自転車で地域&人づくり
Oslo, Bergen, Stockholm
Oslo, Bergen, Stockholm

Oslo, Bergen, Stockholm

Après l’Europe de l’est, j’ai repris mon cycle de voyages en direction de l’Europe du nord ; cependant, pour la première fois depuis plus de cinq ans, j’ai enfilé la peau du civil plutôt que celle du sportif. Et je dois dire que c’est un habit plutôt agréable : le monde est plus lointain, mais les choses, et surtout les êtres, sont en revanche plus proches. Notre corps semble plus léger quand le vélo le transporte, mais dès que les rôles s’inversent, le bagage redevient beaucoup plus lourd ! Trois métros, sept bus, un tramway, deux voitures, trois avions et trois trains : notre bilan le confirme, le monde social est beaucoup mieux adapté aux civils.

Parce que deux paires d’yeux valent mieux qu’une, surtout lorsqu’elles regardent ailleurs, j’ai partagé ma route pendant ces six jours avec mon amis néo-zélandais Matthew. Celui-ci voulait découvrir Paris : il a été servi. Après quatre heures de covoiturage, nous avons fini englués dans les embouteillages du périph extérieur. La Tour Effel cachée dans le brouillard, les Champs-Elysées balayés par la pluie, deux heures de queue au Louvre : après une crêpe à six euros, il a dû se contenter des quartiers de banlieue et des tags du métro en direction d’Orly.

Oslo

Oslo, ville portuaire
Oslo, ville portuaire

Arrivés à 23 heures à l’aéroport d’Oslo, nous sortons simplement les sacs de couchage et trouvons un coin de couloir suffisamment calme pour ne pas être dérangés. Ce n’est que lorsque le soleil se lève le lendemain matin que nous découvrons que l’aéroport est encore à trente kilomètres du centre-ville. La navette nous met rapidement au courant : nous ne sommes plus à Paris. Wi-fi à volonté, prises électriques, propreté irréprochable et silence radio. Nous sommes au centre-ville en deux stations, et il nous suffit de pousser la porte de la gare pour nous retrouver en plein cœur du centre-ville, face à un match international de beach-volley.

La découverte de la capitale n’était pas au programme, mais puisque les trains pour Bergen annonçaient déjà complet jusqu’au lendemain, nous sommes contraints d’adapter nos plans. Deux millions d’habitants et vingt-quatre heures devant nous. Après une quinzaine de kilomètres à pied et autant en transports, Oslo n’a plus vraiment de secret pour nous. Quelle claque à peine dix heures après avoir quitté Paris ! Malgré une concentration assez importante, je n’ai pas aperçu le moindre début d’embouteillage. Une fois le soleil couché, constat identique : les rues sont sûres et le citoyen bien élevé, même alcoolisé. Après une nuit blanche, nous embarquons finalement pour Bergen le lendemain matin à huit heures.

Le plus beau chemin de fer du monde

Des glaciers de plusieurs kilomètres parsèment les Alpes Scandinaves dès 1500m d'altitude
Des glaciers de plusieurs kilomètres parsèment les Alpes Scandinaves, dès 1500m d’altitude

Il n’est pas question de dormir dans le train pour autant : la ligne Oslo-Bergen est souvent citée comme la plus belle du monde. Elle s’élève progressivement jusqu’au plateau de Hardangervidda, parsemé de fjords d’altitude encore allègrement saupoudrés de glaciers millénaires et de neiges éternelles, et atteint son point culminant dans la station de Finse, à 1222m d’altitude, avant de redescendre en direction de la mer. La clientèle est partagée entre touristes euphoriques qui enchaînent les allers-retours d’une fenêtre à l’autre, et locaux totalement indifférents au spectacle. Nous rejoignons donc Bergen aux alentours de quinze heures, et notre auberge de jeunesse pour une nuit interminable, trop contents de retrouver un toit pour la première fois depuis soixante-douze heures.

La gare de Myrdal, à 1222m d'altitude
La gare de Myrdal, à 1222m d’altitude

Bergen

L’après-midi a logiquement été consacré au repos. Matthew a débranché à 17 heures et s’est réveillé le lendemain à 10 heures, sous le regard incrédule de nos colocataires américains. Une fois remis sur pieds, nous sommes partis à l’exploration de la ville. Avec 300 000 habitants, Bergen est la deuxième ville du pays. C’est à la fois un grand port maritime et le principal centre de l’activité montagnarde, puisqu’elle se situe entre les îles de la mer du nord et les montagnes des alpes scandinaves. Un impressionnant train à crémaillère monte sur la colline la plus proche à trois cent mètres d’altitude, mais nous préférons nous y hisser à pied.

Bergen et son train à cémaillère
Bergen et son train à cémaillère

Alpes scandinaves

Nous partons en randonnée pour une vingtaine de kilomètres le quatrième jour. Aucun transport n’est nécessaire pour rejoindre la montagne, du moins ses contreforts. Après quelques kilomètres, nous sommes déjà au cœur du massif, et le chemin se rétrécit progressivement jusqu’à bientôt se confondre avec les ruisseaux au grand dam de nos chaussures de marche. De nombreux lacs parsèment les reliefs, abondamment fournis par la « ville de la pluie ». 22 mètres d’eau se déversent chaque année sur Bergen. Les commerçants ont une blague qu’ils aiment bien raconter : un touriste demande à un enfant si la pluie s’arrête quelquefois de tomber à Bergen. « Je ne sais pas, je n’ai que huit ans » répond celui-ci.

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L’eau coexiste sous toutes ses formes dans les Alpes Scandinaves

Stockholm

Le second avion nous emporte pour l’aéroport de Stockholm dans la soirée, où nous reprenons nos vieilles habitudes et notre sac de couchage. 30 heures n’auront pas suffi pour entrevoir le soleil suédois. Nous retrouvons mon ami Pierre Moncorgé, ami de longue date et coureur expatrié au Team Blitz-Merida, aux alentours de midi, qui nous servira de guide pour les 24 heures. La capitale scandinave se répand sur îles et péninsules, et une grande partie des grands axes sont entourés de quais, ce qui lui donne une ampleur appréciable. Comme à Oslo, le trafic est réglementé et de ce fait plutôt faible. Nous faisons escale au musée Vasa, du nom du roi qui a libéré la Suède de l’empire danois […], et surtout de l’immense vaisseau du XVIIe siècle dont l’histoire est absolument hilarante : cette fantaisie du Louis XIV local n’a flotté qu’un kilomètre avant de couler à cause du poids de ses trop nombreux canons. Mais loin d’en avoir honte, les suédois ont exhumé cette épave qui dormait dans la rade portuaire depuis 300 ans dans les années soixante et la proposent aujourd’hui au public.

A Stockholm, pas de boutique dans le vieux centre.
A Stockholm, pas de boutique dans le vieux centre.

Uppsala

Pierre habite Uppsala, à soixante kilomètres de Stockholm, où il vit avec son amie suédoise rencontrée à Malte depuis deux ans. 80 000 des 200 000 habitants sont étudiants, et les campus parsèment ainsi une ville incroyablement jeune et cosmopolite. En soirée, nous partons à l’assaut de la station de ski de la ville qui domine à une cinquantaine de mètres d’altitude. Les chemins longent les lacs maritimes et parcourent tantôt forêts et zones résidentielles. Après une dernière courte nuit, nous prenons le chemin du retour sous la pluie torrentielle à six heures du matin.

Les trajets en avion (150€) et l’hébergement (60€) représentent moins d’un tiers du budget du voyage. Si la Norvège est le pays du monde à l’IDH le plus élevé, elle est aussi l’une des nations les plus chères, talonnée de près par la Suède. Les trains et les bus sont incroyablement bien tenus – comprenez, du point de vue français – mais aussi hors de prix. La nourriture, même en grande surface, coûte également les yeux de la tête (une dizaine d’euros par repas, pour la plupart composés de salade, viande/saumon et tortillas achetés en magasin).

Ma prochaine destination sera Istambul pour une demi-journée, puis le Japon, pour une année entière. Je donnerai plus de détails sur ce projet dans un prochain billet.

2 Comments

  1. Bossis M & G

    merci Tom pour ce complément du voyage que nous avons fait quelques mois avant toi!
    Nous n’avons pas visité les mêmes choses sauf Bergen!

    Nous te souhaitons donc un bon voyage pour le Japon et nous ne manquerons pas de te suivre par ce lien merveilleux…

    Mamie et Papi t’embrassent très affectueusement et te souhaitent “BONNE CHANCE”

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