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oct 20 2014

Tour de Nouvelle-Calédonie #5

Cinquième étape : Poindimié – Hyengène, 112km

Nous entamons le cinquième jour de course, déjà, avec une longue étape sur la côte est de l’île, la moins développée, à dominance canaque. Depuis Poindimié, la principale ville de la côte, nous partons vers le sud, pour bifurquer après une petite vingtaine de kilomètres et remonter en direction du nord, sur la même seule et unique route bien entendu. Après être repassé au départ, nous poursuivons notre remontée vers Hyènghène : avec 112 kilomètres, il s’agit de l’étape la plus longue du tour.

Nous sommes tous mobilisés autour de Thierry Fondère, notre calédonien maillot jaune, qui déchaîne littéralement les foules. N’étant plus placé au classement général, j’occupe le rôle de larbin numéro un : ma tâche, en compagnie des autres, est de filtrer les attaques pour laisser partir une échappée la moins nombreuse et la moins dangereuse possible, puis d’organiser la poursuite pour limiter l’écart au maximum pendant tout le reste de l’étape. Je laisse donc beaucoup d’énergie dans les vingt premiers kilomètres : le coup sort finalement un peu avant le second passage à Poindimié. Ce n’est pas une échappée dangereuse : le mieux placé est le japonais Fukushima qui compte un peu plus d’1’30 de retard sur Thierry, sachant que nous avons placé Pierre Comet à l’avant qui lui est aux alentours de deux minutes, mais c’est en revanche une échappée nombreuse, avec entre douze et quinze coureurs à l’avant.

Immédiatement, lorsque je comprends que ce coup est enfin le bon, je me place en tête de peloton pour imposer un rythme suffisamment soutenu pour éviter les tentatives de contre, mais suffisamment modéré pour que la jonction ne soit plus possible avec la tête. Notre australien Kyle Thomson vient me prêter main forte, puis après une quinzaine de kilomètres, l’équipe de Ouenghi Sport Aventures nous rejoint en tête. Je régule l’allure et le comportement des troupes : l’écart monte très vite à deux minutes, puis augmente très légèrement jusqu’à 2’45’’, alors que nous gérons notre effort. Après la deuxième côte répertoriée, aux alentours du kilomètre 60, nous donnons tout ce qu’il nous reste. Il m’arrive de prendre des relais de plusieurs kilomètres. Jusqu’au kilomètre 90, nous parvenons à maintenir l’écart, mais il ne me reste plus beaucoup d’énergie. Mathieu Delarozière, notre dernier atout, vient nous prêter main forte et je ne suis dès lors plus le moteur du groupe. Quelques kilomètres plus loin, je ne parviens plus à soutenir le rythme. J’essaie d’être utile une dernière fois en venant remonter les bidons, mais la troisième côte répertoriée est déjà là et c’est fini pour moi.

caledo3

Je termine l’étape tranquillement avec mon collègue Laurent Debaene de Ouenghi, qui ont apporté non pas leur pierre à l’édifice, mais leur édifice à l’édifice pour que Thierry puisse conserver le maillot. Au final, Mathieu a mis un gros coup de vis dans ladite côte, relayé par Thierry, qu’ils ont poursuivi dans les dix derniers kilomètres : Thierry revient à une grosse minute du vainqueur Millour, pendant que Pierre termine troisième de l’étape. Cette journée était à mon sens la plus piégeuse : nous avons montré, en tenant les 14 hommes de tête à distance respectable, que nous sommes assez solides pour conserver le maillot jusqu’à Nouméa. Dès demain, nous entrerons dans le vif du Tour, avec deux demi-étapes très difficiles : l’une des deux journées reines du tour avec l’arrivée au sommet de la mine le lendemain…

1. MILLOUR Geoffrey OPT
2. CASTEGNARO Francesco ACLN Dumbéa à 0″
3. COMET Pierre Axial – Entreprise Pierre à 0″

X. BOSSIS Tom Axial – Entreprise Pierre à 9′

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