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#28 1.1 UCI Tour du Valromey étape 4
#28 1.1 UCI Tour du Valromey étape 4

#28 1.1 UCI Tour du Valromey étape 4

4e et dernière étape de la course junior la plus difficile d’Europe. Le classique, qui emprunte dans le sens inverse les cols de Richemond, La Rochette, Cuvillat et la Vieille Lèbe, pour une arrivée sur le plateau d’Hauteville. 109km sans un millimètre de plat. Si la météo a l’air de nous laisser tranquille aujourd’hui, mes jambes se souviennent très bien de celle d’hier et je me présente sur la ligne dans un état semi-conscient, j’ai rarement été aussi défoncé par une course ni par rien d’autre auparavant. J’ai presque du mal à marcher, et à la moindre danseuse l’acide lactique envahit mes deux jambes dans la seconde qui suit. Bref le but ultime de la journée est simplement de finir l’étape, et ça serait déjà une victoire immense.
Etape 4. Artemare – Hauteville, 109km
Ma tactique un peu improvisée je dois l’avouer, c’est de prendre la première échappée, celle que je voyais partir dans les 5 premiers kilomètres, les seuls peut-être plats de l’étape. C’est un coup de poker osé, mais je déteste subir les courses. A vrai dire je ne me rappelle plus de grand chose tellement j’avais le nez dans le guidon dès que je me suis jeté dans la première roue, je ne saurais dire de qui. Je craque, je me bats, puis je finis par recoller au groupe qui a pris quelques longueurs. On est entre 5 et 10, il y a Amandin. Je suis partagé entre l’envie de rouler pour qu’Amandin puisse prendre du champ, et la raison qui me crie de rester tranquille parce que je vais le payer. Mais je déteste ne servir à rien, alors je passe, puis je me rends compte que je n’en ai pas les moyens, mais trop tard. Nous sommes repris et là ça devient très, très difficile. Il y a une petite bosse d’à peine 300m, je rétrograde jusqu’à la queue du peloton et je serre les fesses pour basculer dans les derniers. Je suis le seul aussi à la peine. A peine 4 kilomètres ont été couverts. On n’est pas sortis de l’auberge !
La descente qui s’ensuit est trop courte pour pouvoir récupérer mais suffisamment longue pour reprendre une place au milieu de groupe. Le peloton accélère au niveau du premier point chaud et déjà se présente le pied du premier col… Non répertorié. On repasse devant le départ et on tourne à gauche, le pied est le même que celui de la bosse finale d’hier : une route large, qui rend bien, mais qui monte bien aussi, surtout quand ça attaque devant. Je ne veux surtout pas être le premier à craquer alors je ferme les yeux et je roule, je roule, je roule. Après peut-être 500m qui m’ont paru une éternité, un coureur du CD95 lâche prise. Puis bientôt, deux, trois. Le rythme ne ralentit pas et peu de monde semble avoir du mal, pourtant je perds déjà plusieurs longueurs. Je fais l’effort pour recoller à la roue d’un Wallon quelques mètres devant. Je veux rester avec lui. Les premiers directeurs sportifs me doublent sans un regard, impassibles, à part quelques coups de klaxon pour passer. De temps en temps un discret “allez, tom” l’air un peu mal à l’aise et désemparé. La file des voitures s’allonge lentement devant moi sans que je ne puisse rien y faire, seulement constater les dégâts. Puis c’est au tour des voitures officielles, puis des voitures invitées, puis des voitures de presse jusqu’à ce qu’il ne reste plus derrière que la voiture… Balai.
Avec mon Wallon, on rattrape un autre belge. Nous sommes maintenant seuls au monde dans la campagne la plus paumée de France. A part les dossards et l’étrange minibus qui nous accompagne, qui nous rappelle à chaque coup de pédale qu’on est bon derniers, il n’y a personne. Et quand il y a des gens, on se sent encore plus mal, malgré tous les “ils sont pas loin!” qu’on peut entendre autour. Après 20 kilomètres de galère loin, très loin de la vraie course à l’avant, je m’arrête, épuisé.
Une leçon à retenir : pour ceux qui se le demanderaient, prendre le départ d’un Tour du Valromey avec deux entraînements dans les jambes, c’est effectivement suicidaire.
1. Rolland Loic (FRA, EC St Etienne Loire)
2. Touquet Joren (BEL, Lotto Cycling Team)
3. Thévenot Guillaume (FRA, Pôle la Roche sur Yon)
4. Dupras Théo (FRA, CR Rhône Alpes)
5. Guillaume Théo (FRA, CD Haute Savoie)