自転車で地域&人づくり
Barouds de décembre
Barouds de décembre

Barouds de décembre

Avant toute chose, je souhaite une bonne année à tous ceux qui suivent, ont suivi ou suivront la lecture de ce blog qui a fêté il y a peu ses un an sous cette forme, ainsi qu’aux autres, malgré tout. Ce sera probablement l’occasion d’un bilan dans les jours à venir.
Cette année, les résumés de courses se réduiront pour laisser place à des sujets plus larges. Et pour ouvrir la saison 2015, je propose un nouveau sujet, qui sera le support d’un article mensuel : mes séances d’entraînement qui, le temps passant, ressemblent de moins en moins à des entraînements, et de plus en plus à des voyages. C’est cet aspect que je compte mettre en avant sous une forme novatrice et originale, en conservant à la fois l’œil du coursier et celui du touriste. Bien entendu, ce qui est valable pour les entraînements, sera également valable pour les courses. C’est le propre du vélo : c’est un sport qui prend son sens dans la notion de déplacement. Si je parviens à vous transmettre le plaisir que l’on peut trouver à rouler 15 heures à vélo par semaine pendant une saison entière, alors, je pourrai considérer que ma mission est réussie !

Cette année, j’ai choisi d’augmenter la durée de mes sorties un peu plus rapidement, mais d’augmenter également le nombre de jours de repos. Deux objectifs : me libérer davantage de temps pour travailler en dehors du vélo, et repousser les limites de la terra incognita encore un peu plus loin. J’ai passé la barre des 4 heures de selle dès mon second entraînement, celle de 5 heures dès le quatrième. Cette période est pour moi l’occasion de mettre en avant la notion de voyage sur celle d’entraînement, et d’en profiter pour aller voir du pays.
Mais tu ne t’ennuies pas, à rouler aussi longtemps, tout seul ?
A vrai dire, je ne suis jamais vraiment seul. Je roule toujours avec ou bien la musique, ou bien la radio, ou bien un podcast dans les oreilles. C’est également une solution que j’ai trouvée pour gagner du temps sur mes études : des cours de langue audio ou en langue étrangère, des émissions culturelles… La radio a toujours été le média du voyage.
Je ne roule jamais non plus au même endroit. Les sorties de fond sont l’occasion de repousser les limites de mon terrain connu, ou bien carrément de prendre la voiture, et d’aller voir ailleurs si j’y suis.

Ma première sortie de plus de 5 heures a été pour moi l’occasion d’aller faire un saut au cœur du beaujolais voisin. Le mauvais temps ne m’a pas empêché de découvrir le Mont Brouilly et ses vignobles mondialement connus. Après avoir franchi les cols de la Croix Marchampt et du Rosier, je suis redescendu vers l’agglomération lyonnaise via la vallée d’Azergues. De l’ensemble de mon hiver, ce sera probablement la seule sortie de plus de cinq heures qui me ramènera à la maison.

Les fêtes de fin d’année sont également l’occasion de découvrir de nouveaux horizons. D’abord, la région bordelaise que je ne connaissais pas : j’ai sillonné d’autres vignobles tout aussi renommés, autour de Saint-Emilion et Castillon-la-Bataille après avoir traversé la ville de Libourne, jusqu’aux portes de la Dordogne, puis du Lot-et-Garonne avant de remonter le long de la Gironde.

decembre1
Les terribles cols normands

Après l’Aquitaine, j’ai fusé direction le nord et la Normandie, en franchissant pour la première fois le cap de 6 heures de selle. En direction de la Suisse Normande, j’ai rejoint mon ancien coéquipier au Chambéry Cyclisme Formation François Bidard, stagiaire cet été avec l’équipe professionnelle AG2R. Un grimpeur normand, ça existe : François m’a servi de guides sur ses routes d’entraînement qui sont probablement les plus vallonnées du quart nord-ouest de la France, avec un relief comparable à celui des Ardennes. Pourtant, ce petit massif reste totalement méconnu du grand public. Les villes de Clécy et de Pont d’Ouilly, ainsi que l’impressionnante Roche d’Oëtre, une falaise de plus de 150 mètres de hauteur, sont quelques uns des hauts lieux touristiques de la Normandie. J’ai ainsi quitté François et redescendu toute la vallée de l’Orne, qui prend parfois des allures de gorges, avec un total d’un peu plus de 180 kilomètres. Peu de sportifs en France peuvent probablement se targuer d’une telle séance le 24 décembre, avant le repas du réveillon !

decembre2
La rade de Crozon depuis le Ménez-Hom

Après la Normandie, cap vers la Bretagne, et ma seconde sortie foncière de la semaine des fêtes m’a conduit jusqu’à l’extrême est du Finistère, une région que j’attendais de découvrir depuis longtemps. Alors que les français n’en font que peu de cas la plupart du temps, j’ai été surpris d’être interpellé plusieurs fois pendant ma sortie par des cyclotouristes curieux de savoir si ma tenue AG2R était celle des professionnels. La Bretagne est vraiment une terre de cyclisme ! Après avoir traversé la splendide ville portuaire de Concarneau, j’ai rencontré Quimper, puis je me suis dirigé vers les premiers reliefs conséquents qui encerclent la mer. On aperçoit au loin la Montagne de Locronan, assez impressionnante, tout autant lorsqu’on s’en approche. Sa pente est bien plus courte, à peine trois kilomètres un peu raides, et elle fait pâle figure à côté de nos montagnes à nous, mais elle domine le paysage de manière impressionnante. Le bourg de Locronan lui-même est tout aussi pittoresque et respire la culture celtique. J’ai ensuite plongé vers la mer et les plages de Pentrez et Saint-Nic, tournant le dos à Douarnenez, pour me hisser en haut du sommet le plus septentrional de France, le Ménez Hom, qui abordé depuis la mer, présente plus de 7 kilomètres d’ascension. Un véritable col ! Après avoir quitté la route principale, il reste 1,7 kilomètres jusqu’au sommet en cul-de-sac, qui culmine à 330 mètres d’altitude, sans végétation, dans un décor qui rappelle un peu celui du Ventoux. La redescente est rapide jusqu’à la ville voisine de Châteaulin, où j’ai franchi la ligne d’arrivée des Boucles de l’Aulne, manche de la Coupe de France pro. La barre des 180 kilomètres est franchie pour la seconde fois de la semaine.

decembre3
La ville de Sète depuis le Mont-Saint-Clair.

Après une nouvelle traversée de la France en diagonale, me voilà redescendu jusqu’à la Méditerranée sur la route de l’Espagne. L’occasion d’une escale peu après Montpellier pour aller découvrir la péninsule de Sète, véritable anomalie topographique, coincée entre la mer et l’immense étang de Thau. La ville s’est bâtie sur les contreforts d’une butte qui est venue se perdre entre les deux, le Mont Saint Clair, désormais célèbre dans le monde du cyclisme. Fière de cette particularité topographique, la ville de Sète a évolué dans une organisation unique en France : mer, étangs, canaux sont tantôt évités, tantôt contournés, tantôt traversés d’immenses ponts, écluses, digues que viennent chevaucher routes et chemins de fer. La ville à la fois portuaire, industrielle et touristique s’étend à 360 degrés depuis le sommet du Saint-Clair, que je me suis amusé à escalader en force depuis ses trois versants, tous plus courts et plus raides les uns que les autres. Une agréable découverte !

One comment

  1. Pingback: Séjour en France | Carnet de Route de Pierre Moncorgé

Comments are closed.