自転車で地域&人づくり
Tour de l’Ardèche Méridionale, épreuve 2 – 1/2/3/J
Tour de l’Ardèche Méridionale, épreuve 2 – 1/2/3/J

Tour de l’Ardèche Méridionale, épreuve 2 – 1/2/3/J

L’épreuve du dimanche est une copie quasi conforme de celle de la veille, avec cette fois-ci non pas deux grandes boucles mais trois petites dans la vallée de l’Ardèche, après avoir remonté l’ensemble de la célèbre route des gorges. Et surtout, à la différence près que la pluie continue allait donner une dimension autrement plus épique à l’épreuve.

2ardeche1

Le départ par la Fontaine de Cade, identique à la veille, est cette fois-ci nettement plus rythmé. La pluie tend le peloton qui, sous le coup des offensives de certains des costauds (déjà), opère parfois quelques petites cassures rapidement comblées. Je prête attention à bien resté placé. Moi qui ne supporte pas très bien la pluie, je me sens plutôt à mon aise, surtout dans les parties descendantes, où beaucoup de mes adversaires sont sur les freins. Mes coéquipiers sont presque tous à l’avant eux aussi. La course ne se décante pas encore, et aucune échappée ne semble capable de se former avant le point critique de l’étape, l’ascension de l’emblématique Col du Serre de Tourre.

C’est déjà la troisième fois que je négocie cette approche très particulière en course. Je parviens bien à me placer et j’aborde le pied dans les quinze premières positions en gérant mon effort. Mais déjà, les pentes raides me poussent dans mes retranchements, alors que l’allure n’est pas encore élevée. Je gère bien mon effort et rétrograde lentement. Au niveau de l’épingle, je suis dans les dernières positions, je n’ai plus de marge. Je ne m’accroche pas jusqu’à la rupture, avant de tout donner à partir du passage du tunnel, à 500 mètres du sommet. Les écarts sont déjà creusés. Je me bats dans la roue de Romain et Nicolas Thomasson qui relancent au sommet pour accrocher la queue du dernier groupe à portée du peloton. Je bascule avec quelques secondes de retard sur eux : il n’y a pas de descente ensuite, je dois immédiatement faire l’effort. Me voici de retour sur un terrain plus à mon avantage.

2ardeche2

Je rattrape Pierre Ruffaut qui me donne un bon coup de main : grâce à lui, je rentre dans les roues après une dizaine de kilomètres de chasse. Le groupe principal, devant, est parfois en point de mire lorsque le champ de vision est plus large. Les reliefs sont traitres. Le froid et la pluie commencent à me cingler plus que raisonnable. J’enfile mon chasuble, mais je n’arrive pas à le fermer. Je m’alimente tant que je peux, en arrachant les sachets plastiques avec les dents. Le groupe roule bien et je retrouve beaucoup de mes coéquipiers : Adrien Bonnefoy, Romain Faussurier, Lucas Barjon, Bastien Lhomme. Nous arrivons sur le circuit, à la mi-course environ. Une cassure se produit dans le groupe alors que je suis piégé derrière. Nous ne bouchons pas l’écart tout de suite. Le groupe principal s’éloigne sur une nouvelle accélération et les voitures n’apparaissent plus au détour des virages, les carottes sont cuites pour nous. Je laisse derrière moi le petit groupe de piégés pour me réchauffer, et je m’arrête au camion après un peu plus de 85 kilomètres.

2ardeche3

L’objectif n’était pas de tomber malade aujourd’hui. Sur un terrain pas du tout à ma mesure, je me suis battu avec mes armes. J’ai affronté mon ennemi la pluie jusqu’à la limite du raisonnable. Poursuivre n’aurait pas eu grand intérêt. Je préfère me réserver pour les épreuves des Boucles du Haut-Var. Je prendrai part à la troisième d’entre elles, mercredi, et je ne sais pas encore si je m’alignerai finalement à la deuxième, ou non. Tout dépendra de ma récupération…