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Tour de Serbie, étape 4. 2.2 15e
Tour de Serbie, étape 4. 2.2 15e

Tour de Serbie, étape 4. 2.2 15e

La 4e et dernière étape, contrairement aux autres, présentait un format en ligne classique de 145 kilomètres, entre Vrsac, théâtre de l’étape de la veille, et Belgrade, la capitale du pays. La course promettait donc heureusement d’être plus calme et moins nerveuse, avec très peu de relief. Les positions au général étant un peu plus nettement dessinées, l’équipe de Russie toujours porteuse du maillot jaune pour quatre secondes ne pouvait que contrôler la course pour favoriser une arrivée au sprint. De notre côté, sauf coup de théâtre, cela devait permettre à Artem Topchanyuk de conserver sa 3e place du classement général.

Pendant les quarante premiers kilomètres, je n’ai pas quitté la dernière position du peloton. Avec le vent de dos et les tentatives assez timides, aucun risque de se faire piéger, et j’avais besoin de relâcher au maximum la tension. Rien à signaler en première partie de course, sinon la perte de ma roue arrière, que le mécanicien avait visiblement oublié de fixer. Deux coureurs ont constitué l’échappée, et l’équipe russe n’a eu aucun mal à les contrôler. En ce qui nous concerne, nous nous sommes installés en troisième rideau derrière les deux formations russes autour d’Artem, pour ne pas subir la nervosité. Cela nous a permis de rester en toute sécurité lorsque l’itinéraire a bifurqué et que le vent a dangereusement étiré le peloton, provoquant notamment la chute de l’ancien champion d’europe junior Alexander Wachter qui ne s’en est pas relevé.

Après une heure de course, les deux hommes de tête ont compté jusqu’à trois minutes d’avance. Il s’est agi de l’écart maximal, puisque les russes, probablement sans vraiment le faire exprès, se sont rapidement rapprochés à la minute. Cela a ouvert de nouvelles perspectives, et trois hommes sont sortis en contre pour porter le groupe de tête à cinq coureurs. Pas de quoi inquiéter les russes toutefois. Une fois passée la barre des cent kilomètres, nous avons d’ailleurs repris quatre des cinq hommes suite à une mésentente, et tous les coureurs d’une obscure équipe locale dont j’ai oublié le nom se sont mis à attaquer les uns après les autres, pour rester deux cent mètres devant le peloton et se faire reprendre chacun leur tour.

C’est à vingt kilomètres de l’arrivée que la course a subitement pris un autre visage. Cette fois-ci, en bifurquant vers la capitale, nous avons pris le vent franchement de côté, et à deux seulement avec Artem, conserver notre position s’est avéré particulièrement difficile et surtout dangereux. Si nous étions protégés du vent à l’intérieur, nous étions aussi à quelques centimètres du muret d’autoroute et il m’a souvent fallu débrancher un bon coup le cerveau pour assurer ma place ou ma sécurité. Finalement, à 8 ou 9 kilomètres de l’arrivée, nous avons repris vent de dos, et si la tension était toujours très présente, cela nous désavantageait moins.

Je suis resté vissé dans la roue d’Artem qui se plaçait très bien jusqu’à ce que son boyau explose soudain sur un nid de poule. Il a fallu réfléchir très vite : Nous venions de franchir le panneau des 5 kilomètres. S’il ne voulait pas tout perdre au classement général, il fallait qu’il continue de rouler à plat pendant encore deux kilomètres avant de lever la main pour bénéficier de la règle des trois kilomètres (qui veut que tout coureur victime d’un incident mécanique ou d’une chute dans les trois derniers kilomètres d’une étape plate soit classé dans le temps de son groupe d’appartenance au moment du fait de course). Mais le temps de prendre une décision, j’étais déjà redescendu dans les dernières positions du peloton étiré. Notre coéquipier Szabi a fait un super travail pour me remonter dans le vent et m’a déposé au kilomètre en trente-cinquième position environ. Mais l’arrivée était en montée, et déjà des cassures se produisaient devant moi. J’ai du boucher plusieurs trous avant de recoller à la queue du groupe de tête : j’ai calé sur une ultime cassure aux deux cent mètres pour me contenter d’une décevante 15e place. Artem a finalement pu conserver son classement, offrant ainsi à l’équipe un premier résultat d’envergure.

De gauche à droite : moi, Artem Topchanyuk 3e du Tour de Serbie 2015 et son trophée, et Sebestyen Szablocs. Nos trois finishers
De gauche à droite : moi, Artem Topchanyuk 3e du Tour de Serbie 2015 et son trophée, et Sebestyen Szablocs. Nos trois finishers