自転車で地域&人づくり
#15 1/2/3/J Bouvent
#15 1/2/3/J Bouvent

#15 1/2/3/J Bouvent

Après une micro coupure, je reprends la compétition dès la semaine suivante, et je ne suis pas totalement confiant sur mes sensations, car j’ai toujours un peu de mal dans pareil cas et à cette période de l’année. Je retrouve une partie de l’équipe junior avec Paul, Valentin et Thomas ainsi qu’Aymeric Brunet et François Lamiraud, deux membres de l’équipe DN.
Le départ est très rapide, je n’ai pas été suffisamment concentré. La course commence mal. Un groupe de 19 coureurs s’est formé dès le premier tour, et avec pour nous le seul François devant. Un sur 19, c’est trop peu. Je remonte demander Aymeric s’il faut rouler. Il ne me contredit pas, et je vais prendre quelques relais en tête de peloton, histoire de motiver les plus enclins à rouler. Bientôt, l’équipe de Saint Etienne qui n’a manifestement personne devant organise la poursuite, et c’est bien le fait que leur leader chilien Olavarria ne soit pas devant qui nous sauvera. Aymeric nous conseille de ne pas tous rouler, je laisse donc ma place à Paul et Thomas pour prendre un peu de recul. Bientôt, à l’approche de la mi-course, nous reprenons le groupe de 19. Aymeric me conseille de me tenir prêt et de gicler pour rentrer sur la tête juste avant qu’on le reprenne. Je n’ai pas le temps de le faire, nous voilà déjà revenus. En revanche, je tente de prendre de nouveaux coups lorsqu’ils se forment : notre course est relancée.
Je découvre petit à petit que je ne suis pas si bien que ça. Je supporte toujours mal la pluie qui me bloque les muscles lorsque l’effort devient trop important, ce qui n’est pas toujours facile à anticiper. Par chance, aucun coup ne part et beaucoup de monde semble vouloir une arrivée groupée. Dans cette optique, je me concentre sur mon sprint à partir des 5 derniers tours, et je reste à tout instant vigilant à mon placement. Dans les 10 premiers, jamais au-delà.
Le dernier tour se présente rapidement. J’ai peur de me faire remonter, c’est pourquoi je reste toujours placé dans les 5 premiers. Au fond, j’ai conscience que c’est peut-être au contraire un peu trop bien placé. Dans l’épingle à l’opposé du circuit, Paul qui emmenait le peloton glisse et laisse un trou important derrière lui. Le creusotin Stéphane Bénetière n’en demandait pas tant et il profite de cet écart pour tenter de sortir. Lorsque je me retourne pour demander un relai, je m’aperçois que François est derrière moi. Au même moment, je réalise que ma course est teminée, et que je ne pourrai rien faire pour aller à l’encontre de ça.
François, naturellement, n’a pas d’autre choix que de me demander de rouler. C’est soit je me sacrifie, et il peut encore espérer l’emporter, soit je ne roule pas non plus auquel cas c’est aucun de nous deux qui l’emportera. Pas le choix. Je prends la chasse à mon compte. Je ramène le peloton à une portée de fusil du creusotin à un kilomètre de l’arrivée, puis je coupe mon effort, ce qui en excite certains. Je me laisse doubler par plusieurs, tente de me placer sur un côté pour pouvoir prendre une vague au cas où, je manque par deux fois de foncer dans le talus, puis juste avant le dernier virage à 300m de l’arrivée, j’ai l’opportunité de remonter. Je vire en 8e position environ. Je relance, et après deux coups de pédale à peine, les toxines m’envahissent de nouveau. J’ai été trop gourmand, après avoir roulé de la sorte, je n’espérais quand même pas devancer deux qui attendent bien frais que le sprint soit lancé…
J’assiste impuissant à la victoire de Christopher Agostini. François limite les dégats et termine 5e. Une déception, j’ai mal géré l’approche du final même si bien sur, la chute de Paul a condamné toutes nos chances de victoire. J’aurais dû rester en second rideau jusqu’au kilomètre comme beaucoup. C’est une grosse occasion raté, je suis très déçu…