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Grand Prix de Buxerolles – CDF DN1
Grand Prix de Buxerolles – CDF DN1

Grand Prix de Buxerolles – CDF DN1

Une nuit à Poitiers séparait seulement la longue journée d’hier (161km de course à l’occasion de la classique Châteauroux-Limoges) de la non moins longue journée d’aujourd’hui, 172 kilomètres pour la seconde manche de Coupe de France DN1, le Grand Prix de Buxerolles. Au final, si l’on compte chaque échauffement/déblocage/décrassage, c’est un total record de 375 kilomètres en deux jours pour conclure un week-end plein de cyclisme.

Le Grand Prix de Buxerolles retrouve la Coupe de France après l’édition 2012. Il y a deux ans la victoire était chambérienne, au profit d’Axel Domont désormais professionnel dans l’équipe AG2R. On sait que rééditer l’exploit sera difficile mais pas impossible, nous avons tous un profil nous permettant de nous exprimer sur ce type de parcours. Une boucle d’un peu plus de 13 kilomètres, à parcourir à 13 reprises donc qui comporte deux petites difficultés dont la seconde, assez raide et longue de 800 mètres, au sommet de laquelle est jugée l’arrivée. Entre temps, ce sont des portions roulantes, tantôt à l’abri des quartiers résidentiels avec un bitume très moyen, tantôt au milieu des champs n’offrant pour le coup absolument aucun abri. Néanmoins, la météo estivale du jour est bien trop calme pour permettre quelconque bordure, bien que presque sans vent, il soit arrivé que le peloton s’étire dangereusement à plusieurs reprises.

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La journée de la veille encore dans les jambes pour chacun d’entre nous à l’exception d’Adrien et de Pierre qui n’ont pas couru en raison de douleurs à la selle, nous sommes sages dans la première partie de course et nous retrouvons souvent nombreux à l’arrière. Moi le premier, puisqu’après un premier tour aux aguets devant afin de ressentir la course, j’estime qu’elle s’annonce trop fermée pour que participer aux mouvements présente un quelconque intérêt, et suffisamment sécurisante pour que je ne m’expose pas à des risques démesurés en traînant à l’arrière. Au contraire, cela frotte bien davantage au cœur du peloton que dans les 40 dernières positions, occupés par les coureurs désintéressés par leur placement, qui ne tentent pas le diable (la majorité du temps) pour remonter les autres.

Le rythme est très élevé, parfois presque affolant dans les premiers tours. Le premier coup d’œil au compteur au pied de la première ascension vers la ligne m’indique 46 de moyenne alors que j’ai rétrogradé de la tête aux dernières positions. Un placement que je vais conserver durant les deux premiers tiers de course, pas foncièrement mal à l’aise physiquement, mais pas suffisamment explosif non plus pour être capable de naviguer selon mes désirs au sein du groupe, sans que ce ne soit plus évident à l’avant pour autant.

Les premiers coups d’œil sur l’avant de la course, limpides grâce aux portions dégagés parmi les champs, me dévoilent un groupe de deux coureurs en tête suivi d’un autre duo. On nous signale à plusieurs reprises entre 1’30 et 1’50 d’avance, alors que je trouve que le rythme est déjà relativement élevé à l’arrière. Plus tard, j’observe un second groupe se former à la suite des deux précédents, au sein duquel je reconnais cette fois Adrien Legros. La situation est plutôt bonne nous concernant pour le moment et la présence d’Adrien à l’avant nous permet de se reposer sur lui pour ne pas avoir à gaspiller de forces à l’arrière.

Comme prévu, les sensations s’améliorent lentement, petit à petit, et lorsque je me décide à conserver durablement ma place parmi le premier tiers, je suis présent devant lorsque le groupe se casse. A deux tours de l’arrivée, la pression commence à monter. Après plus de trois heures de course, la mienne s’apprête à commencer. Je me mets dans la tête le sprint plutôt que l’offensive car je me sais incapable de jouer sur tous les fronts à la fois, même si je me sens bien et que je n’ai pas gaspillé d’énergie inutilement jusqu’ici.

Je fais savoir aux autres que j’ai le sprint dans un coin de la tête et que je me sens bien. Ma mission : occuper la meilleure place possible parmi les 30 premiers à l’arrivée. Je me fixe la barre dans les dix premiers. Je ne sais pas vraiment si j’en suis capable, ni d’ailleurs si je suis capable de mieux, mes sensations ne me parlent pas. Je ne suis plus concentré que sur mon placement, cherchant à anticiper chaque mouvement du peloton, à sauter dans chaque trou de souris qui s’ouvre devant moi. Il ne reste bientôt plus que dix kilomètres et je suis toujours placé en tête. Dès que je recule ne serait-ce que de dix places, je me force à remonter immédiatement par n’importe quel moyen. J’arrive à la hauteur de Benjamin Jasserand idéalement placé. Je lui dis : « je suis facile ». Il me répond « moi moyen. Je t’emmène ». Je n’entends pas la seconde partie. Il se glisse dans une ouverture qui se referme devant moi. Nous ne nous trouverons plus d’ici à l’arrivée.

Je suis seul de Chambéry derrière benjamin, toujours dans la file des coureurs de tête qui ne se disputent pas leur place. Autour de moi, au contraire, c’est l’effervescence. On a coutume de dire qu’il faut débrancher le cerveau dans un final massif. Chez moi, au contraire, il tourne à plein régime. Mon regard balaye mon champ de vision à toute vitesse, anticipe chaque mouvement, prévient chaque ouverture. La flamme rouge. Enfin, la porte s’ouvre à la suite du virage et je m’y glisse immédiatement. Il reste 500 mètres, me voilà placé au niveau des dix premiers au pied de la rampe la plus raide.

Mais je suis à la corde. Je comprends très vite, mais je n’ai aucune ouverture. Fatalement, il n’y a plus de cadeaux si proche de l’arrivée et tout le monde cherche à raccourcir au maximum sa trajectoire. La mienne coïncide avec celle de nombreux autres coureurs. Je suis enfermé dans le virage et dois toucher les freins une première fois. Dans une pente aussi raide, cela ne pardonne pas. Un petit malin double sur le trottoir mais n’a d’autre choix que de ne me couper la route lorsqu’il se retrouve nez-à-nez avec une voiture. Deuxième coup de frein. Je peux encore rentrer dans les points, il n’y a qu’une trentaine de coureurs devant moi. Je relance et retrouve la vitesse des autres mais cette fois, c’est une chute qui se produit juste sous mes roues, que j’évite par miracle. Cette fois, c’en est bel et bien terminé.

Mon ancien coéquipier Jimmy Raibaud, avec qui j’avais conclu la saison 2013 par un doublé sous les couleurs de Roanne au GP de Manziat, s’impose de superbe manière. Il règle au sprint les autres rescapés de leur petit groupe échappé aux talons duquel le peloton vient mourir.

Benjamin, trop court physiquement, rétrograde jusqu’à la 39e place. Résultat, nous n’avons aucun coureur dans les trente premiers à l’arrivée. Zéro point. L’équipe redescend donc à la 17e place du classement sur 20 équipes, avec cinq points seulement, les cinq points de Maxime le Lavandier à l’issue du Jean Masse, la première manche. Si personnellement, la progression physique aura été exponentielle depuis le week-end dernier et promet des horizons meilleurs, il n’y a pas de quoi se réjouir de nos prestations. L’équipe, capable de très belles choses collectivement, se devra redresser la barre lors de la prochaine manche début avril, les Boucles de l’Artois, auxquelles je participerai à nouveau, cette fois-ci je l’espère au sommet de ma condition.

2 Comments

  1. dédé

    salut Tom” bravo pour ta hargne !! et encore ,dommage pour la chute vers la fin ou t’aurai pu faire quelque chose 🙂 ce n”est que partie remise , bonne chance pour les boucles de l’artois…baissez pas les bras !! les gars..ont y crois !! 😉 dd.

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