自転車で地域&人づくり
Barouds d’avril
Barouds d’avril

Barouds d’avril

Morceaux choisis d’entraînements

8 avril 2015 – Massif du Grand Colombier, Valromey

J’ai commencé le travail spécifique en montagne par un sacré gros morceau, peut-être le plus gros morceau qu’il est possible de grimper dans la région à cette période : le Col du Grand Colombier. Mais il fallait pourtant que je corrige l’aberration : pendant un an de vie à Chambéry, jamais je n’avais monté ce col de légende. L’itinéraire que j’avais prévu comportait plus de 3200m de dénivelé en moins de 80 kilomètres, ce qui est absolument énorme. Je me suis garé à Culoz, sur mes routes d’entraînement de l’année précédente. Je suis souvent passé au pied jusqu’à aujourd’hui, mais jamais je n’ai bifurqué au centre-ville, en direction de la montagne.

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La vue sur les Alpes depuis le sommet du Grand Colombier. Cliquer pour voir en grand

J’avais prévu de commencer par monter le versant sud de la montagne, le versant le plus célèbre, le seul qu’ait jamais emprunté le Tour de France, en 2012 seulement. Mais je n’ai pu me hisser que jusqu’au croisement qui redescend en direction d’Anglefort, puisque la portion de route qui menait jusqu’au sommet était encore fermée. Il m’a déjà fallu une quarantaine de minutes pour couvrir seulement 10 kilomètres : la pente, très irrégulière, enchaîne les rampes à 14-15% et les replats à 5-6%, pour une moyenne de déjà plus de 10% sur 5 kilomètres. La descente vers Anglefort pour retomber dans la vallée du Rhône est plus régulière mais assez mauvaise. Pour basculer de l’autre côté de la montagne et retrouver le massif du Valromey, il faut franchir un autre col très difficile mais beaucoup moins connu, celui de la Biche. C’est une sorte de petit frère du Mont du Chat, avec un peu mois de forêt, cependant la route est vraiment du même acabit : 11km à 9%, dont 9km à 9,6% mais une pente beaucoup moins régulière et plusieurs replats. Au sommet – ou devrais-je dire plutôt aux sommets puisqu’ils sont en réalité deux cols distincts, et que le Golet de Biche n’est que le second d’entre eux – la neige était omniprésente, et juste au passage du col d’ailleurs, elle débordait encore allègrement sur la route. Il ne fait pas de doute que la route n’avait été ouverte que très récemment.

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J’ai coiffé la déneigeuse sur la ligne !

La descente m’a ramené côté Valromey, et pour redescendre en direction de Virieu-le-Petit, j’ai emprunté des routes que je connais bien, tantôt celles du Valromey Promotion, interrégion cadets sur laquelle j’avais terminé 10e, tantôt celles de son grand frère le Tour du Valromey que j’avais conclu meilleur grimpeur. La course ne s’attaquait pas à ces géants cependant… La véritable attraction de ma sortie du jour, c’était la seconde ascension du Grand Colombier : la directissime, la plus courte mais surtout la plus raide, peut-être bien l’ascension la plus difficile de France. Au pied, je ne savais pas si le col était ouvert jusqu’en haut, mais le passage le plus intéressant était à coup sûr dégagé. J’ai donc affûté mon 28 dents… Les premières pentes sont difficiles, mais sans commune mesure avec ce que l’on trouve deux ou trois kilomètres plus haut, une fois bien enfoncé dans la forêt. Pas moyen de se tromper : on passe brutalement de 10 à 14%, et ce sera presque la pente moyenne des quatre kilomètres à venir ! Je montais presque au seuil, et pourtant je peinais à dépasser 10km/h. Le troisième de ces quatre kilomètres est le plus terrible : la pente moyenne y est de presque 18%, et cache de courts passages à 24-25%. Même visuellement, l’inclinaison du bitume est impressionnante ! Une fois sorti de la forêt, après une ligne droite infernale, un bon kilomètre de replat mérité permet de refaire les niveaux. Les trois derniers kilomètres de nouveau à 10% passent presque pour de vulgaires faux-plats. J’ai fini par rattraper la déneigeuse de la DDE à quelques mètres du sommet. J’ai donc été le premier homme à monter le col du Grand Colombier à vélo en cette année 2015 !

 17 avril 2015 – Alto de Jaizkibel, San Sebastian, Espagne

En clôture de mon séjour au Pays Basque, après une journée de récupération, j’ai terminé le travail par une séance intensive afin de taper dans les hautes valeurs cardiaques une dernière fois avant le décollage pour le Tour du Sénégal. J’ai choisi pour terrain de jeu la côte atlantique, car dans les terres, la météo était catastrophique. L’occasion idéale de découvrir l’un des nombreux mythes du cyclisme : l’Alto de Jaizkibel, juge de paix de la classique World Tour du GP de San Sebastian. Mais avant, j’ai fait deux montées au seuil du petit col d’Ibardin, qui marque la frontière franco-espagnole, une fois d’un côté, une fois de l’autre. Côté français et côté espagnole, même à quelques kilomètres d’intervalle, l’architecture est totalement différente, ainsi que l’organisation du réseau routier. Pour rejoindre la côte espagnole depuis le village de Bera, il faut emprunter les bas-côtés d’une deux voies limitée à 100km/h.

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D’un côté la montagne, de l’autre, l’océan

Une fois rejoint la ville, on sait que la mer n’est plus très loin, mais on ne sait pas quand on quitte l’Espagne, ni quand on y retourne. La frontière entre Hendaye et Irun est totalement invisible, si ce n’est que le fleuve de la Bidasoa marque discrètement la séparation entre les deux villes, et par la même occasion, entre les deux pays. Si bien que j’ai quitté plusieurs fois l’Espagne sans jamais m’en rendre compte. Difficile de louper la montagne du Jaizkibel, car c’est la seule qui se dresse de l’autre côté de la vallée entièrement urbanisée, côté mer. Je n’ai donc pas eu de mal à trouver le pied de l’ascension, que j’ai trouvée très facile au début, pour mes premières répétitions d’une minute à PMA. Mais après un replat bien marqué, deux kilomètres entre 10 et 11% m’ont rappelé à l’ordre. Sur le sommet, le paysage est splendide et complètement unique, conjuguant pâturages de montagne et plongée vers l’océan. A droite, rien d’autre que de l’eau nous sépare de l’Amérique…