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oct 21 2015

Le sadou (茶道, cérémonie du thé), un art un peu maso

J’ai eu l’occasion de participer à la cérémonie du thé, un morceau du patrimoine traditionnel japonais. Au-delà de l’immersion dans le folklore local, j’en retiens surtout la délicieuse absurdité née du mélange des cultures. Nous sommes arrivés à dix étrangers lors de la cérémonie prévue pour dix heures quinze, déjà en retard d’une douzaine de minutes à cause des préparatifs de base. Depuis l’extérieur du bâtiment, une demeure au style traditionnel dans le parc du Edo-Tokyo Open Air Architectural Museum, on pouvait apercevoir de temps à autre des femmes (uniquement), d’une cinquantaine d’années, vêtues de Yukatas, courir dans tous les sens en transportant des tas d’ustensiles.

Lorsqu’on nous a finalement invités à rentrer, encore tout intimidés devant ce pan de culture japonaise, il nous a fallu nous répartir par couples, puis nous accroupir sur les genoux face à face – sauf qu’entre la maladresse des étrangers, la politesse des hôtesses et la taille de la pièce, plusieurs tentatives leur ont été nécessaires pour que nous soyons alignés d’une manière qui leur plaise. Pendant ce temps, la traductrice affrétée spécialement pour notre groupe couvrait d’un anglais correct mais trop bruyant la voix de celle qui avait l’air d’être l’hôtesse principale et qui, de ce que je (n’) en ai (pas) compris, déclamait en Keigo l’histoire de ce bâtiment, ou quelque chose du genre.

Je ne me souviens plus du détail de la préparation du thé, mais dans les grandes lignes, on nous a apporté divers objets, d’abord un amuse-gueule, qu’il nous a fallu couper en quatre (précisément) à l’aide d’une sorte de cure-dent, dont le nettoyage s’effectuait à l’aide de deux serviettes de papier (mais il ne fallait en utiliser qu’une seule). Puis la coupole du thé (茶碗, chawan), remplie successivement avec la poudre de thé vert (抹茶, maccha) puis avec de l’eau chaude (お湯, oyu) ainsi qu’une grosse touillette, dont le rôle était de battre  le liquide le plus vite possible jusqu’à ce qu’il en sorte des bulles. En faisant démonstration de la méthode à ma partenaire, notre hôtesse attribuée a renversé les deux tiers du bol sur ses genoux. Elle s’est alors fondue en excuses, pendant que je retenais un rire nerveux qui commençait à devenir difficilement contrôlable.

Je suis d’une manière générale très admiratif du monde japonais, c’est pourquoi je me permets d’en rire parfois, depuis mon bagage d’étranger. Une histoire tout aussi absurde m’est arrivée au musée de trick-art à Takao. On nous a proposé de choisir entre anglais et japonais. J’ai choisi le japonais, mais pendant qu’on distribuait deux formulaires japonais à mes camarades de groupe, on m’en a malgré tout refourgué un anglais (ce qui m’arrangeait pour le coup) et on nous a tous trois attribué la guide anglophone. Heureusement, l’explication ne durait qu’une dizaine de minutes, car elle déchiffrait l’une après l’autre des lignes incompréhensibles sur son prospectus. Mon japonais était dix fois meilleur que son anglais. Lorsqu’elle s’est éclipsée, nous avons tous trois éclatés du même fou rire…

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