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#21 CNJ Tour du Pays d’Olliergues étape 2
#21 CNJ Tour du Pays d’Olliergues étape 2

#21 CNJ Tour du Pays d’Olliergues étape 2

Le matin, nous sommes réveillés dans notre chalet perché sur le col de la Loge par une pluie battante, sans surprise. Le moral n’y est pas trop, mais la détermination à réussir prend largement le dessus. Avec une météo pareille, l’expérience et la lucidité vont peser beaucoup plus lourd dans la balance, et après mes expériences sous la pluie comme l’an dernier aux Boucles de Seine et Marne je sais qu’il ne faut pas la prendre à la légère, surtout sur une course d’une telle envergure.


Je décide donc de déclencher le plan débluge/orage de grêle, avec casquette, gants de plongée, sur-chaussures de pluie, chasuble, manchettes et k-way dans la poche. Massage à l’huile camphrée avant le départ pour éviter de retrouver les mêmes sensations que sur la flèche ardéchoise où la pluie m’avait tétanisé. Je n’ai pas le temps de m’échauffer sur home-trainer malhereusement. Il faut rejoindre le sas de départ pour le contrôle des braquets puis la présentation des équipes sur le podium, avant une longue attente sur la ligne de départ. Comme souvent nous faisons le choix d’arriver dans les derniers, ce qui nous vaut toujours bien entendu d’être loin derrière au départ. Je me tiens prêt à remonter le plus de monde possible dans la portion fictive, le but étant d’être tout de suite placé pour aborder la descente que je sais sinueuse et la route mouillée, les pneus des 2/3 du peloton certainement trop gonflés et de nombreux téméraires prêts à en découdre dès le premier des 136 kilomètres de course.
Le départ fictif est donné, il faudra attendre un bout de temps avant de rouler à notre tour et de passer la ligne de départ pour tous ceux qui partent derrière. Dès que c’est le cas, il faut partir en sprint, car les coureurs précédents mettent toujours plus de temps à enclencher leur pédale et doivent tout de suite boucher le trou, sous peine de se faire doubler par tout ceux qu’une place plus avantageuse intéresse, ce qui concerne beaucoup de monde. C’est la guerre des nerfs, il faut être agile, prendre des risques, une drôle de course qui s’engage avant même le lever du drapeau. Après plusieurs centaines de mètres, je profite d’une ouverture sur le trottoir à gauche pour remonter une bonne moitié du peloton, après avoir évité in extrémis la collision avec une poubelle et deux réverbères. Je profite ensuite des virages à droite pour prendre plein extérieur et remonter ceux qui prennent un peu trop l’intérieur, si bien qu’après deux bons kilomètres, je me retrouve idéalement placé en deuxième ligne. Paul dans ce cas est un excellent point de repère, puisqu’il part systématiquement dernier et remonte en première ligne à tous les coups, sans jamais emprunter les bas côtés. Je me bénis intérieurement d’être déjà bien parti, si on peut le dire ainsi puisque le départ réel n’a pas encore été donné. De toute façon, la route est trop étroite et à l’avant le groupe est trop compact pour que d’autres puissent me déloger de ma place.
Le départ réel est donné au niveau de l’épingle à l’extrémité est du circuit, au niveau du point le plus élevé. Mathématiquement, ça ne peut donc maintenant plus que descendre et ce, sur une route étroite et détrempée avec peu de visibilité. Dès les premiers tours de roues, je ne me sens pas à l’aise du tout sur la chaussée détrempée. Ce qui me panique, ce n’est pas la peur de me tromper de trajectoire ou de perdre l’adhérence, c’est le comportement des autres coureurs, qui semblent ne rien maîtriser du tout, qui n’ont d’ailleurs pas du tout l’habitude de descendre pour la plupart. A chaque trajectoire un peu tendue, des roues chassent et si tu n’as pas de chance, c’est à côté de toi. Beaucoup ne peuvent pas s’empêcher de te couper la corde dès qu’ils le peuvent, ce qui s’avère extrêmement dangereux sur des routes pareilles avec des virages qui se referment. Ma prudence me pousse à laisser une distance avec le coureur qui me précède, mais je mets peu de temps à réaliser que c’est même encore plus dangereux, dès qu’une grosse grappe de coureurs en profite pour s’y incruster, non sans chaque fois me causer un paquet de frayeurs. Je reste extrêmement concentré jusqu’au Brugeron, où après une portion moins raide où l’agilité et la prise de risque sont moins importantes, on retrouve une portion descendante, et les fous-furieux sont de retour.
Je navigue en 30 ou 40e position. Difficile de le dire, je ne me suis pas arrêté compter, ni retourné pour constater de ce qui se passait derrière. J’appréhende le prochain croisement, aux Mines, qui nous dirigera vers une nouvelle route étroite par un virage à angle droit, immédiatement après une ligne droite très rapide. Je l’appréhende mal, puisque je freine de nouveau un peu tôt et une dizaine de coureurs en profitent pour s’engouffrer comme des fous à la corde, mettre un gros coups de patin car ils ne reconnaissent pas le croisement, et repartir de plus belle pour boucher le trou qu’ils ont laissé. Ca ne manque pas, un premier virage passe correctement mais le second se refermait, et un alsacien qui glisse le premier emmène le reste des coureurs qui le suivaient au sol avec lui. Juste à côté, je n’y échappe pas. Je me relève tout de suite, tente d’enjamber le mur humain qui se dresse devant moi, m’y prend à plusieurs fois avant de trouver une ouverture, et de relancer en perdant le moins de temps possible.
J’ai géré cette situation avec beaucoup de sang-froid, je m’y étais préparé. Dans l’affaire, j’ai remarqué le maillot jaune de leader du général d’Elie Gesbert au sol avec nous et plusieurs de ses coéquipiers. Je ne m’affole donc pas, je connais la topographie des lieux et je sais qu’il y a un petit kilomètre de remontée d’ici très peu de temps. Secondé par Quentin Le Gall, Gesbert emmène le groupe et relance dès qu’il aperçoit la première moitié du peloton, au détour d’un virage plus bas. Je reste calé en 4 ou 5e position sans faire d’effort, dans la mesure du possible. Après quatre bon kilomètre de chasse à prendre du vent, on retrouve enfin la toute fin de peloton, qui ne compte ainsi plus que 60 ou 70 coureurs. Dans l’idéal, il faudrait remonter le plus vite possible pour éviter de se faire piéger de nouveau, mais les risques à prendre sont trop importants pour remonter les coureurs simplement un à un. Un peu plus bas, alors que je temporise un peu pour me remettre de ma première partie de course, une autre chute se produit dans une longue courbe sur la droite, avec encore une fois le maillot jaune de Gesbert qui semble décidément très mal à l’aise. Anticipant le nouveau bouchon que celle-ci va créer, je coupe en plein milieu du virage sur mon vélo, roulant tantôt dans l’herbe tantôt dans une partie sablonneuse dans laquelle je menace de m’enfoncer. Je reste sur le vélo avec succès, ne crève pas, et repars exactement à la position que j’avais quitté. Un coup pour rien mais un épisode anecdotique dont je me souviendrai des images. Toujours et encore, le peloton s’étire à la faveur de l’enchaînement des virages, des coups de patins des moins à l’aise, des relances à chaque portion montante. Mais cette fois-ci, devant moi en tout cas, l’élastique ne casse plus et nous nous présentons au pied de la descente en un seul et unique gros groupe compact.

A l’exception de deux coureurs que j’aperçois au loin, et que je démasque sans peine : Dylan Kowalski et surtout Paul Sauvage, toujours aussi surprenant d’aisance aussi bien quand ça descend que quand ça monte. Si le peloton occupe de nouveau toute la largeur de la route, c’est parce que ça monte et plutôt raide, je mets du temps à retrouver mes points de repère, nous sommes dans la dernière difficulté du circuit, qui s’étend sur un bon gros kilomètre. Je ne suis plus du tout lucide et surtout, très inquiet pour la suite de la course, étant donné qu’on n’a même pas parcouru 30 kilomètres, et que le premier des quatre tours n’est toujours pas bouclé. Un timide “attention” venant de derrière me sort de mes pensées, et termine de me déprimer, puisqu’il s’agit de Gesbert qui remonte avec ses coéquipers sur la droite comme si la route était plate, pendant que je navigue tant bien que mal au seuil dans les derniers du peloton. Paul, Kowalski, Gesbert, je me dis que tous ceux-là font vraiment partie d’un autre monde, et que je ne suis définitivement pas fait pour ce sport à la con.
La bascule me fait un bien fou, et nous reprenons une dernière partie descendante, qui bientôt nous ramènera sur la route que nous avons emprunté une heure plus tôt, à l’occasion du départ fictif. Cette fois, la course est bien réelle. Déjà, la route remonte, et je me fais violence pour remonter où est ma vraie place, c’est à dire à l’avant. C’est du moins ce que je tente de me persuader à ce moment là. Je commence à me sentir un peu moins mal, et j’en tire comme conclusion que mon passage difficile un peu plus tôt n’était que conséquence des poursuites à répétition après les différentes chutes. Voilà un quart de la course de bouclé, plus que trois !

C’est à partir de ce moment là que je suis vraiment en mesure d’apercevoir la course en elle même. Les bretons ont repris les commandes du peloton sous les ordres de Gesbert, et avec le rôle de l’équipier parfait, Axel Gestin. Le rythme est donc des plus réguliers pour mon plus grand bonheur. Je peux apercevoir à l’ardoise les premiers écarts qui nous sont communiqués avec Paul et Dylan Kowalski, toujours moins d’une minute. Je me demande comment ils font pour rouler à notre allure en prenant chacun le vent en pleine face à chaque relais. Sur toute la portion montante, qui dure ici quatre kilomètres environ, on monte à une vitesse de 18-20km/h, très régulière, ce qui m’oblige à parfois remettre le gros plateau lorsque la pente devient moins importante. L’épingle en haut, que l’on retrouve après un tour de circuit entier, ne marque pas la fin de la pente finalement, je m’en rends bien compte maintenant. En fait, je constate que la montée se prolonge certes avec une pente beaucoup plus clémente, presque jusqu’à Saint-Pierre-la-Bourlhonne et le passage sur la ligne d’arrivée du contre-la-montre de la veille, soit pendant 3 gros kilomètres encore. C’est, pour moi, sur cette portion que la course est amenée à basculer. Je fais toujours l’effort de rester placé dans le top ten du peloton, car c’est d’ici que l’on peut voir la course, jauger ses adversaires, constater de l’écart et éviter les pièges. La course reste en statut quo jusqu’au basculement dans la descente, où Quentin Jauregui tente de créer un écart avec quelques autres coureurs. Une tentative timide, contrée plus bas par Romain Faussurier, qui à la faveur d’une descente beaucoup plus rapide que le peloton, se rapproche très vite des deux hommes de tête pour les rejoindre après la bascule de la dernière bosse d’un kilomètre. Dans le peloton, du fait de l’écrémage ou de mon placement avantageux je ne sais pas, aucun incident n’est à déplorer et la descente se fait beaucoup plus sereinement, les coureurs ne viennent plus frotter pour récupérer une misérable place un ou deux rangs mieux placés. L’écart nous est d’abord annoncé en deux temps, puis bientôt en un seul temps, signe que Romain a fait la jonction à l’avant. A la mi course, sur trois échappés, on retrouve deux Rhônalpins ! Carton plein pour nous, sachant que les six autres sont en embuscade à mes côtés, tous placés dans les 20 premières positions.
Après une première moitié de course sous une pluie relativement “modérée”, l’intensité redouble par la suite pour offrir une vraie sélection. Dans la montée de ce tour, Axel Gestin abat un travail phénoménal, et sous sa seule direction, le peloton se retrouve réduit à une petite quarantaine d’unités. Tous les autres sont passés à la trappe. Pour ma part, j’en suis encore, et le principe d’économie mis en place depuis le début porte peu à peu ses fruits, je me sens de mieux en mieux. La distance sera un atout pour moi aujourd’hui.
 

Tout à coup, à l’épingle au sommet du petit col, Gesbert place une attaque très violente. Il faut réagir tout de suite, tenter de le contenir. Je prends la roue de ceux qui le suivent, je ne le lâche pas, tente de prendre un bidon au vol et le rate. Il n’a pas réussi à sortir. D’autres coureurs tentent de le contrer, je prends parfois leur roue mais commence à accuser le coup dans cette grande bagarre. C’est la première fois depuis le début que les offensives volent dans tous les sens ainsi. Je ne suis pas assez fort pour tenter ma chance franchement et faire la course à l’avant, je dois patienter encore un peu. Les autres rhônalpins en font de même, et nous parvenons plutôt pas mal à neutraliser l’ensemble des coups sur cette portion montante. Lorsque la bataille fait rage encore plus fort, juste un peu plus haut, j’atteins mes limites. Je rétrograde très dangereusement, décroche même un court instant et à la faveur d’un petit répit, recolle aux roues tout en me promettant de ne plus décrocher. Plus que trente coureurs à peine dans ce peloton. A l’avant, je crois qu’un coureur a réussi à trouver l’ouverture, il s’agit du midi pyrénéen Achille Métro. Dans la bagarre, nous reprenons d’abord Romain, qui contrairement à moi ne trouve plus la force de s’accrocher. Un peu plus loin c’est Paul que nous reprenons, mais lui semble bien plus fringuant et il reste placé dans les premières positions. Reste donc à l’avant Kowalski et Métro. Le bilan est simple à tirer : plus de rhônalpin. Eux-mêmes l’ont vite compris et au début de la descente, un coup sort exactement au bon moment avec Quentin Jauregui, Lérémy Lecroq et surtout Loic Rolland, Nans Peters et Benjamin Jasserand ! J’aurais pu faire le saut de puce, à ce moment là, alors que j’avais flairé l’arnaque à temps mais la présence de déjà trois rhônalpins dedans me pousse à ne pas réagir. Les deux groupes fusionnent dans la descente et on retrouve donc 7 coureurs en tête et ainsi, la situation retombe en faveur du comité Rhône Alpes.
Pour trouver l’ouverture, il va donc falloir attendre encore un peu. L’avance de ce groupe monte à 40 puis 50 secondes mais l’absence remarquée des bretons me fait penser que d’autres retours à l’avant sont encore possibles. Gestin, encore et toujours lui, abat un travail remarquable pour Gesbert et même avec le poids des kilomètres, continue à imposer un rythme régulier qui nous assure de rester dans les temps pour la gagne. Dans la quatrième, et dernière ascension du col, je me décide à rester placé cette fois, prêt à me battre lorsque Gesbert placera son attaque et que le reste du peloton volera en éclats.

Mais ce n’est pas ce scénario qui se produit, et je comets là ma plus grosse erreur de la journée. Je suis surpris par son attaque, peu avant l’épingle cette fois. Félix Pouilly et Paul qui était à mes côtés, eux, sautent immédiatement dans la roue du breton. Avec un temps de retard, je coupe mon effort, afin de laisser à Paul l’ouverture, qui semble toujours être aussi frais. Les trois coureurs s’en vont irrémédiablement, sans réaction à l’arrière, et certainement pas de Gestin, qui lui a fini son travail. Je me retrouve piégé, il faudrait réagir. D’autres attaques fusent et je peine à répondre à toutes. Je suis cependant bien mieux qu’au tour précédent. Je commence à me rendre compte de la force qu’il me reste alors qu’il est déjà trop tard. J’ai été beaucoup trop prudent, après mes difficultés du tour précédent. Il faut alors à tout prix que je trouve l’ouverture. Il y en a de partout dans la portion qui rejoint Saint-Pierre-la-Bourlhonne, ceux qui attaquent, ceux qui lâchent, des grappes de niveau qui se forment. Je suis entrain de remonter dans la hiérarchie, petit à petit. Le groupe le plus en avant, celui de Kévin Goulot, Damien Roz et Lucas Bleys, sera le seul à parvenir à établir la jonction avec le groupe maillot jaune, duquel est parvenu à s’échapper Loïc Rolland. Ce groupe, on l’aperçoit souvent dans la portion descendante, à même pas 20 secondes devant ! Un peu trop tard, je décide de jouer l’offensive. Avec l’aide de Gaetan Huck, Serkan Olgun et Cédric Pla, je parviens à creuser un écart. On s’entend plutôt mal, les relais ne tournent pas bien. J’en suis un peu coupable. En fait, au moment où j’écris ces lignes, je m’en veux tellement de ne pas avoir joué l’offensive à fond, que je veux en oublier qu’en fait, je ne prenais pas mes relais, soi disant pour ne pas revenir sur tous les rhônalpins à l’avant… Une grosse erreur, qui me coûte le top 10. Florian Moine, que je suis sensé épauler aujourd’hui, l’a bien mieux compris que moi et il trouve l’ouverture en compagnie de Cédric Pla qui met toute son énergie à tenter de s’échapper. Bien leur en prend, puisqu’après avoir repris Nans Peters peu avant le sommet et Dylan Kowalski dans les 10 derniers kilomètres, ils iront chercher les 10 et 11e places. Ce sera le dernier groupe à trouver l’ouverture. Derrière, il n’y a plus personne pour mener le rythme. A part Romain qui a abandonné, les autres rhônalpins étant tous à l’avant, il ne reste avec moi plus que Nans qui est très entamé de ses nombreuses échappées et Thomas Bouvet limite et peu à l’aise sur le mouillé. Je suis donc celui qui devra tenir la baraque.
Il me reste de la force, au bout de 130 kilomètres, et je ne sais plus du tout quoi en faire avant le final. Mes réactions, à cause de la distance et de la pluie, sont difficiles à prévoir. Je place donc quelques attaques, trop molles et sans trouver l’ouverture. A force de faire toujours l’effort, je passe pour l’homme à battre parmi ceux qui sont restés à l’arrière. Il ne reste plus beaucoup de temps pour forcer la décision. L’arrivée, située en contrebas du circuit, se trouve immédiatement après une descente extrêmement irrégulière, étroite et carrément dangereuse, J’en profite pour un coup de gueule aux organisateurs qui n’ont pas conscience des risques qu’ils nous font prendre, pour une course d’envergure aussi importante ! Tout le monde est donc déjà sur les freins mais les places ne se feront pas totalement à la pédale, je ne sais pas s’il faut donc anticiper en profitant de ma force, ou attendre le dernier moment. Dans le doute, je fais un peu des deux. J’attaque peu de temps avant de tourner sur la petite route et de plonger dans la descente. Je rate mes deux premiers virages, je suis trop prudent. C’est du chacun pour soi, maintenant. Je reste placé malgré tout, et profite d’une portion où ça remonte un peu pour me caler dans les trois premiers. J’ai les jambes dures. Dans peu de temps, nous passerons sous la flamme rouge, pour plonger vers l’arrivée par toujours la même petite route et des pentes ahurissantes. C’est à celui qui freine le plus tard. Plus personne n’a de patins. Je freine trop tôt et quelques coureurs me passent. Je laisse un trou. Gros virage en équerre. Je perds encore quelques places. En bas, il reste 400 mètres, je tente de virer le moins mal possible. Je relance fort, je me retrouve sur la portion qui m’avantage maintenant, je dois remonter le plus de monde possible. Certains sont trop loin, irrattrapables, mais d’autres, comme une petite grappe avec Nans Peters, Mathias le Turnier, David Rivière et Wadim Deslandes, sont à ma portée. Je recolle à la queue de ce groupe aux 200 mètres et parviens à remonter les quatre coureurs in extremis.

Je temine au final à la 17e place. Notre groupe arrive à 1’11 de la première place. 50 abandons et seulement 40 coureurs en moins de 10 minutes… A l’arrivée, je suis satisfait de moi. Je pense qu’au départ, j’aurais signé pour rentrer dans les points. Seulement voilà, avec le recul, je sais que j’étais beaucoup mieux que prévu, et à force de me persuader que je n’étais pas au top, je me le suis ancré si profond dans le crâne que j’ai couru sur la défensive pendant toute la course… Il aurait fallu lâcher les chevaux dans le dernier tour. Résultat, il me restait de la force dont je n’ai pas su que faire. C’est quand même bête sur un chantier sous le déluge de 136 kilomètres… Loic Rolland décroche la victoire en solitaire pour le comité, Paul 4e, Ben 7e, Florian 10e, moi 17e, Nans 18e et Thomas 23e. Le comité rhône alpes en écrasant cette manche de A à Z prend la tête du challenge national et ne la quittera pas.
Je marque quelques points, mais trop peu. Je descends à la 15e place du classement général du challenge. Je serais encore dans le top 10 sans les chronos mais malheureusement, ils font partie du jeu. Je ne marquerai pas d’autre point avant les championnats de France car je ne suis pas retenu à la Classique des Alpes mais je devrais avoir assuré ma sélection d’office.