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Tour du Canton de Bourg-de-Péage – 1/2/3/J
Tour du Canton de Bourg-de-Péage – 1/2/3/J

Tour du Canton de Bourg-de-Péage – 1/2/3/J

Le Tour du Canton de Bourg de Péage marquait ma première sortie en toutes catégories, après avoir enchaîné les courses Élite Nationale et coupe de France. Toutes catégories certes, mais comme souvent sur cette course, le niveau n’en reste pas moins relevé avec 167 coureurs engagés et un parcours en ligne long de 151 kilomètres, sous un déluge continu cette année.

Depuis le week-end dernier plutôt encourageant sur le plan des sensations, je suis sur le point de rentrer dans ma période de forme. Le bon travail de cette semaine devrait me permettre de valider ces sensations par un résultat sur une course de moindre envergure.

Mais la réalité ne colle pas toujours à la théorie. Si je crois encore, pendant les quinze premiers kilomètres que je passe à l’avant à sauter dans les coups, que la forme du moment devrait pouvoir pallier à ma hantise de la pluie, je suis rapidement rattrapé par mes vieux démons. Bientôt surgit une bosse qui me stoppe dans mon élan : je comprends dès le pied, que j’aborde heureusement dans les dix premiers, que la journée va être un calvaire, comme à chaque jour de pluie. Je rétrograde d’un seul coup, et n’ai de cesse que de me faire doubler, doubler, doubler jusqu’au passage du sommet à peine quelques centaines de mètres plus haut. Je bascule alors tout juste avec la queue du groupe. 167 partants, nous ne sommes déjà plus qu’une grosse centaine et je me sens faire partie de la prochaine vague.

bourgdepeage

Je ne m’avoue pas déjà vaincu pour autant. Dans les portions descendantes, je remonte très efficacement : d’une part, parce que je n’ai pas peur de virer plus vite, et de me faufiler plus rapidement que les autres. D’autre part, parce que ma gène sous la pluie est cardiaque/respiratoire plutôt que musculaire, et qu’elle entrave beaucoup moins ma progression dans les parties descendantes, où je tire profit de ma force pour compenser. Bientôt, je suis d’ailleurs de retour à l’avant. Mais cette fois-ci, je suis content simplement de conserver ma place et ne peux plus me permettre de suivre les attaques.

Bientôt, cela s’étire au profit de longs faux-plats, et du rythme plus intense, et du vent et de la pluie qui grandissent les écarts. Je m’attache à tenter de conserver ma place, mais plus le temps passe, plus je me sens oppressé, plus je respire difficilement, plus j’ai de mal à simplement soutenir le rythme des coureurs qui m’entourent. Lorsque certains faux-plats deviennent un peu trop prolongés, je rétrograde dangereusement, mais je parviens toujours à revenir à la faveur d’un petit sprint bien placé dans le premier tiers du groupe. Soudain, le rythme qui ne se calme pas devient trop important pour mon corps qui sature, avec lequel je lutte désespérément depuis le départ de la course. Je ne suis plus capable de conserver les roues, je suffoque. Il n’y a rien à faire. Je n’ai pas froid, ne suis pas engourdi ou pas outre mesure : j’explose tout simplement.

Une à une, les voitures de la file des directeurs sportifs me doublent, dans le sillage desquelles je tente parfois de me glisser en vain. Je n’aperçois rien d’autre que ce long cortège, qui avance lentement sur la droite de la route, et puis qui s’éloigne là, devant, les derniers coureurs du reste du peloton encore un peu compact. Je suis le seul élément qui tache cette chorégraphie bien huilée. C’est bientôt au tour de la dernière voiture de remonter à la hauteur, celle de Mickael Buffaz, notre directeur sportif.

Au rond-point suivant, je ne suis pas la course, mais je préfère au contraire m’en éloigner, pour poursuivre en direction des montagnes du Vercors. Je quitte ici le parcours officiel et poursuis le mien en tant qu’entraînement : Je prolonge mes 35 kilomètres de course par l’ascension du col du Tourniol. Seul, je me sens beaucoup plus à l’aise, comme libéré du poids de la cause perdue. Je ne retrouve pas de sensations pour autant, mais à défaut, je parviens à retrouver un peu de plaisir, dans la douleur de hisser ma carcasse jusqu’à 1140m d’altitude. Lorsque je redescends, je suis d’un peu meilleure humeur.

La journée se termine en revanche de la meilleure des façons avec la victoire nette et sans bavure de Nico Denz, qui se permet le luxe de donner une leçon de sprint à l’une des références du genre au niveau amateur, Anthony Maldonado. Sorti vainqueur du sprint de son groupe de six échappés, Nico remporte sa déjà troisième victoire de la saison, un an après sa seconde place ici même, battu seulement au métier par Mathieu Delarozière. Nico a su apprendre de son erreur pour enfin conclure de la meilleure des façons, une conclusion qui nous a souvent manquée après des courses rondement menées. On ose espérer que se soit enclenché un cercle vertueux où toute notre bonne volonté et nos efforts se retrouveront concrétisés par la victoire plus souvent.

J’en profite pour glisser un petit mot sur le comportement de quelques coureurs à l’arrivée. Je n’ai pas assisté au final, mais certains des coureurs de l’échappée ont critiqué son attitude dans les derniers kilomètres, déplorant le fait qu’il n’ait pas collaboré dans les derniers kilomètres. Je ne pense pas qu’il ait été en tort, puisque seul représentant du CCF face à deux coureurs aixois, dont sans doute l’un des plus rapides du peloton amateur. Il n’avait pas à encourager une situation qui lui était défavorable sur le papier et qu’au contraire, il a su retourner à sa faveur de son propre chef. C’est du moins ce que j’en pense.

Dès à présent, il s’agira de prouver que la contre-performance du jour était bien uniquement la cause des conditions climatiques car je rentre dans la phase finale de mon premier cycle, avec à venir le Grand Prix de Saint-Etienne, qui s’enchaînera avec la troisième manche de Coupe de France, la Boucle de l’Artois. Plus le droit à l’erreur cette fois-ci après deux manches ratées. Il faudra scorer. Je me fixe des objectifs élevés ! Les résultats, jusqu’ici, ne sont pas à la hauteur de mes espérances et les week-ends défilent comme autant d’occasions manquées les uns après les autres.