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sept 29 2016

Cape to cape #1 : Le début d’une nouvelle aventure

Aujourd’hui, j’ai accueilli mes premiers clients. Ils seront six : un couple de canadiens, un américain, un autre canadien et deux australiens. Six locuteurs anglophones avec des trajectoires diverses avec lesquels je vais passer les huit jours à venir.

Cette nouvelle casquette est, j’en ai le sentiment de plus en plus pressant, un nouveau départ. Pourtant, je retrouve les mêmes sensations que sur une course par étapes, la pression en moins. Pendant huit jours, nous allons arpenter les routes d’une ville à l’autre avec différents profils et paysages. Il y a un briefing, qui parle plus de sécurité que de tactique de course cependant, des horaires à respecter, du matériel à préparer. Cependant, si je serai bien sur le velo, je me trouverai cette fois-ci bel et bien du côté du staff d’encadrement. Un sacré changement tout de même.

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J’ai été accueilli la veille par le chef de la société, un certain Kennichi, avec l’un des deux guides qui m’accompagneront pour mon premier travail, dans la ville de Shimoda (下田), où est basée l’entreprise Cycling Japan. Shimoda signifie littéralement les rizières du bas, entendre du sud de la péninsule d’Izu, immédiatement au sud de la mégalopole de Tokyo. Un lieu privilégié pour les touristes locaux, où un bon tiers des habitations sont des maisons de vacances. Ce sera aussi la destination finale de notre voyage, dix jours plus tard. Nous n’avons pas perdu beaucoup de temps en salutations et sommes rapidement montés sur les vélos pour une boucle décontractée de 45 kilomètres.

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J’ai très vite été mis dans l’ambiance. Kennichi, qui connaît la région comme sa poche, nous embarque vite dans les ruelles de la petite ville, avant de nous arrêter devant une peinture de la ville cent ans plus tôt, bien avant que le Japon ne prenne l’essor qu’il connaît aujourd’hui. À peine à la sortie des quelques maisons, nous avons embarqué sur un chemin le long du littoral, large d’un mètre à peine, où les vagues venaient parfois s’écrouler. Quel pied ! Après a peine dix minutes de route, je savais déjà que j’avais fait le bon choix.

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Quelques découvertes assez amusantes ont agrémenté notre sortie autant touristique que sportive. Une piste de luge sur sable, une grotte de mer avec un lagon intérieur, les rochers du cap le plus au sud de la péninsule ainsi que l’emplacement exact d’une faille sismique qui a rasé les maisons environnantes et fait plus de 20 morts il y a quarante ans. De grandes cultures d’aloe vera recouvrent maintenant les restes des maisons anciennes, qui ont été reconstruites ailleurs.

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Après une décontraction toujours agréable dans un onsen local (établissement de bains dans de l’eau volcanique où l’on se baigne nu), entièrement construit en bois et dont on pouvait boire l’eau, Kennichi nous a invité dans un restaurant tenu par un ami, dans un établissement ressemblant à première vue à un hangar désaffecté, intitulé re-mix. Nous sommes restés deux heures dans cet édifice étrange, avec un fond de hip-hop américain et une lumière tamisée, devant l’une des meilleures cuisines de mon existence sur terre. Notre hôte avait étudié la cuisine plusieurs années en France et était capable de m’expliquer les plats dans un français mélodieux. Néanmoins, pas le moindre client n’a fait surface jusqu’à ce que l’on reprenne la direction du siège de la compagnie.

Le siège de la compagnie n’est rien d’autre que la maison de Kennichi, à deux cent mètres d’altitude et un kilomètre par la route de la mer en contrebas, au milieu de la jungle. J’ai dormi sur un matelas de camping dans la pièce principale, au milieu de tonnes de garmin, de livres de tourisme et de matériel en tout genre. Le lendemain, il fallait se lever à cinq heures et demie pour charger le matériel dans le camion. C’est ici que mon premier voyage allait commencer, par une longue traversée du Japon de la côte sud à la côte nord. Première destination : Kanazawa, une ville de bord de littoral le long de la mer du Japon. Ici en photo, un lacet de col aérien : la routérus tourne deux fois sur elle-même dans le vide, avant de retourner s’enfoncer plus loin dans la montagne.

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Après de nombreux préparatifs, j’ai eu une fenêtre d’une cinquantaine de minutes pour aller visiter le parc kenrokuen (兼六園), l’un des trois jardins zen les plus célèbres du pays. Malheureusement, j’ai passé trop de temps à contempler le château dans le parc voisin et j’ai préféré écourter ma visite de peur que les clients arrivent à l’hôtel avant moi.

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Après une rapide présentation générale, nous avons réglé leurs vélos et nous sommes dirigés vers un izakaya voisin, un bar traditionnel dans lequel on mange de la nourriture commandée à l’unité, assiète après assiète, partagée avec toute la tablée. Le onsen de notre premier hôtel se trouve au sommet de l’immeuble, haut de quatorze étages, et une partie est à l’air libre, sur le toit, présentant un panorama complet sur la ville de Kanazawa, dont on n’aperçoit qu’une continuité d’immeubles, comme à Tokyo. Pourtant, je ne connaissais pas la ville avant ce voyage. De quoi se dire que le Japon est grand… Et peuplé.

Notre première étape suivra la côte pendant 90 kilomètres, nous emmenant au nord de la péninsule de Noto. Il s’agit du premier cap, et dès le jour suivant, nous entamerons la descente vers le second cap, de l’autre côté. Mais avant cela, il nous faudra franchir le Mont Norikura, la route la plus élevée du Japon… Dire que le voyage n’a même pas commencé !

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