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oct 24 2014

Tour de Nouvelle-Calédonie #9a et #9b

Il s’agit pour nous aujourd’hui de la dernière grande bagarre, notamment le matin, à l’occasion d’une courte étape de plaine sur la RT1 entre La Foa et Boulouparis en effectuant un demi-tour à Moindou, ville arrivée la veille. Nous devrons tous être aussi soudés que les jours précédents autour de notre leader et maillot jaune Thierry Fondère. L’après-midi, cette fois-ci, c’est Thierry lui-même qui devra seul affronter le contre-la-montre entre l’Arène du Sud de Païta et le parc Fayard de Dumbéa, sur la même arrivée que le troisième jour, où j’avais terminé troisième de l’étape.

Neuvième étape A : La Foa – Boulouparis, 69km

Les jours de course commencent à peser pour tout le monde, et nous gardons en mémoire la longue bagarre de la veille et le peu de soutien que nous avons reçu : une échappée se dessine tôt avec neuf coureurs, dont Enric Lebars de la Shell, coureur le mieux placé dans le top 10 du général à un peu plus de cinq minutes. D’un commun regard, nous décidons de nous contenter de cette situation assez peu risquée, même si cela nous contraint à une grande débauche d’énergie en poursuite derrière (lutter à 3 contre 9, c’est forcément compliqué) : au moins, le scénario sera différent de la veille et nous calmerons tout le monde. L’écart monte très vite à la minute malgré que nous n’ayions pas perdu de temps à nous mettre en place, mais je commence à être habitué au fonctionnement de la formation des échappées et à la gestion de leur contrôle. Nous sommes deux et demi de l’équipe à nous relayer, Pierre qui tient à peu près le même niveau de relais que moi et notre australien Kyle Thompson qui remonte de manière épisodique ; ainsi que trois coureurs de la Ouenghi Sports, qui nous désorganisent un peu dans les portions délicates… Mais nous soulagent allègrement dans les portions descendantes.

La douleur est continue pendant 65 kilomètres, pas de pause, il s’agit d’un contre-la-montre nécessitant une concentration physique, nerveuse et intellectuelle permanente. Nous savons que nous ne sommes absolument pas en danger, d’une part parce que l’écart ne dépasse jamais deux minutes malgré que nous ne soyons la plupart du temps que deux à nous relayer avec Pierre, mais surtout parce que la présence de Lebars menace indirectement la position de certains de nos poursuivants au classement général et que nous sommes ainsi certains de recevoir du soutien si l’écart enfle soudainement. Nous parvenons à le contenir sous les deux minutes pendant de nombreux kilomètres, puis même à le réduire un peu jusqu’à une minute trente, à quelques secondes de plus ou de moins en fonction des kilomètres qui eux, ne cessent de défiler en notre faveur. Mathieu vient finalement nous prêter main forte à une quinzaine de kilomètres de l’arrivée, avant que l’équipe Paradise Investment ne tente un coup de bordure dans le final. Je suis encore présent à l’avant malgré tout le travail accompli, je me régale d’avoir ce niveau de performance ! Nous revenons finalement à moins d’une minute des échappées, pendant que Lebars s’impose à l’avant devant un de ses coéquipiers. Le maillot jaune de Thierry est sauf plus que jamais, à quelques minutes du contre-la-montre de Païta dont le départ n’est donné qu’une heure et demie après l’arrivée de l’étape…

1. LEBARS Enric Shell Pacifique
2. LE CALVE Grégoire Shell Pacifique à 0″
3. IPPOLITO Stephano ACLN Dumbéa à 0″

58. BOSSIS Tom Axial – Entreprise Pierre à 2’13 »

Neuvième étape B : Païta – Dumbéa, 10,4km CLM

Je me suis longtemps demandé pendant le tour si j’allais devoir courir ce contre-la-montre à 100% de mes moyens, ou pas, comme c’était le cas l’an dernier : j’avais terminé avant-avant-avant dernier. Je connais bien le parcours pour l’avoir repéré deux jours avant le grand départ et il me plait bien. Les jambes étaient bonnes ce matin, je suis de bonne humeur avec ce succès collectif qui se rapproche à grands pas en même temps que la fin de saison, et puis surtout, c’est une occasion unique de me jauger et de rouler au seuil pour moi-même à armes (presque) égales avec les autres. En effet, je pâtis du handicap de partir dans les premiers compte tenu du classement général, ce qui me laisse presque deux fois moins de temps de récupération que les autres ; sans compter l’énergie dépensée ce matin ainsi que les jours précédents… Je choisis de le faire à bloc.

J’ai du mal à trouver mon rythme au départ, je m’efforce de bien tourner les jambes compte tenu du fait que je sens davantage les toxines que le matin. Mais le coeur monte davantage. Après même pas deux kilomètres, je reprends le coureur parti une minute devant moi ! Je trouve enfin mon allure, et m’efforce de gérer mes efforts à l’approche de l’ascension du col de Katiramona, sans pour autant perdre de temps. Je bute un peu dans la première partie de l’ascension, mais cela me permet de relancer davantage sur le sommet, d’autant plus que je double déjà un second conccurent parti deux minutes avant moi et que le fort vent de face est un peu moins prégnant après la première bascule. Je relance très fort jusqu’à l’amorce de la descente, que j’aborde un peu carbonisé, mais je me force à pédaler encore et encore, de lutter contre la tendance à la baisse du rythme cardiaque avec le relâchement musculaire. J’aperçois soudain le Tahitien que je venais de reprendre me doubler comme un boulet de canon ! Je suis surpis, je me demande si je ne suis pas entrain de m’endormir alors j’appuie encore davantage et le passe de nouveau mais je me sens buter contre la ligne rouge alors je sais que non, mais de toute façon il ne reste plus qu’un kilomètre, cinq cent mètres, je donne tout jusqu’à la ligne et c’est terminé en quinze minutes et vingt-et-une secondes.

Une heure plus tard, je suis retourné encourager Thierry qui termine finalement second du contre-la-montre en 14’49, derrière Logan Griffin en 14’38. Florent Castellarnau, 3e, est en 15’11 : je suis 8e au classement final. Apparemment, mon temps serait resté invaincu jusqu’aux vingt derniers coureurs. Il semblerait que je tienne une sacré force en cette fin de tour. Je ne regrette pas d’avoir couru ce contre-la-montre à 100% et j’en retiens plus que jamais une leçon : TOUJOURS prendre les chronos au sérieux… Demain, c’est la dernière fois de l’année que je monte sur un vélo, et je tiens à la finir en apothéose sur le critérium final de Nouméa place des cocotiers : avec la victoire finale, mais aussi, pourquoi pas en ce qui me concerne, la victoire d’étape que j’attends depuis tant de temps…

1. GRIFFIN Logan Paradise Investment
2. FONDERE Thierry Axial – Entreprise Pierre à 11″
3. CASTELLARNAU Florent VCC Mont Dore à 32″

8. BOSSIS Tom Axial – Entreprise Pierre à 42″

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