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mai 30 2016

2 jours de Kisomura

J’ai participé, ce week-end, à ma première course par étapes de l’année, les deux jours de Kisomura. Course par étapes, mais entendons-nous bien, nous restons au Japon : le contre-la-montre du samedi matin, la course en ligne de l’après-midi et celle du dimanche se déroulaient toutes trois sur le même circuit vallonné de 8,5 kilomètres, autour d’un superbe lac artificiel. C’est toutefois, je pense, une initiative à encourager, car de ce fait l’organisation était sans faille et proposait tout de même une vraie course par étapes, fait très rare hors courses UCI sur l’archipel. A ce propos, j’ai rédigé pour la première fois, samedi dernier, un article en japonais, avec pour sujet mon expérience ici et mes surprises face au règlement et aux habitudes parfois étonnantes. Il a été lu plus de 10 000 fois, vu plus de 23 000 fois sur Facebook, retweeté 280 fois sur twitter : un succès comme je n’en ai jamais connu ! J’envisage donc d’en proposer une version française, et d’ouvrir une section japonaise sur le site, en plus de la petite section anglophone que j’alimente au compte-gouttes. Ce week-end, plusieurs personnes sont donc venues me féliciter pour l’article et m’encourager dans la démarche, ce qui me fait chaud au coeur.

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La première étape était donc un contre-la-montre, une discipline où il m’est arrivé de signer des bonnes performances lors de mes périodes de pic de forme (3e sur le Tour Cévennes-Garrigue avec le maillot de leader, 8e sur le Tour de Nouvelle-Calédonie par exemple) mais où tout le reste du temps, tout comme samedi, je suis absolument mauvais. La reconnaissance sur le vélo de contre-la-montre m’a permis de statuer que compte-tenu du relief et du nombre de courbes, je serai plus à l’aise sur mon vélo traditionnel, monté avec des roues de 88mm. Je me suis élancé dans les premiers, et après un contre-la-montre correct mais avec de mauvaises sensations, je me suis donc vite remobilisé vers l’après-midi. J’ai appris, le soir (car nous sommes partis sans classement, étant donné que moins d’une heure-et-quart séparaient l’arrivée du dernier coureur et le départ de la deuxième étape) que je m’étais classé 148e sur 154 partants, à 2’10 de mon coéquipier Bruno Guezet qui s’est imposé. Je me demande toujours comment les commissaires sont arrivés à ce décompte, sachant que mes données GPS indiquent un temps 1’19 inférieur, mais ce n’est pas de toute façon comme si allait changer mon existence.

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Malgré que nous abordions l’étape de l’après-midi avec le maillot de leader dans l’équipe, nous avons convenu que nous ne contrôlerions pas la course. En effet, avec cinq coureurs sur 150 au départ, compte-tenu du profil et des faibles écarts, c’était mission impossible. Bruno, s’il voulait conserver son maillot et se donner une chance de s’imposer au général, devait donc s’échapper. Pour nous, même mission, tout en profitant du statut de notre leader. J’ai donc essayé de me glisser dans quelques tentatives, ce qui m’a permis de réaliser à quel point j’étais en mauvaise condition. Après une grosse semaine d’entraînement, dont j’avais déshabitué mon corps, et peu de sommeil avec les études et les déplacements, je n’avais pas récupéré du tout. J’ai du gérer au métier, avec des sensations très désagréables, incapable du moindre à-coup, pour ne pas me faire distancer et éviter les pièges. Tout compte fait, j’ai réussi à me faire violence et une telle gestion m’a permis d’arriver avec ce qui faisait figure de reste du peloton, et à terminer même quatrième du sprint en haut de la montée d’arrivée, ce qui m’a offert une anecdotique 18e place derrière les échappés. Mais compte-tenu des conditions, je n’ai pas eu de mal à m’en satisfaire. Bruno, lui,n’a pas réussi à intégrer le bon coup de 6 coureurs qui s’est disputé sa tunique et l’étape, mais est ressorti derrière en costaud pour aller chercher la 7e place.

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J’ai donc quitté le lac avec l’objectif de réaliser une nuit pleine et favoriser la récupération, sachant d’expérience que c’est souvent dans ces conditions la loi du tout ou rien, mais qu’il est possible que les sensations s’améliorent nettement. Et c’est bien ce qui s’est passé, car j’ai retrouvé de meilleures sensations le lendemain : moins de toxines, ou tout du moins moins sensibles, ce qui m’a permis cette fois de faire la course. Après plusieurs tentatives, j’ai donc favorisé la création d’une échappée de cinq coureurs dont le nouveau maillot jaune, puis après quelques kilomètres de patinette, le retour de mon leader Bruno Guezet et quelques autres coureurs pour porter notre effectif à une quinzaine de coureurs. L’écart s’est creusé à la force du jarret et du nombre – car, et c’est extrêmement agréable, on ne ratonne pas au Japon, il m’est arrivé de voir des groupes de 30 coureurs s’entendre. Avec une distance plus longue, 120km, et une chaleur importante, j’ai donc économisé mes forces alors que l’échappée a commencé à s’égrener au fil des tours, pour qu’on ne se retrouve qu’à 9 coureurs. Malheureusement, à 4 tours de l’arrivée, ma chaîne s’est bloquée entre le cadre et le pédalier et j’ai du m’arrêter pour la remettre en place. J’ai tenté de chasser un tour, mais je n’ai pu me rapprocher qu’à une quinzaine de secondes avant de buter, et de me relever. Je pensais terminer la course dans le peloton, qui a mis un tour et demi à me reprendre, mais exactement au moment de la jonction, ma chaîne s’est de nouveau coincée et en descendant du vélo, j’ai pris une crampe terrible qui m’a définitivement refroidi. Quand ça ne veut pas, ça ne veut pas.

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C’est donc avec un peu de déception que je conclus ce week-end ou paradoxalement, j’ai pris beaucoup de plaisir. Deux bonnes occasions gâchées, samedi à cause de ma mauvaise récupération, dimanche à cause de la malchance et d’un dérailleur avant Shimano Ultegra que je ne conseille pas. J’ai tout de même pu réaliser un travail précieux qui me manquait et qui devrait me servir pour être performant sur la prochaine manche de la Japan Pro Tour, à Nara dans deux semaines. Malheureusement, il y a trop peu de courses pour revenir vraiment à un niveau intéressant… Et moi trop de projets pour pouvoir m’y consacrer pleinement.

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