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avr 29 2016

Japan Pro Tour #5 #6 : Gunma CSC Road Race

Ce week-end avait lieu l’épreuve phare de ma première partie de saison avec Neilpryde-Nanshin Subaru CT, ou plutôt les épreuves phares, puisque se disputaient deux courses sur le même circuit de 6 kilomètres, un parcours ni plus ni moins privé, sur lequel se disputent des compétitions cyclistes mais aussi automobiles, et des événements de plein air grand public. A la différence d’un circuit routier, celui-ci n’accueillait pas de circulation, et n’était pas du tout tracé pour la circulation : énormément de virages, de petits reliefs assez doux à l’exception d’une côte, dont le sommet était placé à un kilomètre de l’arrivée. La particularité de celle-ci était d’offrir de nombreux points de vue sur la course, puisque presque tout le dernier kilomètre était visible aux yeux des spectateurs. En ce qui concerne les épreuves Pro Tour, le samedi accueillait une course de 14 tours (80km) et le dimanche une course de 20 tours (120km), rapportant une fois et demi plus de points au classement général.

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J’ai pris part à plusieurs échappées, malheureusement qui n’ont pas abouti, toujours entouré des équipes continentales du circuit japonais, avec beaucoup de coureurs espagnols

Pour ne pas vous mélanger les pinceaux, je ne vais pas faire de résumé chronologique des deux courses, mais plutôt parler des deux ensemble, car elles se sont avérées assez proches dans la manière de courir, le déroulement et le résultat. Les deux jours ont accueilli un sprint avec ce qu’il restait du peloton à l’arrivée, c’est-à-dire une trentaine d’hommes à peine, et le même homme s’est imposé deux fois : Jon Aberasturi (Team Ukyo), le sprinter espagnol, ancien coureur d’Euskaltel Euskadi et 8e de Paris-Tours il y a trois ans. Le premier jour, compte tenu de la courte distance et de la fraîcheur du peloton, aucune échappée n’a réussi à prendre le large et l’écrémage s’est fait par l’arrière. De mon côté, relativement surpris par ce circuit particulier (on ne peut s’entraîner sur les parcours sur les épreuves de la JPT) et avec des sensations médiocres, j’ai pris part à plusieurs échappées avant de payer mes efforts et de lâcher prise à trois tours de l’arrivée. Le second jour, avec une plus longue distance, comme je m’y attendais, une échappée a pris le large (jusqu’à 4 minutes d’avance) avant que le Team Ukyo, leader et dominateur de la compétition, ne prenne la chasse a son compte. De mon côté, avec une bonne gestion de la course et de meilleures sensations, j’ai fini par lâcher prise dans les 15 derniers kilomètres, pas aidé par un saut de chaîne au plus mauvais moment, et me classer 45e à l’arrivée.

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L’équipe court toujours de manière très soudée, au métier, au milieu d’un peloton japonais qui a la chance (pour ceux qui s’en donnent la peine) de se confronter à la culture cycliste européenne

Cette course était ma première course en ligne de niveau élite ou professionnel (la Japan Pro Tour est à cheval entre les deux) et je suis relativement satisfait de mon comportement et de mon niveau. J’ai plus de recul, plus d’expérience, qui compensent ma légère baisse de niveau physique et d’entraînement. Avoir de la fraîcheur et ne pas faire du cyclisme un objectif me permettent de prendre davantage de plaisir et, par relation à la fois de cause et de conséquence, d’aller plus loin dans la douleur et dans l’effort. Je prends du plaisir à courir avec des coéquipiers unis dans le même objectif : celui d’obtenir des résultats pour aider l’équipe à accéder à l’échelon continental synonyme de professionnalisme. Mais d’un autre côté, je transmets également mon expérience et mes connaissances du vélo et du sport de haut-niveau aux trois coureurs japonais de l’équipe, et surtout, étant le seul membre de l’équipe/staff à parler couramment les trois langues, français/anglais/japonais, j’occupe un rôle assez central dans le fonctionnement de l’équipe et dans la construction du groupe sur le plan humain également.

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En ce qui concerne l’équipe, nous avons manqué de chance, le premier jour pour aller chercher un résultat, car dans le dernier tour, notre sprinter Jayson Valade prêt à dégainer a été victime d’une crevaison ; et le deuxième jour pour aller chercher la victoire, avec notre leader l’ancien professionnel à Roubaix – Lille Métropole Loic Desriac qui, sorti dans la dernière ascension à un kilomètre et demi de l’arrivée, repris à moins de 75m de la ligne, alors qu’il était seul en tête de la course. Etant donné que le second jour rapportait plus de points, et que Jayson n’a pas eu de deuxième crevaison, nous avons marqué suffisamment de points pour affirmer notre place de première équipe amateur et 7e du classement général (Jayson 7e et Loic 15e de la course de dimanche, marquent les principaux points, avec l’aide de notre troisième homme à l’arrivée, Bruno Guézet). Si rien n’est encore affirmé, car plusieurs équipes autour de nous se tiennent en assez peu de points, nous avançons dans la bonne direction avec toujours l’espoir de concrétiser un coup d’éclat salvateur comme celui que Loic est passé à deux doigts de réaliser ce week-end.

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Loic Desriac, notre plus grosse carte, ici encore en tête à 100m de l’arrivée. Il sera malheureusement avalé au dernier moment et n’aura fait qu’effleurer l’exploit.

Si je n’ai pas rédigé ce résumé plus tôt (la course à eu lieu il y a déjà 6 jours), c’est qu’à concilier les études, et les différents projets dans lesquels je suis investi à droite à gauche, je n’ai que très peu de temps libre. La course prévue dans la région de Nagoya pour clôturer un mois d’avril chargé ce week-end n’est plus à mon programme pour de rocambolesques raisons d’inscription, et je ne pourrai donc pas capitaliser sur une forme très ascendante après une préparation assez courte. Dans la mesure où les mois de mai et juin sont beaucoup plus légers et moins déterminants pour l’équipe (les autres coureurs français sont au Japon pour courir et passer professionnels, ils tiendront donc beaucoup mieux la baraque que moi qui cours sur le temps de mon loisir), je vais retourner à un rythme plus léger, et consacrer ce temps à d’autres projets. D’abord, à mes études et à la préparation du Japanese language Test Proficiency, ou JLPT. Je me suis inscrit au niveau le plus élevé, le N1. Ce qui signifie que je dois connaître plus de 2000 kanjis et de 10000 mots de vocabulaire. Il me reste deux mois avant l’échéance, et j’ai la sensation d’avoir intégré une école préparatoire en cours d’année. Enfin, je vais refaire passer l’aspect voyage et découverte au premier plan, sur le vélo d’une part, mais aussi en-dehors, avec ce week-end, à l’occasion de la Golden Week (quelques jours de repos), une randonnée de plusieurs jours avec la tente et mon amie dans la montagne japonaise. Merci de me suivre et les prochains sujets seront sans doute un peu plus éloignés de la compétition !

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Encore présent dans le final dimanche (maillot bleu, chaussures rouges sur la gauche) il m’a manqué peu pour accrocher le dernier wagon d’une trentaine de coureurs.

2 Commentaires

  1. jeremie

    Toujours un plaisir de te lire Tom. Dimanche dernier, pour la course pluvieuse du 1er mai, nous avons eu le plaisir de croiser ta maman : je crois que la passion c’est de famille, non ?

  2. vignat

    bonjour
    toujours aussi plaisant (et facile ) à lire

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