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sept 28 2015

Fascinantes différences entre le Japonais et les langues occidentales

J’ai commencé à m’intéresser au Japonais à peu près deux ans plus tôt, mais ce n’est que l’année dernière, avec la mise en place de ce projet, que je me suis mis à travailler avec pour véritable objectif de maîtriser la langue. Apprendre le japonais, ce n’est pas comme apprendre l’italien ou l’anglais. À l’exception du phénomène d’appropriation de certains mots occidentaux (qui au passage donne parfois un résultat assez comique), le japonais n’a aucune racine commune avec nos langues européennes. Et surtout, face au système d’écriture dans lequel cohabitent deux syllabaires et un système idéographique, notre pauvre alphabet de 26 lettres semble bien limité. Je crois que l’apprentissage d’une langue en dit beaucoup sur une culture étrangère… Mais surtout, par effet de miroir, sur sa propre culture. Ce n’est donc pas tellement de japonais dont je veux parler, mais plutôt de français. Mon objectif étant de démontrer que la langue n’est qu’un objet utile et nécessaire pour interpréter le monde, et qu’elle reste par essence, terriblement imparfaite… Et humaine.

Être et avoir, une seule et même notion

Le japonais ne distingue pas la notion d’être de celle d’avoir, ni l’inverse. Les deux sont transcrits de la même façon, avec : « ある » (aru, pour les objets) « いる » (iru, pour les êtres vivants). Cela nous amène à réaliser, je pense, que la notion de « possession » et celle de « statut » ne sont pas si distinctes que notre langue le laisse penser. En effet, si l’on observe ces deux langages de l’extérieur, il ne s’agit ni plus ni moins que deux interprétations culturelles d’une seule et unique notion : celle d’exister. Le japonais préfère proposer la distinction entre la chose matérielle et la chose vivante (impossible en français) et le français celle entre statut et propriété (impossible en japonais). Ainsi, si l’on veut traduire la possession en japonais, on utilisera plutôt le verbe « 持つ » (motsu, posséder) et si l’on veut traduire la simple existence en français, on choisira la forme toute faite « il y a », qui avouons-le, sonne assez artificielle… Imaginez-vous, à partir de demain, cesser toute distinction entre l’être et l’avoir dans la vie de tous les jours : vous ne croyez pas que votre existence (sociale) serait tout à fait différente ?

Pas de futur

Oui, le temps du futur n’existe pas en japonais. Cela ne signifie pas qu’ils vivent dans une dimension temporelle différente de la nôtre, mais simplement qu’ils interprètent le temps d’une autre manière. Car non, messieurs dames, la notion de futur ne coule pas de source, et notre système de division du temps n’est pas le seul valable. En effet, la conjugaison japonaise traduit bien davantage de niveaux de langues que de niveaux de temporalité, en réalité… Mais alors, comment exprime-t-on le futur ? En fait, on peut très bien considérer que le présent et le futur ne forment qu’une seule et unique notion, et alors, on se retrouve dans un système à deux temps seulement, « l’achevé » et « l’inachevé ». En fait, on pourrait même considérer que dans notre système, le futur est superflu. D’ailleurs la confusion existe déjà avec ce que l’on appelle le « futur proche » : « demain, je vais à l’école » est une phrase du futur qui utilise le présent de l’indicatif. Essayez de supprimer le futur de votre vocabulaire, simplement en ajoutant un adverbe de temps si vraiment nécessaire. Personne ne le remarquera…

Les fautes d’orthographe n’existent pas…

À la différence du chinois, qui n’utilise que le seul système idéographique des Kanjis, le japonais se base sur un syllabaire semblable à notre alphabet sur le principe. Avec les 42 signes de base du syllabaire hiragana, on peut écrire absolument tout ce qui existe dans cette langue. Si l’on ajoute les sons obtenus grâce à l’utilisation de diacritiques de voisement (qui permettent d’obtenir le son で (de) à partir du son て (te) par exemple) et les quelques apports des langues occidentales, il n’existe qu’une soixantaine de sons. Dès lors qu’à un son correspond un seul et unique signe, et qu’à un signe correspond un seul et unique son, la faute d’orthographe n’existe plus. Bon, en réalité, les japonais ne font que remplacer la faute d’orthographe par la faute d’écriture de kanjis toujours plus complexes et nombreux…

… et le mot est une notion infinie !

Dans ce cas, pourquoi s’ennuyer avec deux syllabaires et 3000 kanjis ? D’une part, parce que cela permet de différencier les très nombreux homonymes, comme par exemple 髪 (kami, cheveux), 神 (kami, dieu) ou 紙 (kami, papier). D’autre part, parce que contrairement aux lettres, les kanjis ont également un/plusieurs sens et une/plusieurs prononciations. En effet, le kanji 紙 (kami, papier) peut aussi se lire « gami » comme par exemple quand il est associé au kanji de la main (手紙, tegami : lettre), ou encore… « shi » comme par exemple quand il est associé au kanji de la monnaie (紙幣, shihei : billet de banque). D’un autre côté, le son « shi » porte une quinzaine de sens différents, selon la façon de laquelle il s’écrit/le mot dans lequel il se trouve… Car le concept d’idéogramme éclate complètement notre notion occidentale figée et orthographiée du mot. En effet, grâce à leur double association son/sens, les kanjis sont comme des dominos qu’on peut agencer à volonté. La seule limite à leur expansion dans le langage courant est donc… L’intelligence humaine !

Ce que votre ordinateur connaît du japonais. 1re ligne : les hiragana. 2e ligne : les katakana. 3e ligne : les kanjis.

Ce que votre ordinateur connaît du japonais. 1re ligne : les hiragana. 2e ligne : les katakana. 3e ligne : les kanjis.

2 Commentaires

  1. jeremie

    le gars il roule en skoda et il mange Chinois… tu vas vraiment finir intoxiqué toi !

  2. Le vrai Sam

    Un escroc s’est incrusté dans cette page !!!

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