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Grand Prix de Saint-Etienne – Elite Nationale
Grand Prix de Saint-Etienne – Elite Nationale

Grand Prix de Saint-Etienne – Elite Nationale

Le Grand Prix de Saint-Etienne est une course qui revêt forcément une importance particulière, pour moi qui ai vécu deux ans dans cette ville et qui connais le parcours sur le bout des doigts, même le nouveau, puisque les organisateurs ont souhaité durcir le tracé par une demi-boucle finale supplémentaire, portant la distance totale à 151 kilomètres (plus les 9 kilomètres fictifs). Ainsi, aux 4 montées habituelles du Col de la Gachet, se rajoutent cette année la partie finale de la montée du col du Pilon, ainsi qu’une dernière difficulté à moins de cinq kilomètres de l’arrivée, avant de plonger sur le stade Geoffroy-Guichard pour une arrivée royale. Une course qui promet d’être plus usante qu’à l’accoutumée donc, mais que je pense pouvoir passer malgré tout. L’objectif est d’arriver devant et de me rapprocher le plus possible de la victoire ensuite.

La première montée du col de la Gachet est très lente, si bien qu’un premier groupe d’échappés passe déjà avec une avance de 2’30 au sommet. Si nous n’avons pas placé de coureur dedans, cela ne nous inquiète pas du tout. En effet, sur le sommet déjà, la course s’accélère et l’écart se réduit. Je suis présent à l’avant, toujours en second rideau, pour voir la course se faire et se défaire sous mes yeux. Derrière les hommes de tête, aucun coup ne prend de l’avance. Les sensations sont très bonnes et je réalise la course parfaite jusqu’à présent.

Mais une première alerte vient enrailler le mécanisme jusqu’ici bien huilé avec une crevaison en plein milieu de la seconde ascension de la Gachet, alors que le rythme est cette fois plus élevé. Bruno est efficace, je repars à la hauteur de la dixième voiture. Je n’ai pas le temps de gamberger, car il faut absolument que je sois de retour avant le sommet pour me replacer avant le plateau venté. Je remonte une à une les voitures, en veillant à ne jamais puiser dans mes réserves. Mais je ne peux pas empêcher le coeur de monter. Je laisse forcément beaucoup d’énergie dans cette opération.

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Et à la suite, les sensations se détériorent rapidement. La force est toujours là, et fidèlement à mon projet de course, je commence à devenir plus actif à l’avant du peloton. Je laisse trop souvent l’impulsion prendre le dessus, lorsque j’essaie par exemple de faire sortir un groupe à la pédale sur la partie finale de la montée. L’opération est vaine, et je prends le contre-coup en pleine figure sur le sommet. Contraint d’être un peu plus en retrait sur les kilomètres suivants, malheureusement pour moi, c’est maintenant que la course va commencer à se décanter. Je me rends compte qu’il ne faut pas que je me relâche. Plusieurs cassures surviennent. Je suis souvent piégé, juste en second rideau, mais jamais je ne fais l’effort de l’avant, jusqu’au moment où je dois me rendre à l’évidence que je n’ai plus le choix. Nous sommes au pied de la dernière ascension de la Gachet. A l’avant, un groupe d’une grosse vingtaine de coureurs mène la course, suivi d’un second à peu près aussi conséquent que l’on voit s’en aller quelques secondes devant.

Je suis contraint de suivre les attaques des costauds qui cherchent à revenir à l’avant. Je sais que c’est ma dernière chance de rattraper le coup. Il va falloir avoir le coeur solide. Je parviens à recoller rapidement à l’arrière du second groupe qui s’était formé dans la descente avec quelques coureurs. On souffle quelques secondes à peine, la pente se raidit, les offensives reprennent. Le gros groupe d’échappés est juste là devant. Les attaques s’enchaînent et convaincu que c’est un moment clé, je fais l’effort quasiment à chaque fois. Au bout d’un certain temps, je sature. Mais je n’explose pas. Je parviens à tenir les roues et ce qu’il reste de notre groupe finalement, parviendra à rentrer à l’avant.

Me voilà de nouveau capable d’espérer jouer la gagne : j’ai réussi à inverser la tendance. Mais il a fallu consentir à de lourds sacrifices pour cela et le rythme ne se calme toujours pas. Conscient de la situation dans laquelle je me trouve, je profite d’un léger replat pour récupérer le plus possible. Le rythme reste élevé. Ce sont les chambériens qui devant, font monter. Toujours pas de répit. Mes jambes, remplies d’acide lactique des efforts précédents qui ne trouvent toujours pas l’occasion de souffler, disent soudain stop. La pente était trop raide et l’effort trop long.

Ma course se termine sur ce surrégime à un instant critique, causé finalement par ma mauvaise lecture de course. J’ai bien senti que la course pouvait se décanter, mais j’ai fait l’effort trop tôt. Et finalement, c’est cela qui m’a fait prendre le temps de retard fatal. Si j’ai bien réussi à revenir, je n’ai pas pu soutenir l’effort assez longtemps pour que cela ne soit pas vain. A l’avant, la course se conclut par un triplé impressionnant de mon ancienne équipe du CR4C Roanne. Pierre Latour ne peut pas faire mieux que 4e.

Une nouvelle course se termine sans résultat (j’ai bien terminé contrairement à ce qui est annoncé sur le classement) et les week-ends défilent tellement vite que le prochain sera déjà le dernier de mon premier cycle de travail. Si je ne ramène pas de point ce week-end sur les Boucles de l’Artois, on pourra définitivement affirmer que je suis passé à côté de ma première partie de saison.

Voir le résumé de la course

1 MAINARD Jérôme CR4C Roanne Rha 1 les 150,2 km en 3h47’43”  
2 GIRARD Thomas CR4C Roanne Rha 1 00:20
3 DUMOURIER Florian CR4C Roanne Rha 1 E4 00:35
4 LATOUR Pierre-Roger Chambéry CF Rha 1 E3 00:35
5 SCHULTZ Nick CR4C Roanne Rha 1 E2 00:56
6 MAYENCON Maxime Charvieu Chavagneux IC Rha 1 00:56
7 ICARD Florent CR4C Roanne Rha 1 00:56
8 DENZ Nico Chambéry CF Rha 1 E2 01:01
9 RAIBAUD Jimmy CR4C Roanne Rha 1 01:01
10 PEREIRA Florent Team Pro Immo Nicolas Roux 1 E3 01:01

? BOSSIS Tom Chambéry CF Rha 1 E2