自転車で地域&人づくり
#23 1/2/3/J Foissiat
#23 1/2/3/J Foissiat

#23 1/2/3/J Foissiat

Sur ma lancée, je prends la direction de Foissiat le lundi, soit deux jours après la Commentryenne. Je retrouve sur le vélo mon directeur sportif de samedi, Aymeric Brunet, comme seul coéquipier. Je connais bien cette course pour y avoir participé l’an dernier sous mes couleurs de Pierre Bénite, avec une petite 28e place. J’avais pourtant réglé le peloton, autant dire qu’il avait s’agit d’une course de mouvement, mais je retiens surtout un gros souvenir d’une échappée de 20 kilomètres avec Warren Barguil, où pour la première fois, je prenais conscience de ce qu’était vraiment le très haut niveau… Cette année le plateau est correct aussi, avec des hommes en forme comme Zydrunas Savickas et Frederic Brun pour emmener la forte délégation de Bourg en Bresse, ainsi qu’un petit effectif de Charvieu, de l’AC Bisontine, du Team Vulco ou de l’EC Saint Etienne, ainsi qu’un certain nombre d’individualités.
Je m’attends comme l’an dernier à une course de mouvement dès le départ, rapide ; ce sera le cas, et en confiance après ma belle performance à Commentry et surtout ma belle lecture de course, je ne raterai pas la bonne échappée lorsqu’elle se formera après une trentaine de kilomètres. Une échappée très conséquente qui se forme à demi à l’usure, à demi au culot ; à la bascule d’un petit raidard très court où fatigués par la guerre incessante, plusieurs coureurs ont laissé une cassure, de laquelle j’étais. L’écart s’est creusé rapidement et malgré le nombre de coureurs qu’elle comptait, l’échappée s’est vite entendue d’elle-même, tout le monde a passé son quota de relais et elle a rapidement assuré le champ suffisant pour ne plus être en point de mire du peloton.
Aymeric Brunet, fidèle à lui-même, n’a pas raté le coche. Les deux seuls représentants du club ont donc intégré l’échappée. Ils doivent cependant faire face à une très forte délégation bressanne avec leurs deux leaders, Brun et Savickas accompagnés par Pierre Chevalier et Clément Dornier, ainsi qu’aux équipes de Charvieu et le l’AC Bisontine, présentes en nombre avec notamment Bonnefoy, Fayolle, Poulard pour l’une et Colombatto, Sylvain Rolland et un troisième pour l’autre. Clément Venturini et Julien Liponne sont les seuls représentants des deux autres DN, le Team Vulco et l’ECSEL. Le Vélo Club Dolois a lui aussi placé deux coureurs dans le coup. D’autres individualités se sont glissées dans le groupe, pour un total d’environ 20 coureurs, un groupe très conséquent donc.
Du fait de la distance assez importante, 136 kilomètres, il y a un long laps de temps pendant lequel personne n’a intérêt à dilapider ses forces à rouler puisque l’écart est assuré avec le peloton, mais pas non plus à attaquer si tôt, les relais deviennent donc plus hétérogènes, plus retenus, et surtout plus redoutés. Sur un tel groupe, certains sont forcément tentés de rouler un peu moins, mais dans l’ensemble, le groupe reste très homogène et tout le monde participe malgré tout à sa marche en avant, sans trop de retenue.
La première rupture interviendra à 4 ou 5 tours de l’arrivée, lorsque les grosses écuries comme Bourg en Bresse commencent à vouloir recasser le groupe pour en tirer un meilleur avantage numérique. L’étau commence à se resserrer très doucement : il faut désormais être vigilant à tout instant pour ne pas se retrouver dans la mauvaise cassure. C’est une situation délicate à gérer car le danger peut venir de n’importe où. Bien malin qui est capable de deviner quel coup sera le bon, tout comme quelle cassure peut s’avérer irrémédiable. La différence tient parfois à très peu de chose : il suffit qu’un coureur prenne la poursuite à son compte pour qu’une minuscule cassure soit très rapidement effacée, mais si personne n’occupe ce rôle, le moindre petit écart peut tout à fait s’avérer fatal. D’un autre côté, personne n’a intérêt à faire l’effort plus qu’un autre. Le jeu des équipes vient largement amplifier ce phénomène, c’est pourquoi notre tâche avec Aymeric consiste à toujours avoir l’un de nous deux dans le groupe de devant, l’idéal étant bien sur d’y être tous les deux.
Jusqu’à trois tours de l’arrivée, l’élastique tend plus ou moins, mais jamais ne casse. Mais sur une attaque parfaitement similaire aux autres, un groupe de 4 coureurs crée un écart plus important, avec Benjamin Billot du VC Dolois, Julien Liponne et deux coureurs de la BAC. Ce qui signifie que plusieurs des grosses écuries sont représentés et se trouvent donc dans une posture très avantageuse. Mais ce qui signifie également que d’autres ne le sont pas, à l’image de Charvieu ou de l’AC Bisontine, qui ne savent pas pour le moment sur quel pied danser. Le problème, c’est que la distance qui nous sépare de l’arrivée diminue, en même temps que l’écart avec le groupe de tête augmente. Il atteint un peu plus de trente secondes avant de se stabiliser. Lors du passage à la cloche, alors que l’écart est inchangé, je pense que l’échappée a course gagnée. Il n’y a aucune raison que l’échappée perde du terrain, plus que les deux tours précédents. Lorsque j’aperçois Julien Liponne attaquer franchement ses trois compagnons un peu plus loin, je commence à penser qu’au vu des enjeux tactiques, la situation peut encore s’inverser. Je ne me trompe pas : l’Amicale Cycliste Bisontine engage enfin une poursuite franche, sous l’impulsion surtout de Laurent Colombatto qui ne compte pas ses relais. Un coureur du Vélo Club Dolois les soulage largement puisqu’il prend à lui seul au moins l’autre moitié des relais. L’écart fond comme neige au soleil, mais sur le moment, je ne le mesure pas. Au moment où un groupe de contre décisif se forme, c’est Aymeric qui flaire l’arnaque le premier, alors que de mon côté, j’avais tenté de sortir plusieurs fois peu de temps avant. Je considère alors que je n’ai plus à collaborer car Aymeric me semblait encore frais, impression qui se confirme lorsqu’à deux kilomètres de l’arrivée, j’aperçois le contre reprendre l’échappée, à peine 100 mètres devant notre groupe. Tout se tient finalement dans un mouchoir de poche ! Ca semble tout de même malheureusement trop tard pour nous… Je suis bien décidé à faire la meilleure place possible tout de même, et à vendre cher ma peau sur un beau sprint qui me convient. Je me fixe sur Clément Venturini qui devrait être le plus rapide du groupe. Je vire à 200m de l’arrivée en 2e position et déborde rapidement le coureur qui me précédait. Le reste de l’échappée est à portée de pédales, mais c’est trop tard… Je double un coureur qui était à l’avant, déjà une place de gagnée. Un autre coureur du VC Dolois me voit fondre sur lui et se remet en danseuse, pour sauver sa place in extremis, je ne parviens pas à le remonter. Aucun des coureurs de mon groupe de départ ne me double avant la ligne. Avec 7 coureurs à l’avant, un repris sur le fil, je termine donc 7e.
Quelques regrets lorsque je constate que j’étais le plus rapide… Derrière, mais à l’avant, le coureur dolois qui a beaucoup roulé pour reprendre l’échappée voit ses efforts récompensés, puisqu’il l’emporte sur Frédéric Brun, et Aymeric ne peut faire mieux que 4e. Il n’était pas si bien que je le pensais, et effectivement, il aurait mieux valu certainement que les positions soient inversés. Malgré tout avec deux coureurs au départ le club en place deux dans les 7 premiers… C’est une bonne performance, même si j’espérais un podium, et sachant que la victoire aurait, dans des conditions plus favorables, peut-être été envisageable.
 Je retiens tous de même de cette course plusieurs points positifs : je crois que j’ai pris le coup en première catégorie. J’ai eu une excellente lecture de la course les deux jours et surtout, j’ai pris une confiance en moi énorme sur ce point là. Je ne me retrouve plus avec ce temps de retard qui me poursuivait presque toujours jusqu’à maintenant. Je me suis fait aussi très plaisir à courir de nouveau pour la gagne face à des coureurs expérimentés, qui savent courir et pour qui le vélo n’est pas un jeu. Un week-end très positif, j’espère avoir fait regretter à Julien Thollet, notre conseiller technique régional, ses choix pour la sélection de la classique des alpes, de laquelle j’ai été écarté… Je pense avoir pris du recul par rapport à cette décision et avoir réagi de la meilleure des manières.
La première moitié de saison s’achève sur ce beau week-end. Maintenant, place à la seconde partie, avec le Tour du Valromey et surtout les Championnats de France dans le viseur !