«

»

jan 26 2014

#41 2/3/J Tour Loire-Pilat

            Déjà une semaine depuis les championnats de France, et déjà la tête n’y est plus. La semaine pourtant, je me force à continuer sur ma lancée, avec une nouvelle semaine à 20 grosses heures, espérant profiter de ma forme encore sur le Tour Loire-Pilat idéalement placé pour décompresser et profiter d’un nouveau week-end avec l’équipe, comme on en a passé tout au long de l’année.
            Les choses sérieuses commencent dès le premier jour avec une étape montagneuse par la Croix de Montvieux et le col de l’Oeillon. Ce sont des routes que je connais très bien pour y passer souvent à l’entraînement, autant avec le pôle que depuis Lyon, et c’est toujours un sentiment particulier de courir en terrain connu.
            L’équipe sur ce TLP est au complet avec Thomas, Valentin, Paul et Romain ainsi que Rémy mais celui-ci ne court pas avec notre maillot, mais avec celui du comité de la loire, les équipes étant restreintes à 5 coureurs. Notre équipe a donc les épaules pour être considérée comme l’une des favorites, homogène comme toujours, et avec de bons arguments face aux armadas de Chambéry, Saint Etienne, Ambert ou Cournon notamment.
            On entre directement dans le vif du sujet avec les premières pentes du col de la Croix de Montvieux dès le départ fictif à Saint Paul en Jarez. Celui-ci ne nous laisse pas beaucoup de temps pour nous mettre en jambe et les attaques s’enchaînent déjà sur la partie roulante jusqu’à la Terrasse sur Dorlay, où la pente commence à se durcir un peu. Comme à son habitude, Rémy est l’un des premiers à lancer les hostilités et parvient cette fois à creuser un bon écart sur quelques kilomètres, mais rentre rapidement dans le rang avant de payer ses efforts.
            Je ne peux pas m’empêcher de me tester un peu plus haut, en tentant ma chance dans une partie un peu plus raide. Je ne suis ni assez explosif ni suffisamment méconnu pour creuser un écart et je dois plier les ailes rapidement moi aussi. Le premier coup se dessinera à l’usure, presque à la pédale, avec sans doute quelques uns des plus costauds du jour : Paul Sauvage pour nous, avec le chambérien Nans Peters, le stéphanois Loic Rolland et le dromois Dorian Lebrat, tous juniors.
            La fin du col est un calvaire pour moi. Je suis dans le dur bien trop tôt, à m’accrocher à ma place dans les 20 premiers du peloton sans jamais voir le jour ni que l’on se rapproche pour autant de la tête de course. La bascule est une délivrance et la souffrance de la montée s’efface pour la tension de la descente. Je ne m’y sens pas plus à l’aise. Les virages se succèdent à l’aveugle avalés à pleine vitesse sur une route large et rapide, qui ne me mettent pas plus en confiance, au milieu d’un peloton de coureurs aux trajectoires parfois un peu surprenantes. Je perds plus de places que je n’en regagne pour entamer la traversée de Pélussin dans les dernières positions, sans aucune nouvelle de la tête de course, ni aucune emprise sur son scénario.
            La course se calme lorsque la route s’incline de nouveau pour entamer les premiers faux-plats dont seules quelques courtes descentes viendront couper la monotonie ascendante jusqu’au sommet du col de l’Oeillon au-dessus des 1200m. Cela part pour durer une quarantaine de kilomètres soit une éternité pour qui a basculé au premier col avec difficulté. Je me retrouve partagé entre la semi conscience de mes mauvaises sensations et le statut de champion rhône-alpes que mon maillot blanc bien voyant me force à assumer.
            Je peux remonter à l’avant lorsque le rythme se stabilise. Pour cause, j’en prends état rapidement, une équipe a décidée de prendre la chasse à son compte : mes collègues du VC Corbas. Piégés, ils tentent dans un premier temps de combler le retard en roulant à l’arrière. Lorsqu’au pointage suivant, on annonce que l’écart a doublé, ils tentent une autre tactique : Jérémy Leclerc tente de relancer un groupe de contre pour relancer la course. Seulement, les plus forts sont devant, et rien ne peut inverser la situation pour le moment, sinon de la patience.
            Au fil de la montée, mes sensations s’améliorent et je me retrouve dans les plus costauds lorsque la route s’élève vraiment. Je gaspille souvent de l’énergie pour des attaques violentes et inutiles dont je me remets difficilement. Le sommet se rapproche sans que rien n’évolue à part l’écart qui va grandissant, puis se stabilise autour de la minute trente, avant d’enfin se réduire un peu lors des séquences de courses les plus rythmées à l’arrière.
            A l’approche du sommet, j’accuse le coup de nouveau. Je ne suis décidément pas bien. Les quelques gouttes qui se transforment bientôt en pluie battante n’arrangent rien de mon côté et lorsque le rythme accélère un peu trop brutalement, alors que je ne me suis pas encore remis de ma dernière attaque, je perds même quelques longueurs qui s’agrandissent dangereusement. Je dois me faire violence pour boucher le trou et ne finis par y parvenir que 6 ou 7 grosses minutes plus tard. Le peloton s’est réduit à peau de chagrin et ne compte plus qu’une grosse vingtaine de coureurs sur le sommet. Les deux boucles à parcourir sur le plateau n’offrent pas un centimètre de plat et les échappés sont toujours devant, à une petite minute, hors d’atteinte pour le moment.
            A l’issue de la première descente, lorsque la route remonte de nouveau, on peut les apercevoir au loin. Il ne reste plus qu’une boucle avant de replonger vers Pélussin, et donc plus qu’une occasion de boucher le trou dans la dernière montée vers le Bessat. J’attaque un peu à contretemps et ne sens pas le bon contre sortir lorsque Gautier Heraud rentre seul, puis Romain et Loic Rolland à la faveur du dernier kilomètre. C’est enfin la bascule, l’échappée ne sera jamais revue et le peloton se lance dans la descente.
            Elle ne finit jamais : 20 kilomètres pour rejoindre Pélussin. Je ne me fatigue pas à remonter à l’avant, de toute façon, je n’ai plus grand-chose à gagner et je n’ai plus qu’à croiser les doigts pour que Paul ou Romain ne l’emportent. Avec Thomas, on s’organise pour qu’il essaie d’aller chercher une place derrière l’échappée. Dans la boucle finale, il doit sortir à 3 ou 4 kilomètres de l’arrivée. Malheureusement, il n’en a pas tout à fait les moyens et se fait reprendre : je me concentre sur mon final, histoire de travailler correctement. Je trouve l’ouverture à un kilomètre de l’arrivée et je résiste au peloton, à l’exception de deux coureurs du Centre Mondial du Cyclisme qui me remontent sur la ligne, revenus du diable vauvert. Je pense que j’aurais pu me faire un peu plus mal pour qu’ils ne reviennent pas, mais je m’en fiche un peu.
            Romain a remporté l’étape face à Loïc Rolland. Paul termine 4e. L’équipe a donc fait le boulot pour moi. Je suis content, mais j’aurais aimé pouvoir partager le final avec eux. Des meilleurs juniors du rhône alpes, il n’y a que moi qui aie manqué. Demain, c’est moi qui ferai la course à l’avant.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser les balises HTML suivantes : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>