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Tour de Sibiu, prologue. 2.1 62e
Tour de Sibiu, prologue. 2.1 62e

Tour de Sibiu, prologue. 2.1 62e

Le Tour de Sibiu est la course la plus importante de Roumanie, et le gros objectif annuel de l’équipe. Elle est classée en catégorie 2.1, c’est donc une course réservée aux professionnels. Au départ, quatre formations continentales professionnelles qui sortent toutes les quatre du Tour d’Italie : CCC Sprandi Polkowice (Rebellin), Androni Giocattoli  – Sidermec (Tvetcov, Gatto), Nippo – Vini Fantini (Grosu, De Negri, Filosi), Southeast (Finetto, Gavazzi, Ponzi) (Voir la startlist complète). C’est le plus haut niveau auquel je me sois jamais attaqué, même si le plateau du Rhône-Alpes Isère Tour en 2.2 était sans doute à peu près du même calibre. La course est également retransmise chaque jour à la télé sur la chaîne Digisport, et visible en live streaming sur internet pour ceux qui veulent me suivre de plus près. Cinq étapes au programme, avec un parcours (très) difficile : un court prologue de 2,3 kilomètres, très technique dans les rues pavées du centre-ville de Sibiu (le sujet d’aujourd’hui), une étape marathon de 224km jeudi avec un col de 8 kilomètres à 30 kilomètres de l’arrivée, deux arrivées au sommet ensuite, dans le village d’altitude de Paltinis vendredi à 1500m, puis au sommet du myrthique Transfăgărășan, au niveau du lac Balea, à plus de 2000m d’altitude, avant une dernière étape autour de Sibiu dimanche, avec un circuit très escarpé. Pas pour les rigolos, donc…

La présentation des équipes, la veille, était retransmise en live stream grâce à six webcams installées sur la place principale de la ville, lieu de départ et d’arrivée du prologue. Une présentation en grandes pompres, nous sommes passés premiers, juste avant l’équipe Androni-Giocatolli. La nouvelle est tombée pendant la cérémonie, et les suiveurs en ont pris connaissance à leur retour à l’hôtel : leur leader, Davide Appollonio, ancien coureur du Team Sky et d’AG2R la Mondiale notamment, a été contrôlé positif à l’EPO sur le dernier Giro. Ça met dans l’ambiance…

L’aire de départ/arrivée, en plein coeur de Sibiu

La journée avait moyennement commencé pour nous avec une chute d’Andrei Nechita, l’un de nos deux leaders, lors de notre mise en jambes matinale. Cela ne semble toutefois pas l’avoir trop freiné, puisqu’il a terminé 10e du prologue à 8 secondes du vainqueur, le brésilien Andriatto de l’équipe Southeast. L’occasion de mettre en avant le déroulement atypique d’une journée comme celle-ci : si le prologue ne compte que 2,3 kilomètres, il ne faut pas croire qu’il s’agit d’une journée calme… Après un bon déblocage la veille, il faut un réveil musculaire conséquent, 1h30 pour nous avec quelques efforts très modérés et une reconnaissance du parcours en centre-ville tant bien que mal malgré voitures, chiens, passants et policiers (au cours de laquelle se produisait un opéra sur la scène centrale) ; un repas assez tard à 14h30, déjà être sur place plus de deux heures avant notre départ respectif pour travailler le parcours et les trajectoires au millimètre vitesse course (une petite dizaine de tours pour ma part soit environ 40 minutes de vélo) puis un échauffement achevé sur 30 minutes de home-trainer avec cette fois-ci, un effort maximal 20-25 minutes avant le départ environ. Ce soir, pour 3 minutes et 37 secondes de course, je compte donc un peu plus de deux heures trente de vélo !

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Le parcours était plus ou moins divisé en deux parties : un premier kilomètre extrêmement sinueux et technique avec des pavés assez mauvais en centre-ville, puis une seconde partie un peu plus roulante, toujours majoritairement pavée et relativement technique. Sur une distance aussi courte, il faut connaître chaque trajectoire par coeur ainsi que le dosage de l’effort adéquat (quasi maximal tout le long de toute façon). Je me suis élancé à 18h17 et 15 secondes (départs toutes les 45 secondes) et j’ai réalisé une copie presque parfaite sur le premier kilomètre technique. Je pense n’avoir pas perdu plus de trois secondes. Sur cette portion. Mais les choses se sont gâtées ensuite sur les parties roulantes, car j’ai eu du mal à envoyer de la puissance. Si je n’ai pas fait d’erreur technique, j’ai sûrement tapé trop fort dans le premier kilomètre car j’ai terminé à l’agonie complète, en pleine négation de la douleur. J’ai franchi la ligne en 3’37 contre 3’21 pour le vainqueur Andriatto. Il m’a fallu près de 10 minutes pour retrouver un souffle non douloureux et j’ai encore le goût désagréable du sang dans la bouche et même les poumons ce soir en rédigeant l’article. Je ne suis probablement jamais allé aussi loin dans la douleur physique. Cela ne me vaut pourtant qu’une… 62e place ! Le moins que l’on puisse dire, c’est que je suis débloqué pour l’étape demain.

Demain nous attend un défi d’un autre ordre : une étape en ligne de 224 kilomètres, avec un col dans le final, ma plus grande distance jamais réalisée en course…

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