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#14 J Classique Jean-Patrick Dubuisson
#14 J Classique Jean-Patrick Dubuisson

#14 J Classique Jean-Patrick Dubuisson

C’est le dernier week-end de course de mon cycle de début de saison. Je commence à être un peu entamé. A vrai dire je ne sais pas du tout dans quel état de forme je me trouve, j’ai certainement besoin d’un peu de repos, mais à faire une bonne semaine d’entretien, je peux très bien être en forme pour la course d’aujourd’hui. L’équipe est présente au complet sur cette nouvelle course, qui n’a pas la classification fédérale, mais qui propose tout de même un beau parcours en ligne, puis un circuit final d’une dizaine de kilomètres à faire 5 fois. Je n’ai pas d’objectif ici, je veux me faire plaisir et prendre la course comme elle va venir.
Et elle va venir très rapidement, pour moi, comme pour l’équipe. Après quelques tours d’attaque, où nous sommes naturellement très marqués, je décide d’en placer une plus grosse à un moment que je juge opportun, et je me retrouve seul en tête. Je poursuis l’effort sans en rajouter, au cas où un groupe se forme derrière. Je profite d’être échappé seul en tête, c’est une situation assez rare que je ne connais pas souvent, et c’est agréable. Je peux gérer mon effort comme je veux, contrairement à une échappée à plusieurs. Au pied du premier GPM, je comprends que je ne vais pas tarder à rentrer dans le rang. Je monte tranquillement, pour ne pas avoir de peine à prendre les roues de l’avant garde du groupe lorsqu’ils me rattrapent.  C’est Valentin qui remporte ce premier GPM, puis groupé de nouveau, les attaques reprennent.
C’est Thomas qui se charge d’intégrer le groupe suivant, puis après avoir neutralisé quelques attaques, en accompagnant un nouveau contre, je rentre à l’avant à mon tour, et nous nous retrouvons deux, sur 5 coureurs. Avec pourtant une quinzaine de secondes, je croyais que le plus dur était fait, mais l’entente était tellement déplorable, qu’en deux kilomètres à peine le peloton est revenu. J’insiste un dernier coup pour récupérer les points du GPM, juste devant Romain qui est revenu de l’arrière comme un boulet de canon.

Je décide de profiter de ce nouveau regroupement pour m’arrêter régler mon dérailleur, qui me tape sur les nerfs, exactement comme à Trelon deux semaines plus tôt. Cette fois malheureusement je dois m’y prendre à deux fois. Je descends à la voiture du club, Bernard tente d’y jeter un oeil mais ne parvient pas à toucher au réglage. Je repars la queue entre les jambes, pas persuadé que ça passe mieux, après une dizaine de kilomètres dans les voitures. Je prends mon temps pour rentrer. Lorsque je me retrouve dans les roues du dernier coureur, non sans effort, je comprends que ça devait bagarrer depuis quelques kilomètres, puisqu’un gros groupe de 16-18 coureurs est sorti une centaine de mètres devant le peloton. Je fais le compte des roannais présents avec moi : Valentin et Rémy, ce qui veut dire que les trois autres sont devant. Je ne sais pas trop comment réagir, mais je suppose qu’il faut que je les protège. Je ne comprends pas trop la réaction des autres, qui n’ont pas l’air de réaliser qu’ils ne reverront pas ce groupe… Je tente de relancer la course quand même, quelques fois, mais tout le monde est trop content que je tente de sortir, si bien que je ne peux rien faire d’autre qu’attendre l’arrivée du circuit final.
A mi course, lorsqu’on pénètre sur le circuit, l’écart avec la tête de course est monté à 2’50. Je ne veux pas me faire enterrer et terminer avec 5 minutes de retard. Je n’ai plus qu’une seule chose à faire, relever le challenge de boucher cet écart tout seul ou avec un petit groupe, mais pour ça, il va d’abord falloir sortir. Je tente ma chance lorsque la direction du vent change de nouveau, c’est à dire après le passage sur la ligne. Je forme un petit groupe de coureurs, j’insiste, mais cela ne suffit pas pour sortir. Tant pis, je patiente deux kilomètres et dans une partie difficile que j’avais bien repéré, je place une nouvelle attaque plus tranchante encore quitte à me mettre un peu dans le rouge. Cette fois, je fais le ménage. Un petit groupe de coureurs m’accompagne, je ne les connais pas tous, mais plusieurs clubs sont représentés et ça m’arrange bien. Je tente de les organiser, c’est moi le plus expérimenté du groupe alors je prends ce rôle à coeur. Je me promets de ne jamais raler parce que ça ne roule pas, de ne jamais laisser passer un trou ou un relais. Si bien que sur le premier tour de circuit, je prends pas loin de la moitié des relais du groupe. Les sensations se sont bien débloquées. Et tant pis si j’en fais trop ou si certains en profitent, de toute façon, l’écart avec la tête est tellement important que je n’ai rien d’autre à perdre.
Puis au bout d’un certain temps, on commence à apercevoir un autre groupe à l’avant. Lorsqu’on le reprend enfin, à une petite trentaine de kilomètres du terme, le niveau du groupe devient encore plus hétérogène. Beaucoup trop de coureurs sautent des relais, peu importe la cause, je ne veux garder avec moi que les plus efficaces, et voir plus clair dans le jeu de ceux qui bluffent. Dans la même petite côte qu’au premier tour de circuit, je place une nouvelle accélération, un peu moins tranchante du fait du poids des kilomètres, mais suffisamment pour ne se retrouver plus qu’à cinq en chasse.

Nous reprenons en chemin un nouveau petit groupe de coureurs, bien moins important. Je suis étonné de retrouver là Bastien Lhomme. Au fil des kilomètres, l’identité des coureurs qui m’accompagnent changent, certains s’accrochent ici depuis le départ comme un coureur de Creuse Oxygène, Gautier Heraud ou Léo Dulin. Mais l’objectif reste le même, de revenir sur l’échappée qui paraît compromis, ou au moins, de rattraper le plus de coureurs possible.
Après le passage de la cloche, un nouveau groupe, plus conséquent cette fois, est de nouveau visible à l’horizon. Lorsqu’on se rapproche un peu plus, je constate d’abord avec déception qu’il y a un roannais dedans, je crois reconnaître Thomas. Dans la bosse, je me rends compte qu’il s’agit de Paul, accompagné de Clerjon et Rolland notamment. C’est donc un groupe d’une autre envergure. Je ne le découvrirai qu’à l’arrivée mais c’est bel et bien tout ce qui reste de l’échappée initiale qui se trouve ici à une portée de fusil, à l’exception de Thomas et Romain qui sont partis à deux pour un numéro impressionnant. Si je l’avais su, j’aurais attaqué dans la bosse et tout tenté pour faire la jonction. Je suis un peu trop prudent et compte sur un regroupement à la régulière, mais ça s’attaque beaucoup à l’avant. Les stéphanois tentent de sortir, au bout de la ligne droite. Je comprends qu’il est trop tard et qu’on ne reviendra pas. Je me concentre alors sur mon sprint. Il ne faut pas se faire piéger dans le dernier kilomètre. Je fais bien attention à ce que personne n’anticipe, et pour avoir bien préparé mon coup, je sais qu’il faudra être bien placé à l’entrée de la ligne droite finale.

Je vire à 300m de la ligne en seconde position et lance mon sprint dès la sortie du virage, bien optimiste. Je tiens la tête pendant longtemps, mais je me rassois, la route rend horriblement mal, je me fais coiffer sur la ligne par le coureur de creuse. Je suis surpris, je pensais largement dominer ce groupe. Je rentre quand même dans les 10 premiers au final, à la 9e place, derrière le superbe doublé de Thomas et Romain, et les 5 coureurs de l’échappée.
Le club rentre avec un superbe doublé, 4 coureurs dans les 10 (Paul 4, moi 9) ; le maillot des grimpeurs et des points chauds, du premier J1 ; seul le premier coureur local n’est pas roannais (pas de regrets…)
Une très belle domination collective encore une fois, à laquelle j’aurais aimé participer un peu plus. Je ne méritais pas mieux, je n’étais pas dans ma course dans la première moitié et l’ai payé cash.

1. Romain Faussurier (CR4C Roanne) J2 en 2h36’33”
2. Thomas Lassaigne (CR4C Roanne) J1
3. Loïc Rolland (EC St Etienne Loire) J2 à 1’14”
4. Paul Sauvage (CR4C Roanne) J1
5. Victor Tournieroux (CRC Limousin) J1