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GP Gemenci Nagydíj – étape 3. 7e
GP Gemenci Nagydíj – étape 3. 7e

GP Gemenci Nagydíj – étape 3. 7e

Le GP Gemenc se terminait ce dimanche par une étape de 130 kilomètres, sur un parcours dégagé dans un premier temps, avec deux petites boucles dans la campagne à effectuer deux fois chacune : la première présentait un petit GPM, la seconde un sprint intermédiaire. Non sans importance, car aujourd’hui, ces derniers offraient 6, 4 et 2 secondes de bonification aux trois premiers, et Andrei Nechita, notre leader, en tête du classement général, n’en comptait qu’une dizaine d’avance sur ses poursuivants ! De mon côté, le critérium de la veille m’a malheureusement éjecté de la lutte. Je m’apprête donc à me cantonner à un rôle d’équipier dès le début de course : Artem Topchanyuk l’ukrainien ainsi qu’Andrei sont nos deux hommes protégés pour le final. En effet, au terme de la partie en ligne relativement facile (le vent souffle moins fort que la veille), nous devons effectuer à sept reprises un circuit final de 4-5 kilomètres, avec une bosse difficile en deux temps à chaque reprise, un véritable chantier donc, qui promet de dessiner le classement final.

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Nous avons mené le peloton à quatre pendant 100km

Dès le départ, nous nous positionnons tous en tête. Quatre des six coureurs de l’équipe tiennent le manche pour filtrer les échappées : Szabi, Eduard, Abel et moi-même. Artem et Adrei restent à l’abri. Nous roulons à allure modérée, mais suffisamment pour que personne ne tente vraiment de partir avant le 45e kilomètre. Le GPM est la seule véritable attraction de la première partie de course : Artem, qui joue les points, passe en tête à deux reprises. Un homme sort seul au terme de ces deux boucles : aucun problème pour contrôler ce genre d’échappée… Avant qu’une erreur de parcours ne redistribue les cartes. Une fois repartis, quelques kilomètres plus loin, nous sommes arrêtés, et le départ est redonné 55 secondes derrière l’homme de tête. Je me désigne pour jouer les deux bonifications restantes face aux poursuivants d’Andrei, et notamment le leader du classement par points, le vainqueur du critérium qui m’avait le matin. Il me règle pour à peine un boyau sur le première intermédiaire, mais je me rate un peu sur le second. Il fallait tenter.

Nous entamons ensuite le retour vers la ville d’arrivée, ponctué par quelques offensives, que nous contrôlons sans peine. Je me sens toujours plutôt bien, malgré les kilomètres à l’avant – à quatre, la seule fois où nous avons quitté la tête a été lorsqu’il a fallu faire demi-tour suite à l’erreur de parcours. Sur le circuit final, la première bosse fait le ménage d’un seul coup : nous ne sommes plus qu’une quarantaine, et mes trois autres coéquipiers désignés pour le début de course s’écartent après avoir beaucoup donné. Je m’attèle donc à tirer tout le monde tant que je peux encore le faire. Nous ne sommes rapidement plus que vingt, puis, sur une attaque de l’un des leaders adverses, plus que… Six ! Artem, qui devait rester aux côtés d’Andrei le plus longtemps possible, est dans un mauvais jour et saute à son tour, me laissant seul avec lui. Je saute alors dans toutes les roues pour protéger Andrei, et au pied de l’ascension suivante, évidemment, je ne peux plus accompagner le groupe des six plus forts qui se détachent. Je reste ainsi coincé dans le contre, vissé dans la roue du maillot vert. J’attends le dernier passage de la côte pour placer une violente attaque, mais trois coureurs me suivent. Nous rattrapons par la même occasion un ou deux coureurs qui ont pété de devant. Je manœuvre bien le final, pour régler le sprint avec quelques secondes d’avance, quelque part entre la 4e et la 8e place vraisemblablement.

Sur le circuit final, je me suis sacrifié pour notre maillot jaune, Andrei Nechita
Sur le circuit final, je me suis sacrifié pour notre maillot jaune, Andrei Nechita

À l’arrivée, je suis partagé, avec la satisfaction d’avoir été présent du début à la fin, et d’avoir pu être le dernier à accompagner Andrei malgré tout sur un parcours très difficile. À la pédale, j’étais peut-être aussi fort que lui tout compte fait ! Mais il y aussi la déception du résultat final car, en infériorité à l’avant, Andrei doit se contenter de la 3e position de l’étape et échoue à la seconde position du classement général final, les quinze secondes de bonification n’aidant pas. Je ramène une petite médaille-souvenir  avec la troisième place du classement des sprints absolument sans faire exprès. Mais surtout, le travail paie et je commence ma seconde saison de la meilleure des manières. Certes, ce n’était pas une course UCI, mais il y avait tout de même quatre équipes continentales au départ. Et physiquement, je suis de retour à mon meilleur niveau ! L’équipe s’entend parfaitement, cette course aura été une préparation idéale malgré tout avec la défense du maillot. J’espère encore progresser tout au long du mois qui arrive. Je suis en tout cas dans la bonne direction…