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Rund um Finanzplatz Eschborn-Frankfurt – 2.2 U23
Rund um Finanzplatz Eschborn-Frankfurt – 2.2 U23

Rund um Finanzplatz Eschborn-Frankfurt – 2.2 U23

Aussi étonnant que cela puisse paraître, pour la première fois de ma vie, je courais à l’étranger ce week-end. J’ai bien fait la Calédonie, mais elle a beau être de l’autre côté du globe, elle reste en France. A l’initiative de notre allemand Nico Denz, nous nous sommes rendus à Francfort le mercredi 30 avril dans la matinée, pour reconnaître le parcours dans l’après-midi, et participer à la version espoirs du Rund um Finanzplatz Eschborn-Frankfurt (le Grand Prix de Francfort), en parallèle de l’épreuve professionnelle classée 2.HC. Nous sommes actuellement en transit à Châlons-en-Champagne avant d’enchaîner avec la manche de coupe de France de Nogent-sur-Oise, transit duquel nous profitons pour reconnaître (deux fois plutôt qu’une) le parcours de la manche de coupe de France suivante, le contre-la-montre par équipes des Boucles de la Marne. En effet, le front qui a couru en Allemagne et qui s’apprête à courir la Coupe de France de Nogent est le même que celui qui sera aligné sur le contre-la-montre par équipes, moi compris. A une exception : Pierre Latour est absent, numériquement remplacé par Adrien Legros à nogent. Les cinq coureurs qui m’accompagnent sur ce déplacement sont Benjamin Jasserand, Dorian Lebrat, Gabriel Chavanne, Nico Denz et Nans Peters.

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C’était également la première fois que le Chambéry Cyclisme Formation se rendait en allemagne et par conséquent, nous ne connaissions pas à l’avance la stratégie qu’il allait nous falloir adopter. Nous optons pour des rôles plus ou moins définis à l’avance : si nous devions tous passer le Feldberg, principale difficulté de la journée, au moins au sein du peloton ; de mon côté, je devais rester en retrait dans le cas d’une arrivée groupée. A la suite de ce fameux Feldberg, long de douze kilomètres, restaient à s’enchaîner plusieurs difficultés plus courtes, jusqu’à la dernière montée à 30 kilomètres de l’arrivée environ. Le retour sur Francfort était plus roulant, et la course se terminait par trois tours de trois kilomètres en centre ville, au coeur de la Finantzplatz.

L’organisation est assez exceptionnelle : le même jour, en quelques heures à peine, se déroulent une cyclosportive, une épreuve juniors, une épreuve espoirs et une épreuve professionnelle, remportée quelques heures après nous par le vainqueur de Milan-San Remo, Alexander Kristoff, devant John Degenkolb. Les organisateurs ont déployé les grands moyens : le village départ à Eschborn est immense et très bien aménagé, la présentation des équipes et la prononciation de nos noms respectifs relativement comique, et le départ est totalement urbain et ne quitte presque pas la ville jusqu’au pied du Feldberg, c’est à dire au kilomètre 40. Dans la ville, le départ sous la pluie est une véritable hécatombe : un virage sur deux, presque sans exagérer, plusieurs coureurs glissent et se retrouvent au sol. Placé en second rideau au départ, j’ai à peine le temps de remonter trente places avant qu’un rayon de ma roue avant n’explose soudain sans raison.

Le peloton de 200 coureurs n’a pas encore parcouru deux kilomètres que je me retrouve déjà sur le bord de la route. A la sortie de mon virage, je guette l’arrivée de la voiture de l’équipe avec ma roue avant dans la main. Elle arrive enfin et je peux repartir dans la file des voitures. Je reviens assez vite, il ne me faut que trois ou quatre kilomètres avant de retrouver les roues des derniers coureurs du peloton. De nouveau, je me replace un peu, puis profite d’un embouteillage à l’entrée d’un virage pour m’arrêter une seconde fois pour dégonfler légèrement ma nouvelle roue, puis repartir tout juste derrière le peloton. A nouveau, je remonte trente coureurs jusqu’à ce que soudain, mon frein avant ne réponde plus. Désemparé sur le moment, je fonce droit sur les coureurs qui tournent, dont les visages se tournent dans ma direction avec stupeur. Désolé pour eux : ils me servent de frein. Je me retrouve à terre sans trop de dégats. Je m’arrête de nouveau sur le côté et brandis mon vélo haut dans le ciel pour que l’équipe l’aperçoive bien. Le temps que Bruno, notre mécanicien, descende le vélo de la galerie et trouve une roue avant à lui mettre dessus, je repars cette fois beaucoup plus loin.

Je repars pile au moment ou un maillot familier passe à son tour : Romain Faussurier. Il me prête un morceau du coffre de la voiture d’Etupes. Moi, au seuil depuis le début de la course, je commence à en avoir un peu marre des coffres de voiture. Plus tellement lucide, je perds le coffre à la sortie d’un virage. Cette fois, j’ai bien cru que c’était déjà la fin pendant un moment. Je reste bien trois ou quatre minutes à 30km/h en pleine autoroute avec personne autour de moi, avant que la voiture de l’équipe ne redescende à ma rescousse. Elle vient me repêcher au milieu de nulle part. Franchement, j’avais déjà abandonné dans la tête à ce moment-là. Mais finalement, j’aperçois de nouveau au loin la file des voitures, au milieu de laquelle je retrouve ma place.

Je reviens au contact des derniers coureurs quand, soudain, le rythme du peloton augmente encore d’un cran : il est explosé en mille morceaux, à cause des chutes à répétition. De nouveau, je me retrouve dans les voitures. La poursuite est interminable. Au bout d’une bagarre de près de 40 kilomètres, je parviens à réintégrer le peloton, peu de temps avant le pied du Feldberg.

Mais je n’ai pas récupéré. C’est déjà précisément le début de l’ascension. Il me faut pourtant me replacer.  Le peloton a déjà perdu plus d’un tiers de ses éléments. Je parviens à tenir cinq kilomètres d’ascension sur les douze. Sans que le rythme n’augmente particulièrement, je m’écarte. Après la course, je pourrai constater que jusqu’au point de rupture que j’atteinds quelques kilomètres plus loin, je suis resté 50 minutes successives au-dessus de mon seuil. C’était la minute de trop. Il m’a ensuite fallu toute la fin de l’ascension pour récupérer de cet effort.

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Pour ceux qui sont curieux de la suite de mon aventure, je vous invite à lire ce billet.