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Tour du Sénégal, étape 3. 5e
Tour du Sénégal, étape 3. 5e

Tour du Sénégal, étape 3. 5e

Troisième jour de course, cette fois-ci sans grand transfert qui nous permettra de « récupérer » puisque le départ et l’arrivée étaient jugés à Somone, le lieu de notre hébergement. Pas d’interminable ligne droite non plus donc (15, 20 kilomètres entre chaque virage tout au plus) et même quelques reliefs, puisque nous avons franchi à deux reprises les montagnes du Sénégal, qui culminent pas loin des 50 mètres d’altitude. L’étape de la veille a laissé des traces. Un premier groupe s’est formé rapidement avec Steve, ce qui a obligé l’équipe marocaine à faire l’effort, puis j’ai contré à la jonction après quatre ou cinq kilomètres : nous sommes partis à quatre, avec un hollandais et un slovaque, ainsi qu’un équipier du leader sur le porte bagage.

Après une vingtaine de kilomètres en tête et une avance maximale d’une minute et 20 secondes, notre avance a décru, puis nous avons été repris par un contre. J’ai aperçu Steve qui m’a tout de suite fait comprendre que le maillot jaune était piégé, ainsi que son dauphin hollandais. Les africains présents en tête, aujourd’hui, se sont montrés tout à fait coopératifs, dans un premier temps du moins. Sur les 14 coureurs du groupe, une grosse moitié n’aura pas passé un centimètre de toute l’étape, soit parce qu’ils étaient faibles et auront rapidement sauté, soit parce qu’ils étaient hollandais ou marocains. Le bras de fer a duré une trentaine de kilomètres où notre avance s’est maintenue à 1’30, puis les poursuivants ont cédé, concédant jusqu’à 4 minutes et 15 secondes. Steve était alors à une minute du leadership virtuel…

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Mais alors que nous croyions que la balance penchait en notre faveur, la tendance s’est brusquement inversée. Devant, nous n’étions plus que deux à faire avancer le groupe, Steve et moi. Le groupe maillot jaune est rapidement revenu à deux minutes, puis l’écart est descendu plus lentement ensuite, mais le regroupement s’est finalement opéré à une trentaine de kilomètres de l’arrivée. Jusqu’alors, je n’étais jamais descendu une seule fois au-delà de la cinquième position de la course, passant d’interminables relais pour Steve et notre tentative de coup d’état au classement général.

La première bordure qui nous a repris était quasi exclusivement composée de marocains (les quatre, l’équipe au complet) et d’hollandais (au moins cinq au total) pendant que nous n’étions donc que deux. Mais nous n’avons rien concédé par la suite : alors qu’à force de rouler en tête, je commençais à faiblir, ce temps de suspens m’a permis de récupérer et j’ai rapidement retrouvé ma force. Il n’a pas été possible d’empêcher le marocain, vissé dans ma roue depuis le kilomètre 5, de partir seul vers la victoire d’étape. Le hollandais second du classement général a réussi à piéger le leader et a repris une bonne partie de son avance en compagnie d’un Sénégalais. Enfin, à une dizaine de kilomètres de l’arrivée, un slovaque est sorti seul suite à une petite erreur de parcours. Ses coéquipiers trop émoussés, le maillot jaune a dû rouler en tête du groupe les dix derniers kilomètres. J’ai réglé notre peloton devant Steve, terminant ainsi une nouvelle fois 5e et 6e de l’étape, comme le premier jour.

Cet après midi de récupération nous fera certainement le plus grand bien avant le gros morceau de ce Tour du Sénégal, Thiès – Saint-Louis, une transversale sud/nord annoncée à 198 kilomètres… Vent de face. Je m’attends à 7 heures de selle environ. Avec Steve, nous sommes prêts à perdre nos positions au classement général pour jouer la victoire d’étape, et exclusivement la victoire d’étape. Je n’ai pas envie de revenir bredouille de ce tour, avec un parterre de places d’honneur mais sans victoire… Le port du maillot blanc n’étant que temporaire, puisque le leader du général est né en 1993. Au vu du temps passé en tête de course, si nous parvenons à nous économiser, nous serons beaucoup plus forts dans le final…