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Paris-Troyes – 2.2 UCI – 74e
Paris-Troyes – 2.2 UCI – 74e

Paris-Troyes – 2.2 UCI – 74e

La classique auboise est cette année ma première course UCI de la saison, et c’est toujours avec une grande fierté et une grande motivation que l’on affronte les équipes professionnelles. Au départ cette année notamment, plusieurs équipes continentales étrangères assez renommées comme le Team Joker ou le Team Vorarlberg, les continentales françaises au complet (Armée de Terre, Auber 93, La Pomme Marseille – KTM et Roubaix Lille Métropole), ainsi qu’une délégation de Bretagne – Séché Environnement présente sur le Tour de France en juillet. Un plateau conséquent, mais nous devons prétendre à évoluer au même niveau qu’eux, si nous souhaitons faire honneur à notre statut de DN1. De mon côté, je me sais encore sur la pente ascendante, et si je devrais être capable de faire la course, je ne suis pas encore à mon meilleur niveau, ce qui est indispensable pour espérer jouer la victoire sur ce genre de course. Le parcours cette année a été corsé, avec 176 kilomètres de course dont un circuit final à parcourir 4 fois qui comprend un enchaînement de trois côtes avant de plonger vers l’arrivée. Mais au départ à Nogent-sur-Seine, l’attention des coureurs était surtout porté sur le vent, annoncé modéré mais suffisant pour provoquer des bordures compte tenu du paysage désertique de la région : pas d’arbre, pas de haie, que des champs.

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Et dès le baisser du drapeau, plus ou moins forcé par les coureurs d’ailleurs, un groupe de 25 coureurs se forme à l’avant de la course. Nous sommes en très bonne position, avec la présence conjointe de notre estonien Axel et de notre leader Guillaume ; même si Romain, dont j’ai cru l’absence justifiée par sa présence à l’avant, a été éliminé dès le départ sur incident mécanique. Derrière, le peloton dans son ensemble est extrêmement tendu, et impossible de mettre la main à la poche ou même les yeux au compteur sans risquer d’être surpris par un coup de patin soudain des coureurs précédents. Mal à l’aise au début, je prends mes marques et aborde les premières difficultés tout à fait bien placé, et en me surprenant à ne pas vraiment eu à fournir d’effort jusque-là. Le Team Joker et l’équipe espagnole Murias réduisent bientôt à une vingtaine de secondes un écart qui était monté à la minute et dans le peloton, le rythme est régulier et confortable. La réduction de l’écart donne des idées à plusieurs coureurs et je sors une première fois de ma réserve en profitant de mon placement pour filer une attaque de Jimmy Turgis. Coup d’épée dans l’eau mais dans l’affaire, quelques coureurs sont repris, dont notre estonien. Il faudra attendre une vingtaine de kilomètres pour que ce premier groupe important soit repris et que les cartes soient redistribuées.

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Je calque ma course sur les mouvements du peloton pour suivre les vagues offensives qui se produisent de temps à autre, mais aucun groupe vraiment sérieux ne se forme. Le circuit final approche l’air de rien et les sensations sont toujours bonnes pour moi, à tel point que je me demande quelle est le meilleur comportement à adopter. Quelques kilomètres avant la rampe de Montgueux, qui marque l’entrée sur le circuit, je tente ma chance directement à deux reprises, mais notre offensive avorte toujours à cause des coureurs de l’Armée de Terre qui neutralisent les coups. Je comprends très vite que je viens de faire une grosse erreur, car nous sommes déjà au pied de l’ascension et qu’à partir de maintenant, la course ne proposera plus de répit. N’ayant pas eu le temps de récupérer, je souffre dans l’ascension et j’aborde le circuit final mal placé. Après la descente, nous arrivons sur une portion dégagée avec un fort vent de côté. Je serre les dents et subis, une, puis deux cassures. L’élastique ne casse pas mais voilà déjà le pied de l’ascension suivante. Je m’accroche jusqu’à mi-pente et puis je perds les roues irrémédiablement. Trois voitures de la file me doublent mais au sommet, je me remobilise, et je parviens finalement à recoller à la queue du peloton dans la côte suivante après un gros effort. J’ai failli payer cher mon erreur stratégique ! Je me bats pour conserver le contact et petit à petit, j’encaisse les efforts pour retrouver une marge physique un peu plus importante, mais pas autant qu’auparavant. Le peloton explose au cours du second tour de circuit et cette fois, je suis décroché au milieu d’un gros groupe qui se bat pour garder le contact.

Après avoir récupéré quelques kilomètres, je me sens de nouveau beaucoup mieux, mais ma course est faite. Notre groupe gonfle de plusieurs unités et se transforme rapidement en gruppetto. Nous terminons la course à 19 minutes du vainqueur, mon ancien coéquipier David Menut, professionnel chez Auber 93 pendant que Guillaume accroche un top 10 après avoir subi des crampes qui l’ont privé d’un probable podium. Je passe la ligne en 74e position, loin des meilleurs et après une prestation médiocre, mais j’ai fourni beaucoup d’efforts et paradoxalement, les sensations étaient vraiment bonnes. La progression est flagrante de semaine en semaine. J’ai encore de la fraîcheur et je pense pouvoir me bonifier pendant un mois voire un mois et demi encore. Je serai dimanche prochain au départ d’une autre classique, Troyes-Dijon cette fois-ci, avant d’attaquer le bloc de Coupes de Frances bretonnes à la fin du mois. D’ici là, je pense être capable de progresser suffisamment physiquement pour jouer les points pas loin des tous meilleurs. Et c’est de faire la course sur des épreuves d’un tel niveau qui le permettra…

One comment

  1. je te félicite pour ton compte rendu d l’intérieur. Et oui, sur Paris-Troyes, même avec le changement de parcours qui fausse beaucoup l’épreuve (elle devient plus tactique : la preuve 40 coureurs au sprint), il faut attendre, être patient et comme tu le reconnais tes deux attaques avent la Rampe ne servaient à rien.
    Tu es jeune, plein d’avenir. Moi je couvre l’épreuve depuis 1976 comme journaliste et je l’observe depuis 1967. Je pense que tu la referas en restant calme. L’essentiel est que tu as de bonnes sensations dans les bosses qui se montent très vite.

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