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Stage au Pays Basque
Stage au Pays Basque

Stage au Pays Basque

Depuis le 11 et jusqu’au 18 avril, je suis en stage aux environs de Saint-Jean-Pied-de-Port, au cœur du Pays Basque, dans l’objectif de préparer les échéances futures, et notamment la première d’entre elles, le Tour du Sénégal qui arrive à grand pas. Pourquoi le Pays Basque ? D’abord, parce que cette zone présente des cols de basse altitude, et donc presque tous ouverts en ce début de printemps (je me suis juste heurté à la neige à quelques hectomètres du sommet du Port de Larrau, aux alentours de 1400m). Ensuite, parce que c’est une zone que je ne connais pas, et que c’est une belle occasion d’ajouter des cols inédits à mon palmarès… Cols qui sont indiscutablement, je peux le dire à présent, les plus pentus de France. Parfait pour reprendre le coup de pédale de la montagne. Je suis friand de ce genre de stages, qu’avec l’expérience, j’organise toujours un peu de la même façon maintenant. Cette année, compte tenu de l’agencement des échéances (j’enchaîne quasiment immédiatement avec le Tour du Sénégal), j’ai opté pour la formule d’un bloc de 4 jours de travail de volume, puis une fin de semaine plus légère, centrée sur la récupération. Si mon séjour s’étend bien sur une semaine, je ne vais donc m’entraîner à 100% de mes capacités que les 4 premiers jours, ce qui me laisse les trois suivants pour soigner la récupération, chose essentielle mais pourtant pas toujours bien prise en compte. Ces 4 jours viennent de s’achever, je vous propose donc un compte-rendu à mi-stage.

Jour 1 : bi-quotidien, 2h30 + 2h, 2500m D+

Col de Lindux (matin), col d’Ispéguy, col d’Urdanzia (apm)

J’ai choisi de découper mon premier jour en deux séances. Une première sortie d'”acclimatation” sans tension musculaire particulière nécessaire après le long voyage de la veille, mais avec les premiers cols. Puis une seconde séance de travail intensif cette fois-ci, car une fois l’organisme en éveil, je peux travailler à PMA dans les meilleures conditions qui soient, ce qui n’est pas systématiquement le cas. Bien se connaître est primordial !

Les premiers cols ne sont pas très raides, le matin pour pouvoir rouler à intensité libre, l’après-midi pour pouvoir faire mes exercices et surtout marquer mes récupérations le plus confortablement possible. Après mes 3 séries de 3’i5-30″i6, je m’attaque à mon premier col basque typique, un peu sans faire exprès, le col très bien caché d’Urdanzia. Avec 1,5km à 17% de pente moyenne au milieu, je ne suis pas déçu du voyage !

Jour 2 : 5h20, 3450m D+

Pic de Beillurti, Col d’Arthaburu, Col de Burdincurutcheta, Col d’Ahusquy

Je me réservais le gros morceau en dénivelé pour le second jour de stage, afin de ne pas encore être trop diesel. Un enchaînement monstrueux mais somptueux de trois cols parmi les plus raides de France, aux stats à faire frémir même les plus purs grimpeurs. Le premier d’entre eux, le Pic de Beillurti, est à ma connaissance le col le plus raide de France métropolitaine, avec 6,8km à 12,6% de pente moyenne, dont un premier kilomètre à 18,5% (moyen là encore, pointe max mesurée au garmin, 27%). Le second, le col d’Arthaburu est plus long, mais semble roulant à côté, avec 10,1km à 9,6%, soit l’équivalent du Mont du Chat, mais avec des passages bien plus raides. Le Burdincurutcheta par ce versant est presque négligeable, et le dernier des trois, le col d’Ahusquy, est le moins difficile (10,4km à 8,5%) mais les chiffres cachent une portion plate de 2km environ peu avant le sommet.

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Le plateau d’Arnostéguy, depuis le Pic de Beillurti, le col le plus raide de france

Sur un tel parcours, inutile de programmer des exercices, puisque la pente fait naturellement son effet. Comme ces cols sont tous plutôt irréguliers, la pente est en réalité supérieure à 10-12% la plupart du temps. Ainsi, naturellement, même en montant à 10 kilomètres par heure, je travaille au moins en endurance critique. C’est donc une séance exigeante et même avec seulement 110 kilomètres au programme, je rentre vraiment fatigué, d’autant plus que la température avoisine les 25-26°C à l’ombre pour la première fois de l’année. 16 bidons sont passés entre cette séance et celle du lendemain !

Jour 3 : 5h40, 3400m D+

Col de Gamia, Col d’Osquich, Port de Larrau, Col de Bagargui, Col de Burdincurutcheta

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Le sommet du Port de Larrau est encore sous des mètres de neige

La troisième journée était la plus longue, et celle des cols les plus hauts en altitude. La première moitié de la séance, en plaine (les cols de Gamia et d’Osquich sont raides, mais ne dépassent pas 500m), servait de hors d’oeuvre pour atteindre le village de Larrau depuis l’est. Le Port de Larrau (17km à 7,9% dont 10km à 10%, 1550m) était le col le plus long et le plus haut de mon séjour. Je n’ai pas pu atteindre le sommet (j’ai été bloqué par la neige à 1400m) mais il ne m’a manqué qu’un kilomètre. Je suis redescendu côté français et j’ai poursuivi par le Col de Bagargui afin de rebasculer sur le Burdincurutcheta et Saint-Jean-Pied-de-Port. Encore une fois me direz-vous, j’ai été impressionné par les pentes de ce col, sur une route nationale, avec 5 kilomètres horribles à 11,5% de moyenne, sans jamais aucun replat ni zone d’ombre. L’occasion d’aborder une spécialité basque assez déconcertante : l’écobuage. Partout sur les sommets fleurissent des incendies parfois impressionnants, et il arrive même que ces incendies coupent le parcours d’une route. Il s’agit en fait d’une pratique ancestrale agricole, ici autorisée et encouragée, visant à débroussailler… Par les flammes.

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Un coup des séparatistes ?

Jour 4 : 4h35, 2300m D+

Col d’Izpéguy, Puerto d’Otxondo, Col d’Artzamendi

En trois jours, j’avais donc quasiment épuisé la liste des cols exploitables de la région. J’ai dessiné une boucle légèrement plus abordable pour le quatrième jour, car mon organisme commence à tourner sur la réserve. L’idée était toutefois d’aller chercher le Pic d’Artzamendi, et son final à plus de 14% de moyenne, pour changer. Après le col d’Ispéguy, j’ai couvert une cinquantaine de kilomètres en espagne, et je me suis attaqué à la bête dans la troisième heure. Après un tel dénivelé en seulement trois jours, je monte presque mécaniquement le quatrième, même un col d’une telle difficulté.

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La route depuis le sommet de l’Artzamendi, seul en compagnie d’une voiture… Auto-école.

Pour les trois jours qu’il me reste, je vais donc mettre l’accent sur la récupération. Je prévois encore une séance intensive vendredi, une fois assimilés les charges, qui sera ma dernière avant le décollage pour le Sénégal. Le reste du temps, je ferai des sorties de récupération d’une heure à une heure trente, et une journée de repos complet le dimanche, le jour du trajet train/avion. Le Tour du Sénégal s’élancera de Dakar mardi 21 avril, et sera à suivre ici-même peut-être pas au jour-le-jour, mais avec un point détaillé sur l’épreuve je l’espère, tous les deux jours environ. A bientôt donc. Ça commence à devenir intéressant !

3 Comments

  1. sisbos

    Habituellement j’ai un petit plateau de 42, mais je roule toujours avec un 28 à l’entraînement. Bien m’en a pris de faire monter le 39. Enfin, je savais bien que c’était indispensable. Je suis donc passé partout en 39*28, et je n’ai jamais été gêné, même quand il fallait monter à 8/9 km/h au pied de Beillurti (mais j’ai de la force).
    Par contre, en parallèle, je fais attention à travailler également à haute cadence sur des pentes moins raides (séances spécifiques avant le stage, et certainement après), car en course, dans les hautes intensités, il faut être capable de soutenir la cadence pour être performant. Et c’est un risque que de perdre ce réflexe de cadence en montant des pentes aussi raides.

  2. vito

    ok merci pour ta réponse compléte.
    pouvoir avoir enchainé plusieurs cols ( col du chat, grand colombier, col de la biche), l’enchainement a été difficile avec un 39×28 même complétement à la ramasse dans la biche. Rester de longues minutes a 50 tpm épuise musculairement pourtant je roule le plus souvent en force mais dans ces cols sa pardonne pas lol.
    j’ai intérêt à mettre un 36 si je veux aller au pays basque.

    bonne route et bonne chance pour la suite

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