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Tour de Sibiu, étape 2. 2.1 93e
Tour de Sibiu, étape 2. 2.1 93e

Tour de Sibiu, étape 2. 2.1 93e

La montagne arrivait avec la deuxième étape puisque nous devions nous hisser jusqu’à la station de ski de Paltinis, au milieu des Carpathes. Ce n’était pas le principal problème de la journée néanmoins, j’étais davantage inquiet au sujet de la première des trois ascensions répertoriées, la montée vers Jina, qui développait 5km à la moyenne effrayante de 9%. Puisque après avoir constaté que je ne pouvais pas jouer dans la même cour que les grimpeurs sur une course professionnelle, il me restait donc 90 kilomètres pour exister, les 90 premiers. Ma mission de la journée était, contrairement à la veille, de prendre l’échappée pour servir de relais à notre leader pour le classement général Artem Topchanyuk. Je n’étais pas le seul à avoir cette idée, néanmoins…

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La première offensive dangereuse, en bonne place dans le résumé TV

J’ai pourtant bien cru que j’étais parvenu à intégrer la bonne échappée, lorsque après une dizaine de kilomètres de course, nous sommes sortis en costauds avec six autres coureurs dans le premier relief du jour. J’étais bien entouré avec Kurek pour CCC et des coureurs des principales équipes continentales. Nous avons pris une quinzaine de secondes et nous sommes entendus à la perfection, même si j’ai du sauter quelques relais dans la descente à cause de mon braquet trop petit pour 70km/h ! Cependant, j’ai vite compris qu’il allait être difficile de sortir lorsque l’équipe allemande du leader du classement des sprints est revenue sur nous quelques kilomètres plus loin pour que finalement, leur sprinter reparte bredouille du premier point chaud. Je pensais alors que je m’étais définitivement éliminé de la course à l’échappée mais les sensations étaient décidément bonnes puisque j’ai pu repartir à l’attaque plusieurs fois une fois descendus du plateau de la région de Sibiu. Les quatre équipes continentales professionnelles se sont rendus coup pour coup en essayant chacune de placer le plus possible de pions dans l’échappée. Il a finalement fallu attendre un peu plus d’une heure de course à 50km/h de moyenne, malgré les reliefs, pour que le peloton finisse par être obligé de laisser partir un groupe d’une vingtaine d’hommes que je n’ai pas intégré, puisque c’était le tour de Sebestyen Szabolcs, dit Szabi. Il réalisera finalement une très belle étape pour terminer 46e à l’arrivée, alors qu’il était à la peine hier.

Derrière, je suis donc revenu à mon job habituel de porteurs de bidons et nous sommes restés groupés autour d’Artem Topchanyuk, notre carte maîtresse. J’ai pris pas mal de vent pour qu’il puisse aborder les cols dans les meilleures conditions, mais cela ne m’a pas posé de problème, puisque les sensations étaient encore correctes. Le pied de la montée n’a pas été difficile à discerner, puisque la route s’est immédiatement cabrée autour de 12% avec un enchaînement d’épingles. Je n’ai pas tardé à comprendre que mon début de course m’avait déjà bien entamé (décroissance cardiaque de 15 pulsations) et que je n’allais plus pouvoir servir à grand chose à partir de ce point. J’ai géré pour reculer progressivement jusqu’à la queue de groupe et intégrer le gruppetto dès sa formation. L’arrivée n’était tout de même pas encore là puisqu’il restait pas loin de deux heures de course… Je les ai gérées à ma main, et j’ai pu me refaire un peu de mon début de course éprouvant, étant donné que le groupe était d’un niveau un peu inférieur au mien. La montée vers la station de Paltinis était superbe, mais longue… Nous sommes arrivés avec une demi-heure de retard sur le vainqueur, l’italien Mauro Finetto, qui prend le maillot jaune. Artem n’a pas assumé son statut en craquant à une dizaine de kilomètres du sommet. Il perd plus de 4 minutes et ne prend que la 22e place de l’étape. Cela va sans doute me donner plus de mou pour la fin de tour. Dès demain, je serai de retour au charbon : 135 kilomètres de plaine, avant l’ascension du mythique Transfăgărășan : l’arrivée sera jugée proche du sommet, au Lac Balea, à 2040m d’altitude…

Mauro Finetto (Southeast) l'emporte devant son coéquipier Simone Ponzi et Davide Rebellin (CCC Sprandi Polkowice)
Mauro Finetto (Southeast) l’emporte devant son coéquipier Simone Ponzi et Davide Rebellin (CCC Sprandi Polkowice)