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mar 16 2016

Reprise des compétitions anticipée : 2e en Nouvelle-Zélande

J’ai participé cet hiver à deux compétitions universitaires, mais aucune des deux n’a excédé les 25 kilomètres de long. Je n’avais donc plus participé à une course à proprement parler depuis la mi-août 2015, soit sept mois : j’avais participé à une étape du Tour de l’Ain cyclosportif. Mais si j’excepte cette parenthèse, ma dernière compétition de haut-niveau était le Tour de Sibiu avec les professionnels en Roumanie, du 1 au 5 juillet, soit huit mois et demi plus tôt ! Lorsque, au cours de mon voyage en Océanie, s’est présentée l’occasion de prendre le départ d’une course locale, je l’ai saisie, considérant qu’il s’agissait d’une bonne occasion pour retrouver des repères, remettre le pied à l’étrier et prendre du plaisir. L’épreuve, le Bush Cycle Tour, était une épreuve en ligne ouverte à tous coureurs, et parmi eux quelques élites en pleine saison locale, même s’ils étaient de loin une minorité. Organisée autour d’une brasserie, l’épreuve proposait un parcours plat de 115 kilomètres avec quelques côtes assez courtes et des routes dégagées.

nouvellezelande

J’ai consacré la première heure sur le plat à retrouver mes repères avec mes nouvelles sensations, et à m’habituer au vélo prêté la veille par mon ami néo-zélandais Matthew Goode – dont la principale particularité est d’avoir les freins inversés, ce qui est particulièrement dangereux en peloton : mes réflexes sont ceux du montage classique, si bien que lorsqu’il faut piler, je freine à l’arrière plutôt qu’à l’avant, et que je perds l’adhérence très facilement, d’autant plus que le réflexe se répète ainsi presque à l’infini. Le rythme est pour moi très loin de ce que j’ai connu chez les professionnels, et je suis surpris d’être aussi à l’aise dans les roues, même si mon cœur trop peu entraîné pour les hautes intensités me limite rapidement à l’attaque. Cette entame de course a été plutôt calme, à l’exception d’un motard renversé par un mouton (ou l’inverse, comme vous voudrez). La première montée est arrivée, et j’ai voulu me tester et faire des efforts en attaquant dès le pied pour rejoindre l’antépénultième échappée qui n’arrivait pas à prendre de champ. Un coup dans l’eau qui m’a tout de même permis de réaliser que mon niveau de performance n’est pas très éloigné de celui d’une reprise de saison habituelle en février.

Mon ami Matthew m’a tenu au courant que les deux difficultés suivantes constituaient le point le plus difficile du parcours, avec deux bosses d’1,5km qui s’enchaînaient en six-sept kilomètres. Mal placé au pied de la première, je suis remonté sans trop de peine mais n’ai pas eu besoin de hausser le rythme, car un coureur élite s’en est chargé pour moi. Au sommet, nous nous sommes retrouvés avec un groupe d’une quinzaine de costauds, le schéma qui me convenait le mieux. Mais un changement de situation rocambolesque s’est opéré en pleine descente à cause de l’entrée en scène d’une vache, qui terrorisée, a poursuivi plus d’un kilomètre à 30 kilomètres/heure devant le peloton. Je me suis fait une belle frayeur avec mes freins inversés, mais surtout le peloton s’est regroupé à une cinquantaine. Heureusement, la seconde difficulté s’est présentée et j’ai attaqué à 500 mètres du sommet. Le coureur qui avait fait monter la première ascension, incontestablement le plus fort, est revenu sur moi et nous avons basculé ensemble en tête.

Il était très fort sur le plat, et à la pédale, nous avons pris une trentaine de secondes d’avance. Cependant, j’ai rapidement compris que j’allais plutôt lui servir de boulet. Très poli, il a pris à sa charge 70% des relais, mais sur les longues plaines dégagées, à un et demi, nous ne sommes pas parvenus à entériner notre échappée. Le peloton s’est rapproché, puis nous a repris après une vingtaine kilomètres de fugue. Il ne restait plus qu’une difficulté de 700 mètres un peu raide, à moins de 10 kilomètres de l’arrivée. Dans la plaine, j’ai laissé faire les autres puis à son initiative, nous avons tenté de faire à nouveau la différence avec un peu plus de soutien cette fois-ci. Nous avons basculé à 6 en tête, mais la difficulté était trop courte et tout le monde est finalement revenu aux cinq kilomètres.

Les attaques ont commencé à deux kilomètres de l’arrivée environ, et comme  il n’y avait pas d’équipe, j’ai vite compris qu’il allait falloir m’y mêler si je voulais l’emporter. J’ai bien géré les coups, et j’ai profité d’une ouverture à 800 mètres de l’arrivée pour sortir à mon tour. Manque de chance pour moi, j’ai emmené un coureur qui m’a contré violemment aux 500 mètres : je ne l’avais pas vu de la course, et il était bien plus rapide. J’ai tout donné pour sauver ma deuxième place sur le peloton qui échoue dans ma roue. Une relative satisfaction donc pour un retour très encourageant, surtout au niveau de mes sensations et de ma gestion de course. Grâce à mon expérience, je parviens à être présent dans tous les moments décisifs de la course. À voir maintenant si dans un mois, je suis capable de reproduire la même chose au niveau supérieur dans le peloton japonais !

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