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Tour of Malopolska, étape 2. UCI 2.2
Tour of Malopolska, étape 2. UCI 2.2

Tour of Malopolska, étape 2. UCI 2.2

Après une étape relativement abordable la veille, nous nous rapprochions des montagnes du sud de la Pologne ce week-end, et les deux étapes restantes s’annonçaient plus exigeantes. Au programme de ce samedi, 2500m de dénivelé positif en 150 kilomètres, mais sans jamais dépasser 500 mètres d’altitude. Un parcours digne d’une classique ardennaise, avec quelques traquenards flirtant parfois avec les 20% tantôt au détour d’un virage, tantôt au terme d’une ligne droite montante interminable.

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Je me suis appliqué à aborder relativement bien placé le départ fictif, et bien m’en a pris, car dès le réel lancé, nous avons progressé sur des routes étroites et escarpées. Conformément à mes calculs, l’échappée s’est donc formée d’entrée de jeu avec trois coureurs. Je me suis jeté à leur poursuite dès que la porte s’est ouverte, emmenant avec moi un coureur du Team Stölting, qui s’est écarté immédiatement avoir pris mon relais. Un de ses coéquipiers l’a contré, et en a profité pour boucher les vingt mètres restants. Nous avons été repris, le peloton s’est arrêté, la porte s’est refermée et l’affaire était faite. J’ai eu l’occasion de vérifier que j’allais probablement souffrir aujourd’hui dès la première petite côte où un coureur du Team Kolss a tenté de relancer la course, quelques minutes plus tard. Cela n’a pas duré longtemps, et une fois le sommet franchi, je me suis lancé dans une contre-offensive. Personne ne m’a suivi.

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La formation de l’échappée. Je suis le premier coureur au fond, tête baissée

L’écart est rapidement monté, puisque le peloton n’a pas bronché. J’ai donc entrepris de gérer mon effort, car le cœur montait mieux que la veille. Les longues lignes droites avec un vent de face sensible ne m’avantageaient pas, de retour sur une route plus large. J’ai attendu une dizaine de kilomètres et les premiers reliefs significatifs pour augmenter l’allure, apercevant l’échappée. Je me suis rapproché à une minute, puis je n’ai pu faire mieux que de stabiliser l’écart. On m’a vite annoncé deux minutes de retard, et… Cinq d’avance sur le peloton. Après une trentaine de kilomètres, la balance s’est mise nettement à pencher en ma défaveur, avec trois minutes devant et trois minutes derrière. Le chasse-patate parfait. Perdu pour perdu, j’ai entrepris de gérer pour basculer au sommet de la grande difficulté du jour devant le peloton. Cela s’est joué in-extremis, puisqu’après une heure et vingt minutes de course, une contre-attaque est revenue sur moi comme un boulet de canon, emmenée par le champion d’Ukraine Vitaliy Buts. J’ai tenté d’augmenter mon rythme pour prendre leurs roues, mais je n’y suis pas parvenu. J’ai tout juste réussi à accrocher la queue du peloton quelques minutes plus tard. Mais pas pour très longtemps. Après plus d’une heure à 175 pulsations moyennes, alors que je n’avais atteint que 183 la veille, mon organisme était vide. J’ai poursuivi quelques kilomètres à tourner les jambes, avant de me faire arrêter sans pitié par la voiture balai.

À ne pas reproduire chez vous. J’ai expérimenté le chasse-patate ultime, l’échappée la plus dénuée d’intérêt qui soit. Pourtant, il fallait tenter. Je pense avoir mal récupéré ces derniers jours et, sur la corde raide, peut-être que cette journée de repos supplémentaire est un mal pour un bien. Cela devrait me permettre de surcompenser du travail précédent, et d’aborder le Tour de Serbie sur la même dynamique que mes trois premières semaines qui, jusque-là, avaient été très satisfaisantes. Il fallait bien une petite fausse note.

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