自転車で地域&人づくり
Barouds de mars
Barouds de mars

Barouds de mars

Morceaux choisis d’entraînements

19 mars 2015 – Vercors, Alpes

Avec le mois de mars arrivent les premiers dégels, et pour la première fois de l’année, la neige commence à remonter vers les sommets. Pour le commun des mortels, cela signifie la fin de la saison de sports d’hiver ; mais pour nous cyclistes, l’arrivée du printemps sonne l’heure des premiers cols de l’année. Pas encore les hauts sommets, bien entendu. Mais les premiers véritables cols, dignes de ce nom. Je commence à avoir mes petites habitudes en terme d’entraînement spécifique à la montagne. À cette période, je suis coutumier des cols des Aravis et du Beaufortain que je connais comme ma poche, car ce sont généralement les premiers cols alpins à ouvrir leurs routes. Pour changer, cette année, je me suis plutôt dirigé vers le sud et le massif du Vercors. Les portes de ce massif ne sont pas trop loin de la maison (une grosse heure de route) et la majorité de ses cols sont déjà grands ouverts. J’avais également dans l’idée d’aller découvrir le Col du Mont Noir, l’un des cols les plus difficiles et les plus magnifiques des préalpes, injustement méconnu.

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Rencontre avec des chiens de traîneau au Col Saint-Alexis, aux alentours de 1200m

Je me suis donc garé dans la banlieue de Moirans, au bord de la piste cyclable du long de l’isère. Celle-ci m’a offert une quinzaine de kilomètres de mise en jambes en direction de Grenoble. Après une demi-heure de selle, les choses sérieuses ont commencé avec la montée sur le plateau du Vercors depuis Sassenage. Une longue montée qui présente assez peu d’intérêt sur une route avec pas mal de passage. Mais une fois sur le plateau, le climat est totalement différent et la température chute : en flirtant avec la barre du kilomètre d’altitude, on se situe à la limite d’enneigement et en fonction de l’exposition, les prés sont soit totalement verts/jaunes, soit totalement blancs. Une fois traversé le plateau de Lans, la traversée des gorges de la Bourne, plutôt humide, est toujours aussi spectaculaire : c’est ici, en sens inverse, que se jouera le final de l’étape du Critérium du Dauphiné. Jusqu’au col de Rousset, au portes sud du Vercors que j’ai donc traversé du nord au sud dans sa totalité, j’emprunte d’ailleurs scrupuleusement l’itinéraire inverse (mais celui-ci, à l’époque, n’avait pas encore été dévoilé). Il me restait alors à remonter le massif en sens inverse, en franchissant de nombreux cols cette fois-ci, tous au-delà de 1300 mètres. D’abord le col de Saint-Alexis, puis celui de la Chau, à côté de la station du Fond d’Urle ; et enfin le col de l’Écharasson avant une longue descente vers Saint-Laurent-en-Royans.

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La vue sur la chaîne du Vercors depuis la corniche du Col de la Chau

Avec déjà plus de 5 heures de selle et une petite pause à la boulangerie, il me restait encore à m’attaquer au gros morceau de la journée, le Col du Mont Noir. Dès le pied, je ne me sens pas très bien. L’ascension, en deux parties depuis Pont-en-Royans, est interminable (près de 18 kilomètres). C’est pourtant le versant le plus facile des 4 (car oui, en plus d’être sans doute le col le plus difficile du massif, celui-ci présente pas moins de 4 versants). Une fois franchi le village de Presles, après un replat non négligeable, la seconde partie présente une succession de rampes supérieures à 10%, et de portions plus abordables. Malheureusement, le col est encore fermé (la route est enfouie sous plus de deux mètres de neige) et je suis contraint de m’arrêter au col de Pré Coquet, à 3 kilomètres du sommet. Cela me permet de redescendre par le versant le plus typique du Mont Noir, qui est celui  de Cognin-les-Gorges. Et les fameuses gorges n’usurpent pas leur titre, je vous laisse juger par vous-même…

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Les gorges de Cognin, mieux vaut ne pas descendre trop vite…

Au pied de la descente, je compte déjà plus de 6 heures de selle. Il me reste encore à couvrir 20 kilomètres le long de l’Isère pour rejoindre ma voiture. En une sortie, j’ai gravi presque la moitié des cols du massif (me manquent notamment celui d’Herbouilly et de la Bataille parmi les plus hauts sommets, encore fermés, et celui de Romeyère, par lequel j’avais prévu de redescendre du Mont Noir). Près de 7 heures de selle, 190 kilomètres et plus de 3200m de dénivelé positif au final pour la première sortie montagnarde de l’année.

27 mars 2015 – Montagnes Noires, Bretagne

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Le plateau désertique des Montagnes Noires, avec le réservoir de Saint-Michel

A l’occasion du week-end Breton en Coupe de France, j’ai pu découvrir une région de la Bretagne que je ne connaissais pas (ou presque) : les montagnes noires (rien à voir avec le Mont Noir du Vercors, ni avec les Montagnes Noires au-dessus de Mazamet). Ces montagnes noires ne sont qu’une zone très exiguë des Monts d’Arrée, où j’ai déjà roulé plusieurs fois (du côté de Châteaulin, et de Chateauneuf-du-Faou) mais cette zone est particulière de part son absence de végétation. Elle m’évoque les paysages écossais, et respire la mythologie celtique à plein poumons. Le Ménez Meur, puis la côte de Saint-Rivoal seront les deux points stratégiques du Grand Prix Gilbert Bousquet, le lendemain. Cette dernière nous hisse sur le plateau désertique des montagnes noires. Au loin, le réservoir naturel de Saint-Michel dépasse de la brume qui envahit les lieux. Plusieurs sommets rocailleux se détachent, de part et d’autre du plateau, dont le point culminant de la Bretagne : le Roc’h Trévezel, qui pointe à 384 mètres d’altitude. Quelques kilomètres plus loin, la course bifurque de nouveau vers le nord, et quitte le plateau pour plonger en direction de Commana, et remonter vers Landivisiau une vingtaine de kilomètres au nord, lieu de notre hébergement et d’arrivée de la course du lendemain.

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Le microclimat écossais descend jusqu’en Bretagne