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jan 10 2017

Retour parmi les professionnels : l’accomplissement d’un projet fou

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Bonjour à tous,

Il y a un an et demi, j’annonçais ma retraite du cyclisme du haut-niveau (lire ici), à la suite de l’expérience d’une saison dans l’équipe professionnelle Roumaine Tusnad Cycling Team. J’ai poursuivi la compétition pour le plaisir dans l’équipe franco-japonaise Neilpryde – Nanshin Subaru, en participant à une dizaine de compétitions dans l’année, mais sans aucun objectif de haut-niveau. Comme prévu, au mois de juillet, j’ai arrêté la compétition et je n’ai plus touché au vélo à compter de cette date (lire ici).

Contrairement à ce que s’amusent à raconter mes amis, j’ai bien arrêté le vélo de haut-niveau ! Même si j’ai participé à quelques compétitions, j’ai roulé un peu moins de 10 000km sur l’ensemble de l’année (mon plus bas total depuis l’âge de 15 ans) et sans aucune notion d’entraînement, dans le seul objectif de voyager et de découvrir de nouvelles régions. J’ai ainsi rejoint Tokyo à Kyoto en trois jours, sur un coup de tête (lire ici), ratissé le centre-japon pendant une semaine avec la tente sur le dos, accompagné de mon ami Aurélien Lapalus, ancien membre du Chambéry Cyclisme Formation et médaillé de bronze aux championnats de France (lire ici), puis depuis septembre, j’ai commencé à travailler à Cycling Japan, une entreprise de tourisme en tant que guide à vélo (lire ici).

Seulement voilà, une fois sorti de l’université, je devais trouver un travail qui me permette de vivre, ou au moins de survivre, en comptément de mon activité de guide. Pendant ma courte activité en tant que coureur ici, je suis vite devenu une attraction, du fait que je parle et que j’écris japonais. J’ai commencé à rédiger un blog, ici-même, pour donner mon avis sur le monde du vélo au Japon et parler de mon expérience. Dès le premier épisode, il a connu un franc succès : plus de dix mille lectures à chaque article ! J’ai pris conscience qu’il existait jusqu’à présent un grouffre encore jamais franchi entre coureurs japonais et coureurs étrangers, et qu’un potentiel énorme me tendait les bras.

J’ai alors réfléchi à ce que je pouvais faire pour le développer. Fin octobre, alors que l’équipe devait arrêter, j’ai convaincu le manager, Sébastien Pilotte, de repartir pour une année, en pariant sur le développement de l’équipe au niveau professionnel. Après notre 5e place au classement Japan Pro Tour, en tant que première équipe amateur, nous avions déjà la légitimité et les bases nécessaires à la réussite de notre projet. Très rapidement, un engouement énorme s’est développé autour de lui. Tous nos partenaires sont repartis pour une nouvelle année à nos côtés sous les mêmes conditions. Notre équipe de travail, composée de Stephan Forest et Sébastien Pilotte, les deux managers, ainsi que notre directeur sportif UCI Florent Horeau, qui s’est rapidement joint à nous, a travaillé d’arrache pied pour sécuriser et développer le projet. A ce moment, j’étais investi à 100% en tant que membre du staff.

Mais tout le monde a insisté pour que je sois aussi présent sur le vélo, non pas pour faire des résultats, mais pour plusieurs raisons. D’abord, parce que j’ai les moyens physiques de le faire, et que je serai dans de bonnes conditions. Ensuite, parce que je suis le seul membre clairvoyant sur l’ensemble des activités de l’équipe, étant donné que je parle les deux langues. Enfin, parce que je jouis d’une petite notoriété ici et que j’ai un certain pouvoir sur le cyclisme local vis-à-vis de ça. Je ne serai sur le vélo qu’en prolongement de mon travail comme membre du staff. Avec un objectif : ouvrir certaines barrières dans le monde du vélo, au Japon tout d’abord, mais aussi pourquoi pas en France et à l’échelle internationale. Ambitieux, oui, mais je pense qu’on a les moyens de le faire à moyen terme et j’expliquerai pourquoi en détail plus tard.

Cependant, cela ne veut pas dire que je ne serai coureur qu’à mi temps. Je suis membre du staff à plein temps, coureur à plein temps, et une fois la saison lancée, je serai même aussi guide à plein temps, car je ne vais pas arrêter cette activité. C’est extrêmement exigeant et viendront certainement des périodes où je ne pourrai plus tout gérer à la fois. A ce moment-là, je sais que le corps de l’équipe saura me soutenir et que je pourrai me concentrer sur le vélo en toute confiance.

Être pro pour dire que je suis pro ne m’a jamais intéressé : en réalité, je ne suis pas professionnel du tout, car je ne gagne pas un centime à faire du vélo. En revanche, je devrai bien faire face à des adversaires professionnels, sur des courses professionnelles, et c’est pourquoi je me dois moi aussi de faire du vélo comme un professionnel. C’est le prix que je paye ma liberté sur le vélo et mon combat pour mes idéaux.

Pour avoir plus de précisions sur le projet, je vous invite à visiter notre site web, et à nous suivre sur Facebook, Twitter et Instagram.

DirectVélo : Une équipe franco-japonaise postule en Continental
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Au bon dossard : Florian Hudry s’envole au Japon
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4 Commentaires

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  1. jeremie

    Bonne chance Tom pour cette énième aventure !

    Je vois que tu continues de profiter, le vélo mène à tout !

  2. Ronan

    J’adore le projet de l’équipe Interpro Cycling Academy, je suivrai de près 😀 Et puis ce n’est pas courant un coureur membre du staff, à la manière d’un joueur-entraîneur en football :)

    Petite question : l’équipe ayant en 2017 le statut professionnel, participera-t-elle à des épreuves en France ?

  3. Rudy

    Bon courage Tom, toujours un plaisir de lire tes articles.

  4. Hervé

    Salut Tom

    Bonne chance pour cette nouvelle aventure
    a+
    Hervé

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