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#26 1.1 UCI Tour du Valromey étape 2
#26 1.1 UCI Tour du Valromey étape 2

#26 1.1 UCI Tour du Valromey étape 2

Au lit de bonne heure, et de nouveau d’attaque le lendemain malgré un sacré mal aux jambes quand même… Je commence à angoisser quant à ce qu’il en sera dans trois jours, car à ce rythme là je ne tiendrai jamais jusqu’au bout… Sans doute le manque d’entraînement.
Etape 2. Rumilly – Armix, 91km
La première étape difficile, mais il reste encore un peu de plat par-ci, par-là. Les premiers kilomètres empruntent les gorges du Val de Fier pourtant en… Travaux mais ouvertes exceptionnellement pour nous (c’est gentil…) puis la suite, je la connais bien puisque on retrouve les routes du Tour du Pays de Seyssel (les routes plates) jusqu’à Conjux, pied du premier col du jour, un 1re caté en 3 paliers, sur 8km. Une longue portion de plateau puis la descente avant de retrouver Belley, puis un peu de vallée jusqu’au pied de la montée finale, jusqu’au hameau d’Armix, perché au sommet d’un hors catégorie de 6km.
Comme la veille le long fictif se résume à une bataille de coups de coudes. Je commence à comprendre que ça ne sert pas à grand chose et je compte la jouer fine pour entrer bien placé dans les gorges : j’ai repéré le parcours et si la route est fermée en temps normal, ce n’est pas par hasard ! Quelques hommes parviennent à prendre une avance temporaire pour se disputer le premier point chaud mais le peloton est nerveux et agité. Pour ma part je gère mal mon coup et me retrouve absorbé par une vague juste à l’entrée du passage sensible. Nous y voilà, un feu de signalisation temporaire et des plots jusqu’à la moitié de la chaussée puisque l’autre partie de la route est .. Ensevelie ! Nous faire passer ici c’est vraiment une connerie sans nom. C’est une longue descente irrégulière de 5km, en virages plus ou moins serrés et refermés, entre des tunnels et des ponts. Bien entendu les mieux placés ne peuvent s’empêcher de descendre à fond. Ce qui ne m’aurait pas dérangé si j’étais de la partie mais je me trouve plutôt embourbé dans l’estomac, la partie centrale du long serpent qui dévale la pente de plus en plus long, de plus en plus étiré… Chaque virage se resserre, ça sent le caoutchouc cramé du début à la fin. Par miracle tout le monde s’en sort, certainement parce que tout le monde était prudent, heureusement.
Je tente de sortir dès la fin des gorges. Pendant que le peloton se regroupe et que tout le monde reprenne ses esprits. Un petit groupe se forme avec quelques belges, des savoyards ou autres vendéens. Je crois un temps que cette échappée est la bonne dans la mesure où on dépasse les dix secondes, mais les belges ne coopèrent pas. L’échappée avorte après quelques kilomètres. Je me jette alors dans quelques coups, puis je renonce et c’est comme d’habitude à ce moment qu’un groupe se forme pour de bon. Un gros groupe, comme la veille, une dizaine puis bientôt une vingtaine. Passe une quinzaine de kilomètres et à coup d’attaques et de contres, on se rapproche très près du groupe d’échappée. Je choisis de tenter de faire la jonction seul et j’y parviens rapidement puisque devant ça ne roule plus. Nouvel effort inutile donc. Le peloton se présente groupé au pied du premier col du Tour du Valromey.
J’entame le col dans les 30 premiers. Relativement mal placé. Je me sens bien et il me convient pour le moment, je décide donc de remonter devant puis même, emporté par mon élan, de placer un ou deux démarrages. Il y a tout le temps quelqu’un pour coller à la roue. On bascule sur un replat après ces deux premiers kilomètres, c’est le moment que je choisis pour en remettre une mais toujours sans effet. C’est maintenant que tout mon Tour du Valromey va basculer dans l’autre sens sans jamais de retour en arrière.
Les pentes repartent de plus belle, le rythme aussi. Cette fois je n’agis plus je subis. Nous voilà de retour à la normalité ! Je rétrograde, le cardio reste bloqué à plus de 200, là ça ne trompe pas. Je lève la tête, je vois Rolland mettre un flingue, je rebaisse la tête tout de suite. Je me bats dans tous les sens pour basculer. Je lâche. Quentin Charles à côté de moi fait l’effort pour recoller, je me force à faire pareil. Je suis le dernier à basculer dans la descente avec quelques mètres de retard sur le gros du peloton.
C’était le 2e replat, restent encore maintenant deux autres kilomètres. Les plus dures, autour de 8%, et surtout les pires, tout en ligne droite. Je me lance dans une longue bataille avec moi-même : j’avais repéré le parcours, mais la ligne droite étant tellement longue et ma vision tellement vague, je n’ai plus aucune notion de distance. Je tiens assez longtemps, et pas mal de monde saute avant moi. Pourtant je suis tout le temps à deux doigts de me faire aspirer par le gruppetto derrière. Je vois le panneau GPM 1000m. Je suis dans les clous même si voir plutôt le panneau 500 m’aurait un peu plus réjoui. Il arrive bientôt. Je n’en peux carrément plus. Je relâche la pression quelques mètres plus loin, la bascule est juste là, les parents y sont tous, je me bats pour perdre le moins possible et tente de relancer. Je suis à à peine 30 mètres de la queue du groupe sur la ligne du GPM mais je ne le reverrai jamais.
Après cette fameuse ligne, feinte de descente mais non en fait, ça remonte encore. L’écart grandit, grandit et les faux-plats s’enchaînent. Devant ça s’étire ce qui n’est jamais bon signe, et là pas d’exception. Au bout de 5 minutes de chasse et après m’être fait gentiment passer par les voitures de la direction, je me relève et attends le groupe suivant. Cette attente dure une éternité. Quel temps perdu ! On ne rentrera jamais. Et toujours pas de voitures… Pour cause, un groupe finit par me rejoindre après au moins 5 autres minutes en roue libre. Il y a là au moins une trentaine de coureurs. J’en reconnais pas mal, mais pas de pointures, ça me fait un peu chier d’être là. Je décide donc de faire grupetto, je compte mes coups de pédale. Les faux plats se terminent par une descente salvatrice, puis bientôt le retour à des portions où il faut pédaler. Un second GPM qui n’a rien à voir avec le premier, un petit kilomètre qu’on ne sent pas passer. Belley, puis le second GPM un peu plus long et plus dur. La route est fraîchement humide et le temps extrèmement lourd. Dans le gruppetto c’est calme certes et encore, il y a toujours quelqu’un pour rouler ; mais surtout qu’est-ce qu’on s’emmerde ! plus jamais ça. Le mieux, c’est encore dans les dernières parties roulantes jusqu’au pied du col où pas mal de coureurs, les belges avant les autres, ont l’idée de… Mettre des sacs ! moment magique : des échappés se forment, se déforment, certains roulent et d’autres ne veulement pas. Le comble… C’est que finalement toutes se font reprendre. Pendant qu’ils s’amusent j’attends sagement le col, et dès le pied, je monte à ma main jusqu’en haut.
A l’arrivée, malgré le gruppetto, les jambes tirent encore plus que la veille. Je me demande ce que ça aurait été si j’avais basculé devant. Demain on annonce les orages, et quelques jolis cols paraît-il…

1. Carnevali Jean-Albert (BEL, Veranda Willems)
2. Callaou Yvan (FRA, Comité d’Auvergne)
3. Guillaume Théo (FRA, Comité de Haute-Savoie)
4. Deslandes Wadim (FRA, Pôle la Rôche sur Yon)
5. Madlener Manuel (GER, Ghost Team Stuttgart)