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oct 23 2014

Tour de Nouvelle-Calédonie #8

Huitième étape : Poya – Moindou, 84km

Nous abordons aujourd’hui une étape particulièrement délicate pour nous : 85 kilomètres de RT1, fort vent de face, avec un profil délicieusement vallonné. Je sais que nous avons une forte responsabilité : tout le pays attend la victoire de Thierry, alors que nous n’avons eu jusqu’à maintenant quasiment aucun soutien, et dieu sait qu’il est difficile de contrôler à quatre (trois et demi) un peloton de 70 coureurs déchaînés pour prendre l’échappée, avec parmi eux quelques filous placés au classement général qui, parfois même, attaquent en personne lorsqu’ils nous sentent plier.

Dès le départ, les tentatives s’enchaînent sans jamais aucun répit, pendant de nombreux kilomètres sur des routes vallonnées qui nous obligent à reculer régulièrement dans le peloton et à toujours nous préparer à l’éventualité du contre. Le fort vent de face permanent ne nous facilite pas la tâche, d’autant plus que si les jambes ne semblent pas trop toxinées de mon côté, le corps et le coeur ne répondent pas, je suis mou et diesel à force de rouler chaque jour de longs kilomètres au seuil devant le peloton. Il arrive à plusieurs reprises que nous parvenions à faire sortir une échappée pas trop nombreuse et pas trop dangereuse, mais toujours, alors que nous prions pour qu’ils prennent vite de l’avance, un coureur se sent piégé ou obligé de relancer la course, et toujours, après trois kilomètres d’illusion, le statut quo reprend et tout repart de zéro. Seulement, les kilomètres défilent et il nous reste de moins en moins de temps de course à tenir jusqu’à l’arrivée. La bagarre aura duré aujourd’hui plus de quarante-cinq kilomètres avant qu’une échappée se forme qui contente tout le monde, sauf nous bien entendu. Mais sans transition, en ce qui nous concerne, c’est alors que démarre une seconde bagarre, celle de maintenir l’écart le plus faible possible, à deux contre quinze. Il reste alors quinze kilomètres jusqu’au pied du col des Arabes, de troisième catégorie, et vingt encore jusqu’à Moindou, où est jugée l’arrivée, au terme de longues lignes droites faux-plat vent de face avec une vue interminable. Nous donnons tout ce qu’il nous reste avec Pierre Comet, nous résistons plutôt bien au début, l’écart qui nous parvient est deux fois de suite de onze secondes, puis vingt-cinq, puis trente-huit. Lorsque le pied de la côte arrive, je tente d’insister mais compte tenu de ce début d’étape de folie je n’ai jamais eu le temps de me ravitailler et je suis totalement déshydraté, d’autant plus que les costauds attaquent à présent. Je m’écarte définitivement, il reste vingt kilomètres. Devant, le groupe d’une quinzaine va au bout et assiste à la troisième victoire au sprint de Jean-Marie Gouret, pendant que Mathieu reçoit le soutien du réunionnais Jean-Denis Armand dans le final, et à deux seulement ou presque, parviennent à maintenir le groupe à une grosse quarantaine de secondes.

Je n’ai alors plus qu’à enfiler trois bidons de suite, mettre la chaîne à gauche et railler l’arrivée tant bien que mal, quinze minutes après l’arrivée, cinq avant Pierre, encore en plus mauvais état que moi. Mais le plus dur est fait. Nous avons réussi à conserver une marge confortable jusqu’à la fin du tour, il ne nous reste plus que 69 kilomètres en ligne à tenir demain matin entre la Foa et Boulouparis, puis ce sera le dernier contre-la-montre individuel entre Païta et Dumbéa l’après midi : les cartes seront dans les mains de Thierry. L’ultime critérium nocturne à Nouméa sonnera comme une délivrance…

1. GOURET Jean-Marie OPT
2. CASTEGNARO Francesco ACLN Dumbéa à 4″
3. SANNINO Giusseppe ACLN Dumbéa à 4″

60. BOSSIS Tom à 15′

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