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GP Vinnytsia UCI 2.2 – 10e
GP Vinnytsia UCI 2.2 – 10e

GP Vinnytsia UCI 2.2 – 10e

Au terme d’un voyage périlleux, nous sommes arrivés saufs en Ukraine vendredi aux alentours de deux heures du matin, pour un critérium et deux jours de course UCI autour de la ville de Vinnytsia. Pas grand-chose à dire sur le critérium, qui servait de support à la finale des championnats nationaux de critérium, et dont le classement était établi sous forme de course aux points avec un sprint tous les deux tours. Traînant un gros rhume depuis plusieurs jours, je m’en suis juste servi de déblocage. La première des deux courses, le GP Vinnytsia, se disputait sur un circuit de 30 kilomètres assez peu difficile, qui consistait en réalité à un simple aller-retour sur la même route (le périphérique de la ville, en fait, puisque très peu de routes sont véritablement carrossables). En ce qui concerne le plateau, une centaine de concurrents et plusieurs équipes continentales de très bon niveau, emmenées par les ukrainiennes Team Kolss et Team ISD, ainsi que quelques anciens pros au niveau international comme Aleksandr Kuchynski, Volodymyr Dyudya ou le champion d’ukraine en titre Vitaliy Buts. Face à eux, nous ne sommes que quatre : Szabi, Abel, Artem dont la course est un objectif en tant qu’Ukrainien et moi-même.

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Le critérium de la veille aura fait office de bon déblocage

Encore bien malade au départ, je n’ai pas du tout confiance en mes performances, d’autant plus que je . Après dix kilomètres à sentir la température, alors qu’une échappée vient de se former, je prends un coup dans une partie un peu difficile. Les sensations sont excécrables, je me sens fiévreux, et j’explose totalement des roues ! Après cet épisode, je retourne me cacher à l’arrière pendant une cinquantaine de kilomètres. Cela me permet de réaliser que les routes sont tellement larges que la course est beaucoup plus facile derrière que devant, où les coureurs de l’équipe continentale Vino4ever (notez la dénomination assez extraordinaire) n’arrêtent pas de placer des offensives. Mais le rythme est trop irrégulier, et les six hommes qui sont toujours en tête depuis le premier tour creusent 3, 4 puis 5 minutes. Derrière, avec la distance, je commence à me sentir mieux. Qui plus est, je lis très bien la course, et si je ne suis pas souvent à la barre, je suis toujours dans les coups les plus sérieux.

Pile au moment de mon démarrage pour revenir sur le contre. Le peloton ne me reverra plus
Pile au moment de mon démarrage pour revenir sur le contre. Le peloton ne me reverra plus

Une seconde course commence véritablement à deux tours de la fin. En revenant de l’arrière après avoir été remonter les bidons, je flaire le bon contre et je reviens seul sur un petit groupe de trois, puis avec eux, sur un autre groupe de trois, qui ne sera finalement pas revu. Il reste soixante kilomètres et le groupe s’entend bien, nous creusons vite l’écart. Avec deux coureurs chacune, les ukrainiens de Kolss et les biélorusses de Minsk (dont Kushynski) sont en supériorité. L’entente est bonne et mes jambes aussi : rien de comparable avec le début de course ! Je comprends vite que je serai au pire treizième, avec six coureurs devant et sept derrière. Mais je peux espérer marquer des points UCI, qui sont distribués aux 8 premiers et qui peuvent représenter un précieux sésame pour le futur (ainsi que des gros sous).

À l’amorce du dernier tour, l’un des coureurs de Kolssplace une violente attaque et nous ne nous retrouvons plus qu’à quatre : lui-même, Kuchynski, son coéquiper de chez Minsk et moi. Derrière, le coureur ISD (qui a trois coureurs sur les six de tête est qui est la grande rivale de Kolss) et celui de Kolss (qui n’en a qu’un, mais leur épouvantail Vitaliy Buts avec son beau maillot bleu ciel et jaune) se neutralisent, puis reviennent de nulle part cinq kilomètres plus loin. Tout est à refaire. Le coureur de Kolss surpuissant place une seconde attaque à laquelle je ne peux cette fois-ci répondre. Ils partent à trois, deux Kolss et Kuchynski, pendant que je me retrouve derrière avec son coéquipier de Minsk. Ces trois-là reprennent puis dépassent trois des coureurs distancés de la tête de course, et nous dépassons nous-mêmes l’un d’entre eux, à bout de forces. Cependant, les deux autres font de la résistance et si nous parvenons à nous rapprocher un peu, nous restons coincés à quinze secondes pendant les vingts kilomètres restants ! Je donne tout pour rentrer puisque cela me permettrait de jouer pour la 7e place plutôt que la 9e, et donc d’espérer marquer des points. Mais nous ne rentrerons jamais. Mon adversaire lance son sprint à deux cent mètres de la ligne, je le remonte à cent mètres et échoue à même pas un boyau sur la ligne, terminant donc 10e.

Je suis battu d'un boyau pour la 9e place par l'ancien professionnel d'Amore&Vita, le biélorusse Klimiankou
Je suis battu d’un boyau pour la 9e place par l’ancien professionnel d’Amore&Vita, le biélorusse Klimiankou

Un résultat inespéré compte-tenu de mon état de santé qui ne s’améliore pourtant pas ce soir. Mais avec ma force du moment, une tactique adéquate et un peu de chance, j’ai pu accrocher un top 10 pour ma première course professionnelle avec Tusnad Cycling. Si je rate de peu les points UCI, je ne peux qu’en être satisfait ! Pourquoi pas faire mieux demain si la réussite est toujours au rendez-vous et que ma santé s’améliore…