自転車で地域&人づくり
Dans 48h, je pars vivre au Japon
Dans 48h, je pars vivre au Japon

Dans 48h, je pars vivre au Japon

Je ne décolle qu’après-demain, mais je suis déjà dans les starting blocks. Je prends le temps de vous faire un panorama rapide des questions que l’on me pose tout le temps, qui vous permettra de mieux comprendre le changement de direction que j’opère cet été.

La ville de Hachioji et le mont Takao (高尾山)
La ville de Hachioji et le mont Takao (高尾山)

Pourquoi quitter la France ?

Ce n’est pas la volonté de quitter la France qui motive mon départ. J’adore la France, et je m’estime infiniment chanceux d’être né dans un pays comme celui-ci. Mais il possède aussi ses limites. Un pays, c’est une vision du monde, incomplète et donc fausse par essence. On commence à s’en rendre compte quand on met un pied en-dehors, puis un deuxième. Au centre de ma décision, il y a, notamment, le constat de la pauvreté des courants de pensée dominants à l’heure actuelle dans notre pays, avec lesquels je me sens de plus en plus en décalage. En faire l’épreuve en immersion dans une autre culture me semble être une étape de construction indispensable pour quiconque ambitionne de porter un regard lucide sur son existence.

Pourquoi le Japon ?

Pourquoi pas ? C’est un pays duquel je me suis toujours senti proche, à travers la culture, les arts ou la littérature. Parfois plus proche que de la France. C’est un constat suffisamment intriguant pour que ma curiosité soit piquée, et que j’aie envie d’aller creuser plus loin. Je pense que plusieurs raisons me poussent inconsciemment vers ce pays. Sa culture est très éloignée de la nôtre, tout comme son histoire, mais son développement à eu lieu de façon plus ou moins parallèle, à une vitesse comparable. Il me semble donc endosser le parfait rôle de notre “alter-égo”. Bien entendu, je ne pars pas découvrir une “autre France”, mais un pays totalement différent. C’est à la fois de cette proximité parfois inexplicable, et de cette distance incalculable, que me vient très probablement ma curiosité à son égard.

Qu’est-ce que tu vas faire, là-bas ?

A l’origine, je partais avec mon triple projet scolaire-sportif-littéraire sous le bras. Mais mon expérience professionnelle chez Tusnad Cycling a accéléré les choses. Je me suis libéré du projet sportif, qui ne m’apportera plus grand-chose. Aujourd’hui, je pars avec 1. un projet universitaire, celui de valider ma 3e année de licence de Lettres Appliquées ; 2. un projet culturo-linguistique, celui d’apprendre le japonais et d’approfondir ma connaissance de cette culture ; 3. un projet initiatique, celui de voyager à travers l’Asie ; 4. Un projet littéraire, celui de trouver un éditeur pour mon premier roman et de travailler sur le second.

Tu veux apprendre la langue ? Mais tu es fou ? J’ai entendu qu’il fallait 7 ans d’études pour commencer à maîtriser le japonais.

Non, je ne suis pas fou, et l’apprentissage du Japonais est effectivement très difficile pour un occidental. Mais si je n’en parle pas beaucoup – comme c’est le cas pour mes travaux d’écriture, qui constituent un peu ma face underground -, j’y consacre en revanche énormément d’énergie depuis deux ans. Je fonctionne de manière extrêmement organisée, comme pour beaucoup de choses. 1. J’ai commencé par apprendre les bases de grammaire, et à me constituer un niveau de connaissance minimum de l’oral grâce à l’écoute de films/animés/podcasts radio. 2. J’ai appris les kanas, les deux syllabaires de base du langage japonais. 3. J’ai approfondi mes connaissances de grammaire et élargi mon vocabulaire en suivant quatre mois de cours et en y consacrant plusieurs heures par semaine, même en saison. 4. J’ai commencé l’apprentissage des Kanjis, et j’en connais actuellement entre 200 et 250. Un japonais moyen en connaît environ 3000, il me reste donc effectivement beaucoup de boulot.

Qu’est-ce que tu vas étudier à l’université ?

Le pendant scolaire est le pilier de ce projet, puisque je pars dans le cadre du programme d’échanges entre l’université Lyon 2, au sein de laquelle j’ai suivi les deux premières années de mon cursus littéraire, et l’université Chuo (中央大学), qui m’accueillera à Hachioji (八王子市), en banlieue de Tokyo. Hachioji est une petite ville de la métropole de Tokyo, plus grande que Lyon ; et Chuo l’une des universités les plus prestigieuses du pays, notamment reconnue pour sa faculté de droit. Je serai rattaché à la faculté des lettres, et mon cursus sera divisé en deux piliers : langue et culture, qui m’occuperont tous les deux autour de dix heures par semaine.

Où vas-tu habiter ?

Je vais habiter dans une résidence étudiante à Hino (日野市), ville voisine, située à peu près à mi-chemin de la métropole de Tokyo. Je partagerai mon appartement avec deux autres étudiants. Pour l’entraînement, je serai à 15km du pied des montagnes, tout en restant à environ 35 kilomètres du centre-ville de Tokyo, qui est pour rappel, la plus grande métropole du monde avec 52 millions d’habitants, soit la taille de la France si on enlève Paris.

Alors, le vélo, c’est fini, tu laisses tomber ?

Non. J’ai pris contact avec le club de mon université (contrairement à la France, les clubs universitaires sont extrêmement développés et importants pour l’établissement au Japon). Je projette également de trouver une équipe pour faire une partie de la saison amateur, ce qui ne concernera que le second semestre. Mais surtout, mon grand projet cycliste à présent, c’est celui du voyage. Je veux ouvrir une nouvelle brèche entre le monde des coursiers et celui des voyageurs, en parcourant une partie de l’Asie sur mon vélo de course au cours de l’hiver. Je vais aussi profiter des (courtes) vacances scolaires de mi-saison pour voyager à-travers le Japon.

Ce blog, il va continuer à exister ?

Bien évidemment, et il va prendre sens, puisque je ne veux plus me limiter au seul aspect sportif, comme ce à quoi il était dédié auparavant. Désolé pour les puristes ; pour ceux que d’autres sujets que les courses de vélo pourraient intéresser, je vous invite à continuer à passer par ici de temps en temps, et à nourrir les débats, les récits et les anecdotes que je vais proposer. L’organisation du site web va légèrement changer, avec une hiérarchisation des articles en fonction des sujets, et la mise en avant de la rubrique “Carnet de Voyage”, qui prendra la place du “Journal de Course”. Je vais également ouvrir une section anglaise, qui sera beaucoup plus pauvre que son pendant français, mais qui me permettra la digression de certains articles anglophones par moments.

3 Comments

  1. Raph

    Hello Tom,
    Bonne aventure à toi.
    L’écriture est la plus belle des expériences. La plus noble des activités intellectuelles.
    Ecrire n’est facile, mais ne pas écrire l’est encore plus.
    C’est une chose sérieuse mon pote, alors consacres-y toute ton énergie…comme sur le vélo!
    @ plus Raph – Orléans.

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