement signer la feuille de départ et descendre du vélo, surtout dans l’optique de ne pas perdre trop de temps dans mon retour à haut niveau.

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Dès le baisser de drapeau, le peloton s’élance tambour battant, et je reste placé dans les toutes premières positions pour peser les coups qui bénéficient d’un bon de sortie ou non. Je tente ma chance une fois dans la roue d’un coureur de Chalette au pied d’une courte ascension. J’ai sincèrement cru que j’allais rester sur place. Je suis complètement à l’asphyxie, comme un asthmatique, je respire sans discontinuer comme si je n’étais pas capable d’absorber l’air qui m’entoure. Passé ce point critique, j’accroche la queue du peloton qui poursuit à vive allure. Je ne pourrai plus jamais remonter au-delà du dernier tiers. Je suis à l’agonie en permanence, en souffrance, le coeur ne monte pas, les sensations sont terriblement désagréables. Alors que se profile le permier GPM, je m’accroche tant que je peux, parviens à conserver les roues, jusqu’à ce qu’après le sommet alors que nous sommes alignés à gauche sous l’emprise du vent, la file de motos qui s’était glissée décide de rétrograder et engendre quelques cassures. Les coureurs qui me précèdent sont capables de boucher les trous, mais en ce qui me concerne, c’est impossible. Je ne parviens pas à revenir, mon corps me fait comrendre que ça suffit bien comme ça.

Si la course s’arrête là, après une petite quarantaine de kilomètres sans miracle, ce n’est pas pour autant le cas de ma séance. J’enlève mon dossard, mais il me faut à présent rejoindre l’arrivée, distante de plus de 80 kilomètres. Je suis le parcours de la course dans un premier temps, jusqu’à ce que j’aperçoive les panneaux indiquant Montmorillon, sur la grande route avec un fort vent de face que je ne quitterai pas pendant 60 kilomètres. Au final, je rejoins le camion de l’équipe une quinzaine de minutes après l’arrivée de mes coéquipiers, où j’apprends la victoire… De l’un d’entre eux, notre allemand Nico Denz.

La journée se termine donc sur une note extrêmement positive, qui me fait totalement oublier le calvaire que j’ai vécu dès l’insant même où je descends du vélo (153km, 5h de selle, malade). Je peux partager avec eux la joie de la victoire, individuelle et par équipes, moi qui n’ai pas vu grand-chose de la course, mais qui vais tenter sur la fin de l’été, lorsque je serai enfin libéré de cette avalanche de pépins physiques, d’accrocher la dynamique avec la même réussite.

J’espère remettre en route de bonne manière à présent à l’occasion de la nocturne d’Ambert, lundi soir, puis surtout du Tour d’Auvergne, première échéance sur laquelle j’espère être revenu à un niveau de compétition intéressant. A cette occasion, rendez-vous de vendredi à dimanche.