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#6 1.14 la Route d’Éole
#6 1.14 la Route d’Éole

#6 1.14 la Route d’Éole

Seconde course fédérale de l’année, cette fois-ci avec un seul coéquipier, le même que dimanche dernier, Rémy Hoffmann qui court ici presque à domicile. Je compte sur cette course pour me rattraper un peu de la Bobet. En fait, je n’y ai plus grand chose à gagner. J’ai laissé passer mes chances il y a deux semaines. Alors, je profite de l’alibi du contre-la-montre matinal pour vu de travailler en vue du Challenge National, toujours en quête de repères et de confiance à ce niveau là.

Etape 1 : Mer – Mer CLM 9,3km
Après un tour de circuit à i3 pour bien me remémorer le parcours, je termine l’échauffement sur home-trainer pendant 20 minutes. Je me présente au départ 5 minutes avant, passe le contrôle, et j’attends, sur une chaise, à côté de la rampe.
Le décompte commence. De 30 à 5, puis 4, 3, 2, 1 et je démarre. J’ai mis un petit braquet puisque le départ est tout de suite sur un bon faux-plat montant, et je ne veux pas faire griller le moteur d’entrée. Je ne reste pas longtemps en danseuse et trouve tout de suite ma position. Je fais tourner les jambes, je reste concentré sur mon braquet à la moindre petite dénivellation. En haut du pont d’autoroute, je reste en ligne, je baisse 2 ou 3 dents et là, j’essaie de commencer à enrouler un peu plus gros. Trois ou quatre petites buttes se succèdent, très roulantes, mais qui nécessitent de toujours garder un oeil sur le braquet, toujours relancer au bon moment et ne pas se mettre dans le rouge.
Le parcours emprunte ensuite une portion plus exposée au vent, plus étroite et aussi plus sinueuse. Avec le recul, c’est ici que je perds du temps. Il m’en reste, et je ne me donne pas à fond. Il le faudrait pourtant : il y a la possibilité de récupérer à chaque virage qui ne nécessite pas d’effort, et surtout, bientôt, je vais prendre à droite pour rejoindre la grande route et le retour sur Mer. C’est à cet endroit que je rattrape le coureur parti une minute avant moi, et sa voiture avec ; qui n’a manifestement pas envie de se ranger… Je perds 2 ou 3 secondes dans l’affaire.
Me revoilà vent de dos. Cette fois, sur un léger faux-plat descendant, je roule à 53/54km/h, tout à droite en tournant les jambes. C’est rapide, mais en réalité je ne peux pas bien aller plus vite, à cause du braquet limité… J’en profite donc pour bien relancer lorsque la route s’incline un tout petit peu. Je ne suis pas assez véloce, je peine à tourner les jambes plus vite alors qu’il me reste pas mal d’énergie. Sur les deux ronds-points restants, je m’applique à prendre la trajectoire adéquate : les courbes ne sont pas parfaites, mais je préfère ressortir moins large et ne pas prendre de risque. Rapidement, j’entre de nouveau dans la ville, en enchaînant deux ou trois virages serrés. Le bitume rend moyen, il y a des dos d’ânes. Plus que deux virages à bien négocier, et je franchis la ligne en 12’42. Je suis le 5e temps lorsque je franchis la ligne mais il reste un paquet de coureurs à passer derrière moi… Au final, je termine 21e, assez loin de mes espérances.

J’ai finalement mal géré mon effort sur ce contre-la-montre. J’ai été bien trop prudent en partant lentement, alors que les écarts se creusaient finalement sur la partie vent de face au départ. Sur le retour, le vent de dos nivelait les différences puisque tout le monde était limité par le braquet. Sur la partie finale, je ne me suis pas non plus assez dépouillé. Ce seront des enseignements intéressants en vue du contre-la-montre du challenge, même si ce sera en vélo classique cette fois…1. Piveteau Maxime (Pôle France Bordeaux) J2 les 9.3 km en 11′ 46,170”  (moy : 47,422 Km/h)
2. Turgis Anthony (US Metro Transports) J2 + 4,130”
3. Guillo Kilian (Pôle France Bordeaux) J1 + 11,200”
4. Boudat Thomas (Pôle France Bordeaux) J2 + 11,440”
5. Bourreau Thomas (Sablé Sarthe Cyclisme) J2 + 14,360”

Anthony Turgis, le premier à s’être élancé à 9h du matin, conservera le meilleur temps jusqu’à 10h52, et le passage de Maxime Piveteau, qui reprend le flambeau du Pôle France pour 4 secondes de mieux. Kilian Guillo, impressionnant contre-la-montre, complète le podium. J’assiste à l’arrivée des derniers coureurs, puis je tourne la tête vers le repas, et la course de l’après-midi.
Etape 2 : Mer – Blois 103,8km
La prise de pouvoir du Pôle France, comme l’année passée, risque de conditionner la course. Il suffit à Piveteau d’arriver dans le temps du vainqueur pour être sur d’emporter le général, et donc de contenir Anthony Turgis, son principal rival. De plus que le pôle dispose d’autres cartouches, avec Guillo et Boudat, 3 et 4e du classement général à moins de 20 secondes.
Il y a donc des chances que le pôle cherche à conserver ces positions, et pour ce faire, à cadenasser la course pour chercher une arrivée massive, et emmener un coureur rapide comme Boudat.
Une fois la tension du fictif évacuée, le départ réel est donné au départ du contre-la-montre et la course est partie. Le départ n’est pas particulièrement rapide, il n’y a personne pour lancer la course dès le départ. Certains pourtant sont sur leurs gardes, et cherchant à remonter, le rythme augmente un peu. Je suis placé. Cela me permet très vite de remarquer, à la faveur d’un semblant d’éventail qui se forme, que le vent qu’on ne ressent pourtant montre néanmoins qu’il faudra compter avec lui. Les premiers mouvements de course commencent à se développer, avec quelques attaques éparses, peu efficaces. Rien de concluant. Je suis placé, et en profite donc pour prendre quelques roues au cas où, sans essayer à persévérer. Il faut se souvenir que je suis persuadé que l’arrivée se fera au sprint, donc ne n’y mets pas de conviction.
Au kilomètre 8, une partie de la chaussée est totalement détruite, je m’applique donc a conserver ma place en tête de groupe jusqu’ici. Mieux que ça, je passe ce secteur en tête, et à la sortie de Villexanton km10, quelques coups un peu plus sérieux se forment. Je reste placé. Lorsque je commence à remarquer que ça ne part pas, je me laisse rétrograder un peu pendant quelques kilomètres. Je ne vois pas le groupe d’une douzaine partir. Je l’aperçois seulement au loin, une fois qu’il est trop tard, et le fantôme de la Bobet revient me hanter : je suis persuadé d’avoir de nouveau loupé le bon coup.
Sur un moment de flottement, je sens que c’est idéal pour sortir. Je place une belle attaque et me précipite tout seul à la poursuite du groupe, que j’aperçois à 200 bons mètres, vent de côté. Personne ne prend ma suite. Je me sens bien, je me mets en i5 pour tenter de rentrer le plus vite possible, je repense à l’épisode de Pommiers où j’étais sorti tout seul, à deux tours de l’arrivée, pour boucher in extremis un trou équivalent en 2 kilomètres et ensuite aller l’emporter. Je suis confiant. J’ai déjà bouché la moitié du trou, mais l’asphyxie est proche. La moto info monte à ma hauteur, prend mon dossard, et m’encourage. Le trou se réduit, mais de moins en moins vite… Je navigue à 50-60m, et devant, les coureurs du Pôle France ont remarqué ma présence. On dirait que je les intrigue, ils se retournent souvent. Me voilà dans de beaux draps. Je suis à 30m, 20m. Il faut tout de suite que je recolle sinon je vais exploser. Je tente de lever les fesses et de sprinter jusqu’à leurs roues : je dois me rasseoir après 5 secondes à peine. Je me mets minable, complètement minable, plus le choix. Ils se retournent toujours, devant, je dois les amuser. Plus que 10 mètres, mais ce sont 10 mètres de trop. Je lâche un coup d’œil sur le cardio : il indique 189, alors que j’ai pas mal roulé cette semaine, en théorie je ne monte qu’à 183-184. Je ne peux plus : j’explose.

Je suis à demi-conscient, et lorsqu’un autre groupe de 4 coureurs me passe en coup de vent, Fabing me criant « prends la roue ! », je ne peux absolument rien faire. Je suis scotché sur le côté de la route à 25km/h, à la recherche d’oxygène. Le peloton m’avale beaucoup plus rapidement que je ne l’avais prévu, à moitié entrain de bordurer. Je tente de prendre les roues que je peux, je rétrograde, puis je me fais violence pour accrocher une roue environ aux deux tiers du groupe. Je viens de griller 3 ou 4 cartouches d’un seul coup, et me voilà à l’agonie dans les roues, laissant une cassure de temps en temps que les autres n’ont d’autre choix que de reboucher pour moi. 30 kilomètres seulement se sont écoulés, et déjà, tous les ingrédients sont réunis pour que ma course soit ratée.
Les petites routes de Touraine ne permettent pas de remonter, et surtout, le peloton s’étire maintenant sous l’emprise du vent sur un bon kilomètre. Il menace de casser à chaque relance, les positions sont figées. Au vu de notre vitesse, le groupe de tête est certainement repris. Et si ça ressort, ce qui est probable, il y a peu de chance pour que j’en sois, je subis complètement à l’autre bout du peloton.
On change brutalement de direction pour prendre vent de dos, ce qui ne m’arrange pas des masses, puisque le rythme augmente encore. De mon côté, heureusement, je commence à me refaire la cerise. Les routes ne s’élargissent pas pour autant. Je remonte par à-coups, tentant d’être malin, lorsque la situation s’y prête. Je connais bien le parcours pour l’avoir entièrement repéré la veille, et je sais qu’après un rapide passage dans de petits bois, les routes sont de nouveau totalement découvertes… Je remonte dans la première moitié du peloton, après avoir passé une vingtaine de coureurs. Et à la sortie du bois, quelques virages rapides s’enchaînent où je ne peux reprendre aucune place, et enfin, peu avant la mi-course, on retrouve une route un peu plus large, plein nord, plein vent.

A peine ai-je posé la roue sur le bitume fraichement refait, que le peloton explose dans tous les sens, ou plutôt, avait-il déjà explosé devant bien avant que je ne tourne à mon tour. Il y a des coureurs partout. Je me retrouve totalement à bloc aligné sur la gauche de la route, alors que lorsque je trouve la force de regarder devant, je m’aperçois que je suis dans la 4 ou 5è bordure. La chaussée est couverte d’éventails de coureurs de toutes les couleurs, certains quittent la roue du précédent soit parce qu’ils se retrouvent dans les graviers à gauche, soit parce qu’à bout de force ils ne peuvent plus que s’écarter, et alors, un nouvel éventail se forme, et tout recommence de nouveau. Une voiture en sens inverse et des coureurs dans les airs viennent rompre cette chorégraphie permanente. Le problème est qu’après les airs, les coureurs et leurs vélos retrouvent la terre ferme. J’ai de la buée dans les lunettes, non, j’ai juste la vue troublée par l’effort, je donne un coup de patin-réflèxe pour m’écarter d’un des pauvres renversés, ou bien de son vélo ; coup de patin qui m’oblige à fournir une double part d’efforts, puisque les autres ne m’attendent pas. Alors, ceux qui se retrouvent à terre… C’est la guerre.
J’attends que la tempête se dissipe, je me contente de garder ma place dans la bordure, et lorsque ça s’organise, de remonter les coureurs que je peux, histoire d’être un peu moins loin pour les prochaines turbulences. Notre groupe aborde enfin Crucheray, ce qui signifie un nouveau changement de direction, pour enfin reprendre le vent de ¾ dos.
C’est ce qu’il fallait pour que notre groupe rattrape le précédent. Ce qu’il en reste, en réalité : un paquet d’entre nous n’a pas survécu, suite à l’épisode de la voiture, certainement. Voilà qu’on n’aperçoit devant plus qu’un gros groupe, qui semble être la tête du peloton, et au loin, très très loin, un petit groupe de 7-8 coureurs. Le vent, qui se fait moins sentir, rend la course un peu moins dure pour ceux qui sont dans les roues, comme moi. Je remonte à l’avant un peu plus facilement. Après 2 ou 3 kilomètres, notre groupe fusionne avec le précédent, encore une fois. Nous ne constituons donc plus qu’un seul et unique peloton, ceux qui se retrouvent derrière ne rentreront jamais, et d’ailleurs, nous ne rentrerons jamais non plus sur ceux qui sont devant.

S’ensuit un petit round d’observation, Et quelques coureurs parviennent à sortir de façon isolée, seuls ou à deux, contre le vent. Je trouve ça un peu suicidaire, vu la situation de course. Néanmoins, comme personne n’est là pour relancer derrière, ils se font la malle quand même, pour quelques kilomètres. Thomas Bourreau qui n’a apparemment pas su prendre le groupe de tête est très actif derrière. Il relance souvent le groupe, tente d’organiser la poursuite, ou d’attaquer. Finalement, la course va être relancée par un petit groupe de coureur qui sort sur la gauche, dont pour la première fois depuis 30 kilomètres, je fais partie.
Un autre groupe de quelques coureurs vient nous renforcer, et on se retrouve à une quinzaine en contre, alors qu’il reste une petite cinquantaine de kilomètres. Je sens rapidement que le bon groupe est sorti. Les relais tournent plutôt bien. Nous sommes nombreux, il reste encore assez de distance, j’espère encore qu’on pourra rentrer devant. Dans cet objectif, je me force à ne pas trop en faire. J’ai retrouvé un bon coup de pédale, on peut le dire, je reviens de loin. Dans le groupe, je retrouve notamment Thibault Nuns apparemment piégé lui aussi, ce qui ne m’étonne pas vu comme c’est sorti ; Thomas Bourreau qui a Vadim Deslandes devant, Mathieu Fernandes avec qui je m’étais déjà retrouvé à la Bobet, deux coureurs de la sélection de Haute Garonne : Achille Métro et Loïc Bouchereau, Joey Wastiaux, les deux coureurs du Pôle France Destang et Barbeau, Barthélémy Fabing, Piero Ochoa avec son maillot rouge, Florian Detain, Jean Leseche du Pôle de St Amand, Frédéric Leproux fils de Denis DS à Agritubel, et un coureur vert que je ne connais pas.
Vu le nombre, il est évident que certains jouent les malins. Tous ne font pas la même part de travail. Parfois j’ai à boucher un trou ou deux, ou à réorganiser une file montante lorsque quelqu’un saute son relais, mais je ne suis pas un pigeon non plus. Je déplore la mésentente, puisque c’est autant de temps de perdu pour rentrer, mais j’ai compris le truc, je ne compte pas attirer toute l’attention sur moi. Ca va bien.
Je me fais presque surprendre par l’arrivée des premiers vallonnements. Ils arrivent à point nommé. Je suis mieux, j’ai hâte que la course se décante, je sens que la tendance s’inverse ! Le groupe s’organise un peu plus difficilement dès lors que certains se sentent mieux et d’autres moins bien. Ce sont toujours un peu les mêmes qui appuient, les mêmes qui en gardent et bien sur, les mêmes qui en chient. Tout le monde sent le premier GPM arriver, et avec, la première petite côte que l’on ait à franchir après 60 kilomètres de plaine sans fin.
Courte descente, virage en équerre, et la relance est violente, signée Thibault Nuns. Le lozérien fait monter la bosse assis, les mains en haut, raide comme une statue. Ca avance, pourtant. Je suis bien placé en 4 ou 5e position, il me fait monter le cœur, toxiner les jambes, comme tout le monde. Certains sont limite, moi ça va encore pas mal. La bosse n’est pas très longue, et en haut bien que ça ne redescende pas, Nuns s’écarte et le groupe redevient compact. Je tente de l’organiser de nouveau, surtout lorsque la moto info nous annonce 40 secondes de retard sur la tête de course. L’écart n’a jamais été aussi réduit ! On aperçoit au loin les voitures, et encore un peu plus loin, le groupe de tête.

A partir d’ici, les GPM s’enchaînent : ils sont au nombre de 4, tous présentant à peu près le même dénivelé, dans la même vallée creusée par le même ruisseau : la Cisse. Je récupère un bidon au vol au passage à Coulanges, où on repassera d’ailleurs dans quelques kilomètres. La descente qu’on aborde maintenant annonce le GPM suivant, le second, que j’ai repéré comme un peu plus raide du pied, alors je l’aborde placé de nouveau. Comme tout à l’heure, c’est Nuns qui prend la montée à son compte, secondé par Thomas Bourreau. J’attends que la course se relance une nouvelle fois. Sur le sommet, je suis aux aguets, prêt à utiliser l’une des dernières cartouches qu’il me reste si le groupe se casse de nouveau. Le terrain est maintenant plus sinueux et vallonné. On rattrape deux coureurs, qui s’étaient perdus dans la nature : Valentin Jury et Mickael Plantureux, lâchés de la tête de course. Valentin me renseigne, ils sont cinq devant : Turgis, Boudat, Piveteau, Deslandes et Constantin. Peut-être les 5 plus forts, ça s’annonce difficile de revenir, d’autant plus que derrière certains commencent à attaquer, à se regarder, à accuser le coup : bref, ça ne s’entend plus. On repasse une seconde fois vers Coulanges, avant de plonger de nouveau vers la Cisse. Nuns suit une attaque en facteur de Wastiaux, j’emboite le pas, on roule un peu, mais après à peine deux kilomètres nous sommes repris de nouveau.
Le 3e GPM voit Nuns repasser devant comme un métronome, je ne sais pas trop à quoi il s’amuse, s’il était si fort il aurait attaqué depuis longtemps. Il en donne pourtant drôlement l’impression. Rien ne se produit non plus dans celui-là, au grand bonheur de Valentin qui s’accroche. Rien non plus au sommet, ni dans la descente, rien de rien, à en croire l’écart qui monte cette fois définitivement au-dessus de la minute.

Un peu plus d’action dans le 4e et dernier, encore que. C’est le plus court mais surtout le plus raide de tous. Bourreau attaque, Nuns comme toujours va le chercher au train. C’est le moment que je choisis pour contrer et tenter de faire exploser le groupe. Mon démarrage est violent et un trou se creuse, j’ai néanmoins sous-estimé la longueur de la fin de la bosse. Je m’écrase un peu en haut, d’autant plus que je ne veux surtout pas appeler les crampes. Lorsqu’on passe la ligne du grimpeur, la tête de groupe est de nouveau compacte à 7-8, puis comme personne ne poursuit l’effort, tout rentre.
Il ne reste maintenant plus qu’une portion de grande route, légèrement descendante, pour rejoindre Blois et son rapide circuit final. Et chez tout le monde, c’est méfiance. Plus question de file montante. Chacun a envie de ne pas louper un coup qui se reformerait, pas forcément de sortir seul, mais du coup, la tension monte. Le groupe se disloque, se reforme, s’étire, s’étale. Certains coups paraissent dangereux, mais au bout du compte, personne ne crée d’écart suffisant pour vraiment décourager tout le monde, et à l’entrée de Blois, le groupe se présente groupé sur le circuit final.
Deux tours de 2,5km à couvrir, il ne reste donc plus que 5 kilomètres. Les attaques continuent, mais je ne flaire pas le coup, c’est effectivement sur le circuit que les deux malins du jour vont réussir à creuser l’écart : Piero Ochoa intenable sur le plat, suivi comme son ombre comme toujours par un des gardes du pôle France : c’est Destang qui s’y est collé. Les deux vont au bout. Derrière, méfiance, et ces deux là sortis personne ne veut reprendre la marche du groupe. La cloche sonne le dernier tour.
Je remarque, au passage sur la ligne d’arrivée, que le bitume est particulièrement en mauvais état. Je remarque aussi, que moi qui aime faire les sprints en tête, la ligne droite est juste assez longue pour lancer un sprint. Je ne sais pas encore trop comment m’y prendre : il me reste du coup une cartouche, après l’épisode du début de course, j’ai été bien trop prudent ! Je pense attaquer avant l’arrivée. Pour cela, je me place dernier du groupe, que je veux surprendre avec une attaque très franche en profitant de la relative léthargie dans laquelle les autres semblent plongés. Mais le circuit est bien trop petit, et moi bien trop peu réactif. Je ne vois pas le temps passer, et au dernier virage, je suis encore en 8 ou 9e position !

Je m’affole, je veux lancer mon sprint, mais je n’ai pas de place pour le faire. Dès que l’ouverture se présente j’écrase le plus fort possible sur le côté droit, mais le bitume rend tellement mal, ça saute, les muscles endoloris n’aiment pas. Le sprint est de toute façon lancé de l’autre côté aussi. Je vais un peu plus vite, mais pas suffisamment, le pistard de Saint Amand qui a lancé de devant comme je voulais le faire a raison de nous sans trop de problèmes, et le dernier qui a résisté à mon retour est le Lorrain Fabing, qui sprintait aussi vite finalement. Je termine 10e, avec un peu de regret sur le final mais j’ai du mal à être déçu, tant j’étais loin du compte à la mi-course encore, englué dans l’antépénultième bordure. Malgré tout, je visais mieux aujourd’hui. J’aurais tenu le groupe de tête si je pouvais refaire la course, et sans mon effort du début de course, mieux que ça certainement. Ce n’est pas grave, il y a du mieux déjà, et j’ai pu participer pleinement à la bagarre derrière en fin de course. Cela prendra le temps qu’il faudra, mais je veux prouver que je suis bien dans les meilleurs français cette année.

1. Turgis Anthony (US Metro Transports) J2 les 103.8 km en 2h30’12” (moy. 41,465 Km/h)
2. Boudat Thomas (Pôle France Bordeaux) J2
3. Piveteau Maxime (Pôle France Bordeaux) J2
4. Constantin Baptiste (Montrichard Cyclisme 41) J2
5. Deslandes Vadim (Sablé Sarthe Cyclisme) J2 +3″

 

Classement Général
1. Piveteau Maxime (Pôle France Bordeaux) J2 les 113.1 km en 2h41’58” (moy : 41,898 km/h)
2. Turgis Anthony (US Metro Transports) J2 +4″
3. Boudat Thomas (Pôle France Bordeaux) J2 +11″
4. Constantin Baptiste (Montrichard Cyclisme 41) J2 +26″
5. Deslandes Vadim (Sablé Sarthe Cyclisme) J2 +31″