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oct 26 2014

Tour de Nouvelle-Calédonie #10

Le Tour de Nouvelle-Calédonie a vécu son crépuscule en même temps que celui de ma saison 2014, à la tombée de la nuit du samedi 25 octobre précisément, au terme d’un critérium final place des cocotiers dans le centre-ville de Nouméa. Un moment unique qui restera gravé dans la mémoire des centaines (milliers ?) de calédoniens présents sur le long du circuit, et surtout au pied du podium final pour acclamer leur vainqueur, notre vainqueur Thierry Fondère, qui est devenu, au terme d’une course sans accroc, le premier calédonien à remporter le Tour de Calédonie depuis Christian Pierron en 1999. Pour l’occasion, l’encadrement, le staff, la direction du tour, les médias avaient déployé les grands moyens : live radio intégral, interviews radio et télé à la pelle, tee-shirts jaunes à la couleur du maillot de Thierry pour le staff et les spectateurs, cérémonie de cloture féérique et, comble du spectacle, un formidable feu d’artifice à l’issue du podium final, sur lequel nous sommes montés tous ensemble aux côtés de Thierry.

Dernière étape : Critérium nocturne Nouméa, 36km

Avant cela cependant, nous avons eu une course, aussi anecdotique eut-elle été, avec un citérium en nocturne de 900 mètres à couvrir pendant 40 minutes plus cinq tours. L’objectif premier était bien évidemment d’assurer la minute et quarante cinq secondes d’avance de Thierry sur son dauphin kiwi au classement général Logan Griffin, mais cette fois-ci, nous n’avions pas besoin pour cela de prendre la course à notre compte et la victoire d’étape était à notre portée, que ce soit pour moi ou pour Mathieu Delarozière, qui tire sa révérence au cyclisme de haut-niveau sur ce critérium… Enfin tout du moins jusqu’à sa prochaine course.

Sur la ligne de départ, des enfants ont inscrit des dizaines de « Allez Thierry » à la craie sur le bitume, d’autres agitent des dessins du maillot jaune en plein effort aux crayons de couleur, la ferveur du public qui scande son nom est inénarrable. Après quelques politesses de la part de l’organisation et un tour de chauffe rapidement couvert, le départ est donné. Avec une durée de course si courte, il n’est pas utile de préciser que le départ est extrêmement rapide. De mon côté je remarque que le coeur monte bien et que les jambes semblent présentes même si le rythme effrêné me donne la sensation d’être constamment essouflé. Lorsque je mets le nez à la fenêtre, au cinq ou sixième tour, je ne parviens même pas à rester un tour entier en tête, tant le rythme est élevé et mes sensations finalement singulièrement mauvaises. Je paye très probablement ma grosse débauche d’énergie de la journée d’hier et je ne suis pas du tout explosif. Rien ne vient troubler l’allure folle du peloton, sinon une vilaine chute d’un australien contre les barrières à l’avant du peloton qui cause quelques frayeurs à notre maillot jaune. Sans interruptionAprès cette apparition fugace à l’avant de la course, je ne reviens en tête qu’une quinzaine de tours plus tard : alors qu’un groupe de quatre ou cinq coureurs roule 100 mètres devant le gros du peloton, je tente d’opérer la jonction sur une attaque violente, n’y parviens pas et retrouve la queue de peloton pour ne plus la quitter jusqu’à l’arrivée.

Le compte tour indique bientôt trois, puis un : la cloche ne retentit pas. Je n’attends plus qu’une chose : l’instant où ce rythme insoutenable cessera enfin. Au tour suivant, c’est le sprint. Je suis des yeux Mathieu qui semble bien placé à trois virages de l’arrivée. Depuis la queue du peloton, à l’agonie, j’aperçois l’italien Francesco Castegnaro, leader du classement des points chauds, lever les bras au terme du faux-plat montant. Mais la course n’est pas terminée. Le compte-tours était en fait un compte-minute avant le début du débours des cinq derniers tours. Le timing me semble bon et je me remobilise à 100% pour tout donner dans ces cinq derniers tours, et entreprends de remonter le peloton entier pour aller me mêler au sprint ou à défaut, d’aider Mathieu à conclure ce tour de la meilleure des manières. L’adrénaline me redonne la force qu’il me manquait jusque là. A deux tours de la fin, je suis de retour dans la roue de Mathieu, en dixième position… Mais une vague m’en éloigne et je dois fournir un gros effort dans le dernier tour pour revenir dans le jeu. La porte s’ouvre face à moi en ligne droite opposée ! Mais je suis serré à deux virages de la fin et dois reculer en dixième position… Jean-Denis Armand, en déraillant aux 150 mètres, gène Mathieu dans son sprint, et celui-ci, qui était dans sa roue, se retrouve en tête en perte de vitesse : il est remonté sur le fil par l’italien Castegnaro et le suisse Keller Chiron. Pas de regret pour Mathieu : le vainqueur des deux arrivées est le même… Félicitations à lui. De mon côté, j’ai profité de ce fait de course pour aller chercher au métier une 9e place inespérée. Surtout, notre cagou Thierry Fondère s’impose au classement général, dans une ovation toute aussi générale.

Soudain, c’est l’effervessence. Thierry est encerclé par une mare de journalistes et de supporters, en même temps que le nombreux staff de l’équipe, ses parents et nous mêmes, qui nous joignons à la foule. Nous prenons des tonnes de photos, ensemble, avec l’équipe, lui avec ses parents, le staff, et puis il se retrouve happé par l’équipe de France Première qui couvre l’événement. La foule est impressionnante. Au pied du podium, des centaines de personnes se massent et applaudissent Thierry sur la plus haute marche du podium, où nous le rejoignons tous ensemble. Je me souviendrai toujours de l’instant où le feu d’artifice éclate dans notre dos, et de l’ovation de la foule. C’est sur cette image magnifique que se termine ma saison 2015…

caledo5

1. CASTEGNARO Francesco ACLN Dumbéa
2. CHIRON Keller Suisse – Entreprise Pierre à 0″
3. DELAROZIERE Mathieu Axial – Entreprise Pierre à 0″

9. BOSSIS Tom Axial – Entreprise Pierre à 0″

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