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avr 01 2016

Un mois à la découverte de l’Océanie

Depuis l’arrêt de mon parcours de haut-niveau, mon objectif premier est de découvrir le monde et l’être humain dans sa globalité. Dès que j’ai commencé à voyager, je me suis rendu compte que l’aperçu que j’en avais depuis ma petite existence en France était loin de représenter une quelconque norme, contrairement à ce que je m’imaginais sans doute. Depuis que je vis au Japon, je me suis habitué à une autre société, à un autre espace, à une autre culture, radicalement différente, bref, à une autre existence, et maintenant que je m’y suis habitué, elle ne me paraît pas moins normale. Un de mes premiers réflexes à mon arrivée dans un pays que je ne connais pas, c’est de m’imaginer y vivre depuis longtemps, et même s’il est très difficile, c’est un exercice fondamental pour parvenir à comprendre les habitants. Cela ne m’empêche pas de m’y sentir plus ou moins à l’aise, car je ne peux pas m’échapper de ma propre culture, mais je pense que c’est un effort nécessaire pour ne pas succomber à la peur de la différence, dont tout le monde est victime et qui est une chose que je trouve terrible.

Différences culturelles

L’Océanie était sans doute le continent le plus abordable. Il est petit, regroupe peu de pays, d’une culture toujours récente et empruntée à la nôtre il y a peu de temps (150 ans pour les colons néo-zélandais, 250 pour les australiens, pas davantage). Pourtant, j’y ai fait une expérience très intéressante. C’était ma première sortie de territoire depuis six mois d’immersion assez intense au Japon, et elle m’a permis de me rendre compte à quel point je m’étais habitué et conditionné à mon nouveau pays. Mon premier choc a été en Nouvelle-Calédonie, lorsque j’ai pris le petit-déjeuner en terrasse de la Baie des Citrons à Nouméa. J’ai dû commander quelque chose comme deux croissants et deux jus d’orange, et je suis ressorti presque traumatisé de ma conversation, avec la sensation très bizarre d’avoir parlé avec un pote. En effet, au Japon, les niveaux de langue sont beaucoup plus marqués, et les relations prestataire/client sont extrêmement formelles et polies. Pourtant, j’ai vécu en France pendant 90% de mon existence et si je m’y suis rapidement habitué à nouveau, il faut croire que je l’avais oublié.

L’arrivée en Nouvelle-Zélande a largement confirmé cette drôle de sensation. J’ai passé ma première journée dans la capitale Auckland, et ma première nuit dans un Backpackers du centre-ville. Les clients se promenaient en sous-vêtements (garçons comme filles) et en laissant leurs portes ouvertes, les toilettes étaient pleines de vomi le soir, tout empestait la clope, et c’était normal, car on était jeune et dans un backpackers. Je ne dis pas que c’était le cas partout, mais en tout cas, ça ne posait pas de problème à grand monde. Dans la rue, tout le monde était le « bro » de tout le monde et même les commerçants s’adressent aux clients en leur disant « hey bro » « hey mate » (salut mon pote, en gros). Avant de prendre la commande, on nous demande souvent « How are you ? » un peu comme si en France, la caissière d’un supermarché de Paris nous demandait « comment ça va ? ». Assurément, complètement aux antipodes de l’étiquette japonaise. Réaliser à quel point l’être humain gère ses relations sociales de façon différente d’une culture à l’autre me paraît assez incroyable.

Les paysages de Nouvelle-Zélande

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Pour moi qui suis un amoureux de nature et de diversité, la Nouvelle-Zélande était une terre à parcourir. Les deux îles, de taille sensiblement identique, sont très différentes, malgré que le détroit de Cook ne les sépare que de 25 kilomètres environ. Au cours de mes deux semaines de voyage, j’ai eu la chance de parcourir presque l’ensemble de l’île du Nord, et une bonne partie du nord de l’île du sud, même si le reste me reste encore à faire – différents projets sont à l’étude. L’île du Nord est inégalement volcanique, et de ce fait, réserve énormément de surprises et d’étrangetés topographiques, comme l’immense lac-cratère de Taupo (40km de long), l’aire géo-thermale de Wai-o-Tapu, le rocher de New Plymouth ou le Mont Taranaki, petit frère du mont Fuji. L’île du sud, elle, est beaucoup plus montagneuse et les paysages plus variés encore, avec à peu près tout ce qu’il est imaginable de trouver sur terre, et de nombreux types de végétation. Dans les deux cas, j’ai eu la chance de suivre les conseils de deux excellents guides, mon ami Néo-Zélandais Matthew Goode, rencontré au Tour de Nouvelle-Calédonie 2014, qui m’a hébergé chez sa famille et permis de découvrir l’île du Nord ; ainsi que mon ami français Aurélien Lapalus, qui sur le retour de son road-trip à vélo d’un mois et demi dans l’île du sud, m’a fait découvrir quelques-uns de ses lieux favoris.

Une journée à Melbourne et à Singapour

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Lorsque je prépare mon voyage, je m’arrange toujours pour augmenter au maximum la durée des escales, ce qui me permet de sortir de l’aéroport et de prendre la température du pays. En 24 heures, on a le temps de découvrir beaucoup de choses si l’on optimise son temps. À Melbourne, nous avons pris une auberge de jeunesse dans la périphérie sud, très abordable et assez proche de la côte, et longtemps marché dans le centre-ville, très spectaculaire. La particularité de la seconde métropole australienne, juste derrière Sidney, est d’avoir une grosse concentration de gratte-ciels dans un espace de quelques kilomètres, et dès la fin du centre-ville, ce sont surtout des zones pavillonnaires, presque sans transition. À tel point que nous sommes montés au sommet de l’Eureka Skydeck, la tour la plus haute d’Australie, et rentrés en footing jusqu’à notre hébergement en périphérie, en longeant le célèbre circuit urbain de formule 1, pour 7 ou 8 kilomètres seulement.

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Le séjour à Singapour a été plus court, 6 heures et demie seulement et en majorité de nuit, mais il n’a pas été moins impressionnant. Ce pays, la plus petite cité-état du monde, est une fois et demi plus peuplé que la Nouvelle-Zélande (5,5 millions d’habitants) et considéré comme l’un des modèles de développement les plus impressionnants du monde. La population, extrêmement cosmopolite est majoritairement chinoise, bien que sa seule frontière soit commune avec la Malaisie. Si bien que, le gouvernement a décidé que la langue principale serait l’anglais, et si une grande partie de la population parle anglais, dans la rue, on entend aussi bien du malais, du chinois, de l’anglais que n’importe quelle autre langue, tant la proportion d’étrangers est importante. De nuit, Singapour m’a donné l’impression d’un bouquet de gratte-ciels droit venus du futur, comme cet étonnant hôtel Marina Bay Sands, et sa piscine géante en forme de bateau posé sur le sommet de trois immeubles de 200 mètres de haut. Et pourtant, j’habite à Tokyo ! Si un jour, vous avez une escale, prévue ou organisable, à Singapour, je vous conseille vivement de vous libérer une journée ou deux pour parcourir la ville… Je veux dire, le pays.

Et l’entraînement, dans tout ça ?

Partir voyager un mois (sans vélo !) dans quatre pays différents à trois semaines de la reprise des compétitions était un défi risqué, mais je pense l’avoir relevé avec brio. Cela n’aurait pas été possible sans l’aide de mes amis Jacques Barthel, en Nouvelle-Calédonie, et Matthew Goode, en Nouvelle-Zélande, qui nous ont accueilli comme des rois, moi et mon amie, et qui tous deux m’ont prêté un vélo le temps de mon séjour. Toutefois, l’entraînement n’a jamais été un frein au voyage, comme je l’avais souhaité. J’ai réussi à caser presque une sortie de plus de 100 kilomètres par semaine, un moindre mal pour garder le coup de pédale. Lorsque je ne roulais pas pendant plusieurs jours (6 jours a été ma plus longue pause), je courais quotidiennement une quarantaine de minutes, ce qui me permettait de partager un peu de sport avec mon amie, et de travailler spécifiquement les hautes intensités cardiaques. J’ai donc de cette manière entretenu le rythme, ainsi que le fond, et conservé le coup de pédale sans trop de perte. Cette méthode a été plutôt efficace, car comme détaillé dans mon précédent billet, je me suis classé second d’une course locale de 115km à laquelle j’ai participé ! Les prochaines échéances seront le 11 avril, pour la présentation de l’équipe, et le 17 avril pour ma reprise des compétitions sur une manche de la Japan Pro Tour – l’équipe est 6e du classement général après la première manche, il y a une semaine. Les études reprendront en parallèle, pour mon dernier semestre avant d’être diplômé… Je reviendrai plus en détail sur ma préparation particulière, et sur ma saison dans quelques jours !

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1 Commentaire

  1. Bossis Mamie

    Bravo Tom: on ne se fait vraiment pas de souci pour toi!
    Surtout ramène nous ou envoie-nous de belles photos comme tu sais faire…
    Ici tout va bien!
    On t’embrasse très fort
    Mamie

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