自転車で地域&人づくり
#2 1/2/3/J Bohas
#2 1/2/3/J Bohas

#2 1/2/3/J Bohas

Pour la reprise en région Rhône-Alpes, et contrairement à la majorité des juniors de la région, nous avons opté pour la course de Bohas en première catégorie. Malgré tout, le plateau n’est pas très relevé et tourne autour des équipes B des clubs de Bourg en Bresse et Vaulx en Velin. Tout le monde s’accorde à dire que le bon coup va partir rapidement, la consigne est donc de ne pas louper les premières tentatives, surtout si les deux clubs de DN sont bien représentés.
Je suis de nouveau relativement mal placé sur la ligne de départ, par conséquent comme la semaine dernière, je dois fournir un effort rapide pour remonter ou du moins, ne pas perdre trop de temps sur la tête du peloton qui s’agite déjà. Un premier groupe se forme d’entrée au sommet de la petite côte du parcours, et lorsqu’on bascule, je lève les yeux pour apercevoir les 400m qui m’en séparent déjà. Je profite que ça temporise un peu pour remonter dans le premier tiers, avant que l’on emprunte la portion la plus sinueuse et étroite, à l’abri du vent dans un petit bois. Ici, les virages s’enchaînent et n’en finissent pas d’étirer de nouveau le peloton. On atteint ensuite Bohas par une descente dangereuse, et c’est à cet endroit que je retrouve enfin la tête de peloton, et me glisse de suite dans un groupe d’attaquants. L’arrivée ne s’effectue pas à Bohas, mais au terme d’une longue portion plate en arrivant sur le petit bourg de Meyriat, 2-3km plus loin. Dans mon groupe qui peine à s’organiser efficacement, les forces sont assez équilibrées, puisque sont présents deux coureurs de Bourg, un coureur de Vulco et un de Montmeyran. Cela ne devait pas convenir à Vaulx-en-Velin, puisque peu de temps avant l’arrivée, la jonction s’effectue, et tout est à refaire lors du 2e tour.
Je me dis alors que si ce n’est pas parti cette fois, c’est que ça ne va pas tarder ; et qu’il faudra être devant à ce moment là aussi. Alors, au sommet de la côte, je me glisse dans la tentative suivante ; pas plus de réussite, puisque nous sommes encore repris après quelques petits kilomètres. Excepté Thomas que je remarque régulièrement dans les 20 premiers, sur ce début de course, je suis le seul Roannais à me mêler à la bagarre. Parce que les autres sont à bloc ? J’en doute fort… Je décide donc d’assumer le boulot à moi tout seul pour le moment, me disant qu’au pire si ça ne part pas, ils seront frais pour la suite. Je me glisse donc encore dans un coup à la sortie de Bohas, comme au tour précédent ; mais je commence à être limite, à ne plus récupérer des enchaînements d’efforts que je m’impose. Pourtant, nerveusement, je ne parviens pas à me résoudre à retourner au chaud, me refaire une santé. Je tiens trop à prendre le bon coup pour cela. Jusqu’au moment où, après 30 kilomètres d’attaques incessantes, je n’ai plus les forces de sauter dans toutes les roues, et je commence à subir, sans vraiment récupérer pour autant. Je crois que ma course est terminée, je me maudis d’avoir encore couru comme un cadet alors que c’est justement ce que je cherche à éviter à tout prix, et surtout je me dis que tous mes coéquipiers ont été intelligents, qu’ils ont maintenant un coup d’avance, et que l’échappée va sortir dès lors que tous les gros bras restés au chaud vont passer à l’action. Pourtant, un tour passe, puis deux, et au contraire les attaques se font de plus en plus rares, sans pour autant que le rythme ne baisse. La course semble se faire d’elle-même à l’usure, et à ce petit jeu, j’ai déjà pris un bon coup de retard. J’ai beau retourner la chose dans tous les sens, je ne vois pas comment renverser la balance à mon avantage…
Le tournant de la course aura lieu à 3 tours de l’arrivée, lorsque à la sortie de la bosse plusieurs groupes se forment à l’avant. Romain, qui jusqu’à maintenant et en dépit d’une crevaison avait encore une fois couru à la perfection, a fini par entrer en action ; et s’est glissé dedans tout comme Thomas. Pas de réaction derrière dans le peloton, et je remonte, verrouille dans un premier temps avec l’aide de Paul, puis saute dans la roue d’un coureur de St Martin d’Hères lorsque celui-ci tente de partir en chasse. Il roule, je ne le ménage pas, puis lorsqu’il a fait son travail, je lui place un contre et le laisse tout seul sur place. Je veux rentrer au plus vite sur le petit groupe de Thomas et Romain : ils sont à peine 100m devant moi, mais chassent derrière un autre petit groupe en tête de course. Je me rapproche tout près, à 40-50m, mais je ne peux pas en faire plus, je me suis mis dans le rouge, il s’en est fallu de peu.

Encore une fois, je me maudis d’avoir laissé toutes mes cartouches en début de course. Ce groupe semble être décidé à aller plus loin que les autres, pourtant. Mais lorsque je me fais reprendre par le peloton, et qu’au passage je peine terriblement à prendre la roue des premiers, je réalise qu’il manque un seul élément à ce groupe pour aller au bout : un coureur de Vaulx en Velin. En effet, le team Vulco a pris la course à son compte pour la première fois depuis le début, le rythme redevient régulier, constant. La lecture de la course est tout de suite plus facile, et pourrait de nouveau tourner à mon avantage : il n’y a plus que deux scénarios envisageables. Soit ils sont capables de verrouiller la course jusqu’à l’arrivée, auquel cas un sprint massif est fort probable puisqu’ils roulent pour Pierre Moncorgé qui reste au chaud dans les roues ; soit ils finissent par se faire déborder dans le dernier tour, et là ; il est fort probable qu’un coup puisse aller au bout. Et petit à petit en toute fin de course, je commence à retrouver quelques sensations, l’acide lactique à quitter progressivement mes pauvres jambes, en même temps que je me focalise sur un éventuel sprint. Je passe les deux dernières ascensions de la bosse sur le petit plateau. Je reste collé à la roue de Pierre, que je ne veux lâcher sous aucun prétexte.

Lorsque le dernier tour s’annonce, la course va enfin rendre son verdict. A l’amorce de la descente, ne sont en tête déjà plus que 3 coureurs de Vaulx-en-Velin. Mais lorsqu’on arrive dans la bosse, et moi bien placé pour la première fois de la course ici, ils explosent tous sous l’impulsion d’un coureur de Charvieu. Le peloton vole en éclat, à l’avant de la course les attaques sont nombreuses, de mon côté j’ai fait mon choix et je rétrograde un peu pour économiser mes forces. Dans la portion la plus vallonnée, Pierre est obligé de répondre lui-même aux accélérations, puisque seul Alexis Todeschini défend tant bien que mal le travail effectué par Vaulx jusqu’ici. Je me replace dans la portion la plus étroite en prenant quelques risques dans la descente : je suis beaucoup plus à l’aise en fin qu’en début de course à cet endroit. Me revoilà placé dans les 10 premiers à l’entrée dans Bohas. Je remarque qu’un homme a résisté au retour du peloton : Franck Brucci, le néo bressan en provenance du Creusot ; et au vu du rythme du peloton pour le moment, il conserve toutes ses chances. Fatalement, au fur et à mesure que l’on se rapproche du dernier kilomètre, le peloton s’affole, les coureurs remontent, et les écarts se multiplient.
L’arrivée déjà en vue à l’horizon, il reste un peu plus d’un kilomètre, sur une portion plutôt descendante. Ca roule assez vite, mais le peloton est tout à fait compact et je me suis fait piéger au milieu, je n’ai pas été assez réactif. Je dois vite choisir mon côté pour passer, si non je serai condamné à lancer mon sprint en retard, en supposant déjà que je parvienne à le lancer. Je choisis dans un premier temps la gauche, puis lorsque j’aperçois Damien Charreyron qui remonte sur la droite, je retraverse le peloton pour prendre sa roue. Je le déborde par le bas-côté, retourne prendre place dans les 15 premiers sur la gauche. A ce moment, j’ai pleine vue sur la ligne droite d’arrivée et le coureur bressan est toujours en tête, suivi d’un autre coureur. Il reste à peine 500m et à ce moment la porte est ouverte de mon côté. Je juge la distance encore trop élevée. Après coup, c’est une erreur : j’ai un braquet de 52*11, retrouvé de la force et à mon avis suffisamment pour tenir cette distance en descente. La porte se ferme donc, et je dois me frayer un nouveau passage. Le dernier virage sur la gauche à 50m de la ligne d’arrivée se rapproche à une vitesse folle : il faut que je passe. Le sprint est lancé. Puis j’ai l’ouverture à 150m de la ligne d’arrivée, c’est très près. J’écrase les pédales le plus fort que je peux. J’ai remonté beaucoup de coureurs, je suis le plus rapide sur le côté, je me décale à droite pour doubler Pierre, l’arrivée me fonce dessus, des coureurs partent à gauche, il y a le virage.

Brusquement, alors que je suis en 5-6e position du peloton et plus rapide que les autres, la grosse vague qui est à l’intérieur de la courbe me repasse d’un coup à 50 mètres de la ligne. En prenant à l’extérieur du virage, j’ai parcouru au moins 3 mètres de plus que les autres, mais avais-je le choix ? Pour finir, Pierre me ferme définitivement la porte car Franck Brucci, qui a résisté à la 2e place sur le fil, menace de lui arriver droit dessus. Pour ma part, c’est le camion-podium qui me frôle dangereusement sur le côté droit. La ligne est franchie. Je lève tout de suite la tête pour constater les dégâts du dernier virage : je l’avais pressenti pendant le sprint, j’ai perdu gros. Je compte : un, deux, trois, treize coureurs devant moi. Je ne suis pas sur d’avoir compté juste. Je suis déçu sur le coup, je passe la ligne avec encore beaucoup de force en réserve.
Finalement, je termine 13e, Thomas 14e et Paul 16e. Un tir groupé entre les 10 et 20e place qui ne vaut pas grand chose, je regrette qu’on ne se soit pas organisé. Je suis très déçu de cette course. J’ai mal couru, j’ai eu de bonnes sensations mais pas d’exceptionnelles, je les ai tout de suite gâchées en me dispersant. En plus, je ne parviens pas à trouver l’ouverture au sprint, alors que j’aurais pu racheter ma course. Ce n’est pas grave, même si je regrette d’avoir gâché une chance qui aurait pu être belle, j’aurai d’autres occasions de montrer ce que je vaux cette année, et avec un enjeu bien supérieur.
Les choses sérieuses commencent ce week-end avec la première nationale junior de l’année, le Trophée Louison Bobet en bretagne. C’est le premier objectif de l’année.

1. Ho Sung Cho (Centre Mondial UCI) 1 en 2h40’00
2. Franck Brucci (BAC 01) 1
3. Anthony Thomas (BAC 01) 2
4. Corentin Leblanc (Charvieu Chavagneux IC) 1
5. Julien Pion (Armée de Terre) 1