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juil 06 2015

Tour de Sibiu 2.1, étape 4. 53e

La dernière étape du Tour de Sibiu ne s’élançant qu’à 17 heures, la matinée a été bienvenue pour récupérer et pour se défaire un peu du stress permanent qui durait déjà depuis cinq jours non-stop. Mais nous sommes tout de même allés rouler une heure et quart sur le circuit de l’après-midi, car le corps s’habitue vite à devoir se mettre en route tous les jours à la même heure. L’occasion d’échanger un peu hors-course avec des coureurs comme Serghei Tsvetcov ou les membres de l’équipe Differdange, étonnante structure continentale luxembourgeoise où aucun coureur n’est de même nationalité. Nous avons ainsi pu découvrir la montée du circuit de l’après-midi, une côte de 900 mètres à 8% environ, dont nous avions à couvrir la boucle de 19km à 5 reprises avant de terminer par une partie en ligne pour revenir vers Sibiu. Une dernière côte répertoriée brouillait les cartes à 10km de l’arrivée avant un dernier kilomètre sinueux et montant vers le vieux Sibiu et ses pavés. Avec 145 kilomètres, l’étape était la plus courte de l’épreuve : 145 kilomètres, ce n’était rien à côté des 230 de jeudi.

Puisque l’étape ne comprenait pas de cols, j’étais un peu plus protégé dans l’optique du sprint. Andrei Nechita ayant sans doute plus de caisse que moi pour se mêler à l’emballage sur une course professionnelle, je devais l’épauler jusque dans les derniers kilomètres. Je pouvais donc me désintéresser un peu de la course au départ : un départ supersonique, car deux coureurs avaient le même nombre de points au classement des rushs, et trois points étaient déjà distribués au kilomètre 6. Une grosse chute s’est produite devant moi peu avant de passer la ligne du rush, à un kilomètre du pied de la première montée. J’ai dû freiner tellement fort que j’ai fait quelques mètres sur la roue avant seulement, acculé contre le coureur à terre qui continuait de glisser. J’ai finalement réussi à contourner le premier et son vélo grâce à de bons réflexes, mais je n’ai pu faire autrement que de rouler sur la jambe du second pour repartir indemne. Toutes mes excuses à lui s’il me lit.

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La difficulté de la journée, montée tambour battant

Comme je m’en doutais, l’échappée est donc partie dans la côte juste après, mais ce n’était pas mon affaire. On a donc eu droit à un tour à allure réduite, le temps que l’écart se creuse. Mais rapidement, après une quarantaine de kilomètres, l’équipe Differdange a voulu revenir pour se disputer le dernier classement des rushs et ainsi s’offrir une ultime opportunité de repasser en tête. Par conséquent, ça n’a pas débranché et nous sommes revenus sur l’échappée peu avant la mi-course, et j’ai laissé quelques plumes dans la bataille en tentant de remonter les bidons. Abel Kenyeres, notre hongrois, a abandonné ainsi que Eduard Carol Novak, le patron à la prothèse, car il s’est fait renverser par la voiture de direction de course en queue de peloton. Nous ne nous sommes donc retrouvés plus qu’à quatre pour la fin de course, mais nous nous sommes appliqués à rester placer sur des routes parfois sinueuses et mauvaises. À l’approche du final, la tension est montée d’un cran. Le dernier GPM est monté très, très vite, à plus de 32km/h, et j’ai réussi à basculer en queue de peloton au courage. Je me suis rapidement replacé pour remonter Andrei et à cinq kilomètres de l’arrivée, nous étions idéalement placés peu avant l’entrée de Sibiu dans la roue de Cristian Delle Stelle, le sprinter de la CCC Sprandi – Polkowice.

La descente du circuit initial qui tendait toujours le peloton

La descente du circuit initial qui tendait toujours le peloton

Cependant, nous n’étions pas les seuls à vouloir entrer dans Sibiu bien placés et une grosse vague nous a repoussés d’un coup en milieu de peloton. J’ai bien tenté de filocher pour revenir en tête mais seul ou à deux seulement, impossible de faire sa place face à des équipes qui sacrifient un coureur uniquement pour cette tâche. Finalement, avec les ronds-points, le peloton s’est étiré et nous nous sommes naturellement éloignés de la tête, menée tambour battant par les équipiers d’Oscar Gatto. Andrei est parvenu à remonter 25e, et moi je suis resté dans la ficelle, pour passer la ligne en 53e position.

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Oscar Gatto l’emporte au sprint massif pour la seconde fois de la semaine devant la star locale du sprint Eduard Grosu, qui rentrera bredouille

Un Tour de Sibiu mitigé qui se termine enfin pour notre plus grand plaisir. On a bien mérité la coupure ! Une semaine de course avec une telle pression de résultat, c’est terriblement éprouvant… La grosse échéance de l’année est derrière nous : les résultats ne sont pas vraiment à la hauteur des objectifs pour l’ensemble de l’équipe, mais le niveau était très relevé cette année et nous avons plutôt bien manœuvré avec nos moyens. De mon côté, malgré beaucoup de pression, cette course restera comme un souvenir inoubliable au plus haut niveau du cyclisme international. Et je ne suis pas ridicule !