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#29 1/2/3/J Tour de la CABA étapes 2, 3
#29 1/2/3/J Tour de la CABA étapes 2, 3

#29 1/2/3/J Tour de la CABA étapes 2, 3

Etape 2
Aurillac – Velzic – Aurillac, 21km CLME
Je profite ce week-end de la présence d’Alain, notre soigneur pour récupérer au maximum, car la course ne fait que commencer pour moi. Je me suis placé hier, et le contre-la-montre par équipes de ce matin semble taillé pour notre équipe de gros rouleurs : Maxime Mayençon, Vivien Brisse et François Lamiraud, c’est du costaud. En revanche, pour Paul et moi, la matinée s’annonce galère puisque on va devoir partir en vélos de route, avec juste une roue pleine, et en ce qui me concerne je m’attends à souffrir ! Je suis le seul placé au classement général, il faudra donc que je tienne avec eux jusqu’au bout. Paul en revanche, n’a rien à gagner et peut se sacrifier pour soulager l’équipe au maximum. Les trois autres vont jouer la victoire d’étape et n’ont pas à m’attendre, c’est à moi de tenir bon avec eux.
Les trombes d’eau qui nous attendent au réveil ne sont pas pour me rassurer. Personne n’est motivé pour se préparer comme il se devrait et après être arrivés assez tard sur place, un bon repérage en voiture (le circuit est simple, c’est un aller-retour sur la même route), les préparatifs et quelques réglages ; il est presque déjà l’heure de rejoindre la ligne. J’ai juste eu le temps de faire un aller-retour sur la pluie, à peine deux trois accélérations. Les autres n’ont pas fait beaucoup mieux.

Et les choses commencent mal d’entrée : je déraille dès le premier coup de pédale. J’ai voulu croiser la chaine au maximum pour pouvoir partir avec le moins gros possible, mais puisque la roue libre de la lenticulaire ne compte que 9 vitesses, je pars sur un pignon qui n’existe pas. Par chance, je réagis vite, mets la main au dérailleur et remonte la chaine sur la cassette. Les autres n’ont rien vu de tout ça et de toute manière, c’est bien mon problème. Je commence donc mon chrono par un sprint de 200 mètres pour recoller aux roues.
Il va maintenant falloir encaisser le choc, car les trois élites commencent petit à petit à mettre en route alors que je suis déjà au maximum. Je bénis chaque petit replat, même s’il ne suffit jamais pour récupérer, dans la mesure où les trois autres sont en vélo de chrono et donc largement avantagés sur ces portions. Puis finalement, au bout de quelques minutes, je retrouve de la fraicheur et décide de rentrer dans la file des relais. Au tour de Vivien, puis de François qui prend un bon relai de presque une minute, et je commence alors à regretter de me trouver ici. Jamais je ne pourrai tenir un relai comme ça ! Lorsqu’il s’écarte, je suis déjà de nouveau à fond et pour l’honneur, je dois rester quelques secondes devant quand même. Je devais avoir ralenti, puisque Maxime accélère de nouveau le rythme lorsqu’il me déborde. Je dois carrément sprinter pour reprendre de justesse la roue de Paul qui laisse un petit trou, relance et là pour moi, c’est terrible ! Nouveau sprint pour reprendre la roue de Paul. Je me promets de ne plus prendre un seul relais. De toute façon, je n’en aurai plus une seule fois l’occasion.
Le demi-tour se fait dans la commune de Velzic, en prenant un petit détour dans le bourg d’une centaine de mètres sur une route en très mauvais état. Plus du tout lucide, je prends tous les trous de la route et vire comme un pingouin lorsqu’il faut reprendre la nationale dans l’autre sens. La moitié du chrono est derrière nous, reste la plus rapide, mais pour Paul et moi certainement la plus difficile. D’ailleurs, le voilà qui passe un dernier très gros et très long relais, et qui s’écarte, tente de reprendre les roues, n’y parvient pas. Les derniers kilomètres seront encore plus difficiles pour moi. Je ne me souviens plus de tout, je n’étais concentré sur rien d’autre que le pneu devant moi, bras écartés à 3 mètres des roues, à baver de temps en temps quelque chose comme « aaah » pour bien leur faire comprendre que j’étais à bloc, et qu’au moindre petit coup de vis, c’était tchao.
Mais ça tient. Je souffre pendant de longues minutes avant de reconnaître le panneau indicateur de vitesse sur le côté, qui indique quelque chose comme 60km/h. Il ne reste dès lors plus qu’un kilomètre, très rapide sur du plat descendant. Je sprinte assis dès 500 mètres de l’arrivée, pour simplement tenir leur roue, puis je résiste le plus fort possible jusqu’à franchir la ligne, à une ou deux secondes des trois solidaires jusqu’au bout.
 Je vais mettre une bonne dizaine de minutes avant de retrouver un état normal. Lorsque je retrouve les autres au camion, ils ont l’air déçus, mitigés. Comme quoi, on aurait peut être, le 5 ou 6e temps. De mon côté, je ne suis ni déçu ni content, juste démoli. De toute façon j’ai tout donné et je ne sais pas si j’aurais tenu pour 5 secondes de mieux. Puis au bout d’un moment, un bonhomme de l’organisation vient nous féliciter pour notre performance. Les élites le chambrent un peu, puis il me dit qu’on m’attend au podium, très bien, je dois conserver mon maillot blanc. Il me défend que non, non, c’est pour le maillot jaune qu’on m’attend, et qu’on a mis tant de secondes au Top 16, tant de secondes à l’Entente. Je crois toujours à une blague pendant un bout de temps mais je ne peux pas m’empêcher d’y croire un peu, je ne peux pas nier y avoir pensé avant le départ ! Il s’avèrera qu’il disait bien la vérité, et le CR4C Roanne remporte la 2e étape avec 37 secondes d’avance sur le Top 16, et 45 sur l’Entente Sud Gascogne. Au départ à égalité de temps avec les autres les mieux classés, je vais donc porter le maillot jaune de leader sur la dernière étape. C’est dingue !

Etape 3
Aurillac – Aurillac, 93km
Je bénis de nouveau le massage d’Alain et les pâtes du déjeuner. Le ciel s’éclaircit, et s’il reste incertain pour le moment, nous laisse l’espoir de peut-être, rester clément. Cet après-midi, c’est une autre affaire avec certes 90 kilomètres seulement, mais un départ très escarpé avec une succession d’ascensions courtes et raides sur 25 kilomètres, une courte portion de plaine et enfin le Col du Bruel, juge de paix à 1100m d’altitude. Une longue descente au sommet, puis un nouveau col un peu plus court, et on retrouve la route du contre-la-montre. Terminer là-dessus serait trop facile et à Saint Simon, à 7 kilomètres de l’arrivée, un dernier col très raide de deux kilomètres nous ramène sur les hauteurs d’Aurillac. Il ne suffit plus dès lors que de plonger vers l’arrivée mais celle-ci est jugée au sommet d’une côte d’un kilomètre, avec un final terrible devant le Château de Saint-Etienne. Bref, une étape de montagne à proprement parler, avec des ascensions de plus en plus courtes, mais de plus en plus raides.
Au niveau du classement général, je compte une marge de 37 secondes sur mon second Guillaume Gerbaud du Top 16 et 45 sur Sylvain Lamarque de l’Entente Sud Gascogne, ce qui ne pèse pas lourd au vu du profil, mais qui me permet d’être sauf si j’arrive pour la gagne au pied de l’arrivée. Le dangereux Mickael Larpe est fort heureusement relégué à 1’47 et s’il ne représente plus une menace directe, il faut s’attendre à tout avec lui… D’autres encore sont dangereux mais pas sur une attaque directe, et devront compter sur ma défaillance s’ils veulent me battre. Le calcul est simple à résumé : c’est chaud, mais ça peut passer. Au briefing, Vincent n’a pas le choix et chose qui parait évidente aux yeux de tout le monde, il faut tout faire pour défendre mon maillot. Sur le coup je suis surpris de cette décision, je m’en veux, je n’ai pas accordé assez de crédit à mon maillot. Mais de voir tout le monde serein et enjoué autour de moi, finit par me convaincre sincèrement que j’ai des chances de gagner. Je me pose pas mal de questions. J’en conclus qu’à l’évidence, je n’ai absolument pas le droit du tout de faillir, tant pis s’il s’avère que je ne suis pas à la hauteur mais surtout, je ne craquerai pas, c’est sur.

Cette situation est complètement nouvelle pour moi, et sur le lieu du départ, tout le monde me jette un petit regard, parfois même un petit « bravo, bon courage » qui fait toujours plaisir. Dans le départ fictif, je veille à bien rester dans les 10 premiers mais de toute façon, comme la veille, personne ne cherche à se replacer. Rien à voir avec les courses junior ! Le départ est très rapide. Je sens que je vais être attaqué dans tous les sens. Mickael Larpe est déjà intenable, il vient d’attaquer trois fois en un kilomètre. Les autres doivent prendre les coups et tenter de les neutraliser, je navigue un peu loin au goût de François qui me demande de remonter. 20e, c’est apparemment déjà trop loin dans le peloton. Je ne veux surtout pas avoir à boucher de trou dès le départ, j’aurai bien du boulot après ! Le peloton s’arrête rarement après une attaque et relance toujours avec une autre, à laquelle on doit de nouveau répondre par nous-mêmes. Finalement, après une dizaine de kilomètres le vainqueur de la veille Willy Perrocheau trouve seul l’ouverture et on tente immédiatement de bloquer le rythme pour qu’il prenne le maximum d’avance. Avec un matelas de bientôt trente secondes, les plus agités sont un peu calmés. Seul Peter Loubineaud réagit puis s’emploie à rentrer sur le charentais, n’emmenant par bonheur personne avec lui : ce duo sera le bon, et de lui-même, le peloton s’endort, le club se regroupe à l’avant et s’emploie à réguler le tempo, pour le moment pas trop élevé, pour laisser du mou aux échappés et rendre la jonction impossible pour un contre-attaquant.
Ca y est, la routine s’installe, et je peux profiter pleinement de l’image incroyable des 4 roannais qui roulent à tour de rôle devant moi, bien calé en 5e position, que je ne quitte pas pendant 30 kilomètres. Je m’en souviendrai certainement toute ma vie. L’écart oscille entre 40 secondes et une minute, qu’elle ne dépasse jamais. Les échappés gèrent leur effort autant que le peloton, et pendant ce temps les kilomètres défilent, et je suis dans un fauteuil, pour le moment. Je n’ai pas encore eu à donner un seul coup de pédale. Le rythme régulier et modéré me permet de passer chacun des petits murs qui se succèdent à un rythme soutenable, presque à l’économie ; et les descentes, sans avoir aucun risque à prendre. Enfin, on arrive au bout de la portion vallonnée et c’est la plaine qui nous attend maintenant, pour un sursis d’une quinzaine de kilomètres encore, mais après lequel, la vraie bagarre commencera…

La situation reste logiquement inchangée jusqu’à l’arrivée des coureurs du CC Périgueux Dordogne en tête du peloton. Sur le moment, personne ne comprend ce qu’ils viennent faire là. Ils haussent fortement le rythme, mais permettent aux jaune et bleus de ne plus avoir à rouler, je ne sais pas ce qui vaut le mieux. Les échappés perdent leur avance d’un seul coup en deux ou trois kilomètres, je crois qu’ils ne s’y attendaient pas. Mespoulède sort alors du rang pour aller jouer le dernier rush et peut-être sauver son maillot vert, manque de pot pour lui, Perrocheau ne perd pas le nord et passe tout de même en seconde position. L’équipe de Périgueux aura donc mis dans le rouge tous ses coureurs au pied du col du Bruel, et les nôtres par la même occasion, pour finalement… Rien !
Le rythme baisse à peine dans le kilomètre qui suit mais déjà, on quitte la nationale pour emprunter une route étroite et granuleuse, qui ressemble fort au pied du col. Cette fois la route s’incline et ça fait très mal, le rythme est très intense dès le pied et je rétrograde, quelques coureurs partent devant moi, certains sautent immédiatement. Tous les roannais ont immédiatement sauté à l’exception de Maxime Mayençon qui lui semble à l’aise, et qui d’ailleurs est le seul à suivre Mickael Larpe lorsqu’il démarre. Les deux montent à une vitesse hallucinante. Maxime nous confiera au débriefing « je l’ai laissé partir, putain, il montait à 420 watts ! » Derrière, après un précieux relais de Paul sans lequel j’aurais peut-être perdu pied, je me retrouve seul pour le premier kilomètre de montée. On reprend les autres coureurs en contre à l’exception de Sylvain Lamarque qui est fort lui aussi, et de Maxime qui hésite à se relever. Je n’ai pas d’autre choix que de rouler en tête mais je suis terriblement vulnérable, je croise les doigts pour que personne ne puisse attaquer de nouveau, et j’essaie de temporiser pour trouver un rythme régulier. Je ne suis pas du tout dans mon élément, ici. Heureusement, personne ne vient hausser le rythme ce qui permet à François de remonter à l’avant, et d’imposer son rythme à lui, qui me convient parfaitement. Du peu de calculs que j’arrive à faire, je conclus qu’il vaut mieux qu’on bascule le plus nombreux possible, quitte à laisser du champ aux deux hommes forts partis l’un après l’autre.

On aperçoit toujours Larpe un ou deux virages plus hauts qui creuse régulièrement, et Lamarque qui lui plafonne à peu près à notre rythme. Maxime nous attend finalement mais ne sait pas quoi faire de sa force, il monte plus vite, François lui demande d’attendre, il se relève, puis reprend de l’avance. Sincèrement, je n’aurais pas pu suivre un rythme plus élevé que celui de François. On nous communique un écart d’une minute pour Larpe et 20 secondes pour Lamarque, à quelque chose comme un kilomètre du sommet. Lorsque je me retourne pour faire le point une ou deux fois, car je n’ai pas quitté les 10 premières places depuis presque le départ, je compte une grosse vingtaine de coureurs encore dans le peloton, et quelques autres à la limite derrière la queue du groupe. Je suis un peu mieux dans le dernier kilomètre mais je me cale sur le rythme de François, qui risque d’avoir encore du boulot, le sommet franchi… J’attrape un bidon au vol en haut lorsqu’on passe à 1’30 de Larpe qui creuse très, très vite pour être maintenant maillot jaune virtuel.
Au sommet, frais dans les roues, je reprends rapidement mon souffle. Lorsque je vois combien l’écart augmente vite, je me dis que la balle est dans le camp de François et Maxime mais je doute, beaucoup, et je réagis mal. François me raisonne et me rassure. Paul remonte à l’avant et les soulage parfois. Mais je ne suis pas persuadé qu’on roule assez vite, d’autant plus que François descend franchement mal… Il ne mettra pas très longtemps à me rassurer. Larpe prend une dizaine de secondes seulement dans la première partie de la descente, sur 6 ou 7 kilomètres mais lorsque la route devient un peu moins pentue et demande plus de force, François est impressionnant, et au terme d’un relais de quinze kilomètres, revient à 30 secondes de Larpe !
Le second col se dresse maintenant devant nous et Maxime prend le relais de François. La balance est entrain de pencher en notre faveur. Il va maintenant falloir passer sur un rythme le plus régulier possible pour permettre à François et Paul de basculer dans le groupe. Ce GPM est bien plus court, seulement deux gros kilomètres mais irrégulier avec des pentes très raides par endroits. Maxime monte à un rythme idéal, je suis au seuil dans sa roue. Sur les 500 derniers mètres, je lui demande de lever le pied un tout petit peu, Herbreteau assure les points de son maillot à pois et on bascule avec de 25 secondes de retard sur Larpe, avec qui on a fait jeu égal.

Je prends la descente à mon compte quand les virages deviennent serrés sur le bas. On retrouve une route nationale et un profil plat pour une petite dizaine de kilomètres, qui va complètement nous avantager. En fait, on la connaît même très bien, puisque c’est celle du contre-la-montre de ce matin. François revient à l’avant et immédiatement se remet en tête, imité par Paul, et cette fois-ci, la lutte devient inégale, à 3 contre 1 avec l’ex professionnel, qui, je ne rappelle au passage, est de retour d’une suspension de deux ans après un contrôle positif. Il est contraint de se relever, et après 3 ou 4 kilomètre, il rentre dans le rang, et l’ardoisier remonte à notre hauteur avec un panneau « arrivée 15km, peloton groupé ».
Les roannais peuvent dès lors lever un peu le pied. On s’accorde un petit moment de récupération avant le dernier GPM qui s’annonce déterminant. On n’a plus de raison de rouler fort. Je savoure ce moment où après avoir virtuellement perdu mon maillot, mes adversaires n’ont plus que les 10 derniers kilomètres pour m’attaquer. Je me rapproche petit à petit de la victoire…
On tourne enfin à droite dans le bourg de Saint Simon pour prendre la dernière côte, deux kilomètres très raides, dans lesquels tout va se jouer en ce qui concerne l’étape et le classement général. Julien Lamy de Felletin attaque très fort dès le pied et oblige Maxime à aller tout de suite le chercher. Moi, déjà je coince un peu, je dois m’y prendre à deux fois pour revenir. Je suis attaqué d’entrée, j’aurais préféré un autre scénario : maintenant, j’ai toutes les chances de me faire contrer…

C’est le décidément intenable Mickael Larpe qui sort très fort dans les pourcentages les plus raides, suivi peu de temps après par Loic Herbreteau qui est le seul à pouvoir tenir sa cadence. Les deux prennent irrémédiablement de l’avance, on ne peux rien y faire. Maxime, qui a montré qu’il était peut-être le seul capable d’y aller, s’est de nouveau relevé pour moi. Combien ça aurait été plus facile si c’était lui qui avait eu le maillot… Je suis au maximum dans sa roue et donne tout pour limiter les dégats. Les autres coureurs du groupe semblent à un niveau comparable au mien et ne sont pas vraiment plus frais, ils roulent eux aussi sur le sommet, puis on franchit enfin la ligne du GPM.
La route ne bascule pas encore mais les dents tombent et la route qui s’aplanit quand même largement favorise l’entente du groupe qui pour le moment se fait naturellement, pas de temps mort, c’est l’idéal. Je passe deux relais mais Maxime me rappelle, à juste titre, qu’il faudra que je sois là dans la dernière côte… La descente passe très rapidement et j’en profite pour me replacer dans le sillage de Maxime, qui après le dernier rond-point au kilomètre, emmène le pied de la bosse, sur la route encore large. Petit à petit, je suis entrain de réaliser que le général ne peut plus m’échapper. J’ai encore un doute sur Herbreteau qui est peut-être dangereux, de toute façon je dois tout donner. Je le déborde tôt, lorsqu’on tourne à droite pour prendre la route étroite qui mène à l’arrivé, à quelques 300 mètres. Je monte en résistance, je dois faire ces 300 derniers mètres le plus vite possible. Les 200 premiers sont assez faciles mais après une épingle à gauche, les pourcentages deviennent affolants, une vingtaine de pourcents. Je m’arrache sur le 39*23 et regarde les trois coureurs qui peuvent me passer sur la gauche. Je termine vidé, comme tous, en 6e position, mais surtout, je viens de conserver mon maillot de leader, et donc de remporter tout simplement le Tour de la CABA ! Larpe aligne Herbreteau pour la victoire, après son numéro en solitaire de 40 kilomètres. La tête du groupe avec laquelle j’arrive franchit la ligne avec 28 secondes de retard. Je conserve donc mon avance de 37 secondes.

A ma connaissance le seul junior à avoir remporté une courses par étapes en toutes catégories est le franc-comtois Emilien Viennet multiple champion de France et récent stagiaire à la FDJ, vainqueur en 2010 du Tour du Jura. M’élever le temps d’un week-end au niveau d’une telle pointure, c’est magnifique. Je veux passer un énorme Merci à tous les coureurs et à l’encadrement, qui ont tous été parfaits du début à la fin. Je me rappelle quand même que cette course n’étai qu’une préparation. Je vais maintenant me tourner en direction du Tour du Bourbonnais Charollais, la seconde des trois courses par étapes du mois de juillet, et surtout du Tour du Valromey, le premier objectif estival.

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