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jan 26 2014

#39 1.14 Tour Cévennes-Garrigue étapes 2, 3

 Etape 2 : Logrian – Florian 9,1km
            Leader du classement général, je n’ai pas trop d’espoir de conserver la tête à l’issue du contre-la-montre. Tout au long de la saison, les deux coureurs dans la même seconde que moi au classement général, Loic Rolland et Lucas Bleys, sont tous deux meilleurs que moi théoriquement sur ce type d’effort. Malgré tout je suis bien évidemment décidé à prendre ma chance à fond, mais la victoire de la veille m’a enlevé de la pression, et par conséquent, je suis serein au départ.
            C’est certainement l’approche la plus sérieuse d’un contre-la-montre que j’adopte depuis que je pratique cette discipline. Un long échauffement minuté, effectué avec minutie, toujours dans le bon timing ; avec un vélo adapté dont j’ai adopté la position l’avant-veille. Pour ne pas avoir le maillot qui flotte pendant le contre-la-montre, je remplace le maillot jaune de protocole par la combinaison du club et une paire de lunettes jaunes. A 5 minutes du départ, je détache mon collant d’échauffement, j’enlève ma veste, je glisse l’oreillette dans mon casque que j’enfile, et je me dirige vers la rampe de lancement.
            Je suis déjà dans ma bulle de gestion de mon contre-la-montre. Dans ma tête, la voix de Vincent me demande « c’est tout bon ? », et ça l’est. C’est la première fois que je cours avec l’oreillette, et c’est vraiment excellent.
            Je pars assez fort tout en m’appliquant sur la technique du contre-la-montre et en restant concentré sur la gestion de mon effort. Je prends les trajectoires les plus rapides en suivant la volonté de Vincent. C’est même presque lui qui gère mon braquet, ma position, mon effort. La première partie est la plus difficile à doser car elle est à tendance montante et très irrégulière dans le profil et les courbes. C’est ici que je creuse l’écart sur mes adversaires : Vincent prend comme référence les pointages de Romain qui a remporté ce contre-la-montre l’an dernier. Pour le moment, je suis dans le même temps que lui et ça me convient parfaitement. Au fil du contre-la-montre, je réalise que les choses tendent à prendre plutôt une bonne tournure et les pointages par rapport à Loic Rolland le prouvent : 15 secondes d’avance déjà au pointage à mi-parcours !
            La seconde partie est totalement rectiligne sur une grande route en faux-plat descendant plus régulier. Je suis 52*14 et je tourne les jambes très rapidement : je ne peux pas aller beaucoup plus vite alors j’en profite pour conserver un peu de coffre pour la partie finale, ainsi que sur ma position qui est quasi parfaite sur toute cette partie. Le virage à droite marque l’entrée dans les 3 derniers kilomètres. C’est la dernière partie où la différence peut se faire : il n’y a presque plus besoin de réfléchir. Je suis dans le rouge dans le dernier kilomètre lors duquel je dois me faire mal comme rarement pour ne pas flancher. Je passe la ligne complètement épuisé, en ayant géré mon effort à la quasi perfection. La performance est à la hauteur : c’est le 3e temps, je consolide mon maillot jaune pour pas moins de 20 secondes !
J’ai sorti ici le meilleur contre-la-montre de ma vie, copie parfaite. Même pour un effort physiologique pour lequel je ne suis pas naturellement doué, avec la force musculaire, une technique et une gestion de l’effort optimales et une forme physique excellente, je suis capable de m’élever au niveau des spécialistes. Le champion Rhône Alpes de chrono Thomas Bouvet l’emporte depuis le champion de Pologne de contre-la-montre Gracjan Szelag. Après deux premières étapes éblouissantes, le plus difficile est fait en ce qui concerne le classement général et je ne vois pas qui pourra me bousculer cet après-midi avec une équipe aussi forte et soudée autour de moi.
Etape 3 : Lasalle – Lasalle, 84km
            Après l’épisode miraculeux du Tour de la CABA, j’accroche de nouveau mon dossard sur un maillot jaune, avec beaucoup plus de décontraction et de distance cette fois. Si la première fois, je ne m’accorde pas beaucoup d’espoirs quant à mes chances de victoire, cette fois, je suis persuadé que rien ne peut m’arriver cet après-midi, et que ma victoire est presque déjà acquise, car j’estime avoir déjà fait le plus difficile. Malgré tout, les je suis décidé à tout faire pour me montrer infaillible dès le départ, et une fois la victoire au général assurée, je me vois déjà lever les bras pour la victoire d’étape.
            Malheureusement, ce n’est pas comme ça que ça fonctionne.

            Je profite de tous ces moments en jaune, aussi bien au départ qu’une fois la course lancée. Je me plais à être le point de repère au milieu du peloton : on me respecte, on ne vient pas trop frotter avec moi et je me replace sans aucun effort dès que j’en ai besoin.
            La première partie se fait sur une route large et descendante, sur laquelle je sais que les attaques auront du mal à se développer, et où l’équipe n’a absolument aucun intérêt à se dévoiler. Le peloton se régule de lui-même, mieux encore, c’est l’équipe belge du leader du classement des sprints qui se charge de contrôler les offensives. Si bien que j’aborde virage à droite en épingle annonçant le pied du premier col du jour en pleine confiance, grisé par le maillot jaune. Devant moi, tout le monde s’écarte. Sans m’en inquiéter, et un peu trop mal placé encore pour aborder sereinement le col, je saisis l’occasion tout naturellement. En une seconde, je me retrouve à terre au beau milieu du peloton, dans un virage que tout le monde passe à l’arrêt. Sonné, je me dépêche de me relever mais je suis tout engourdi, je regarde rapidement mon vélo, je remonte dessus maladroitement. Comme tout le monde a bien vu la chute, le peloton s’emballe et disparaît au coin du prochain virage. Paul est à mes côtés et met toute sa bonne volonté pour me rassurer « ton dérailleur est tordu, c’est pas grave, t’as mal partout, c’est pas grave » mais je ne l’écoute pas vraiment, je ne pense qu’à repartir au plus vite pour ne pas perdre de temps. Tout de suite, il vient se placer devant et m’emmène dans sa roue dans les premières pentes. Je me maudis de déjà lui imposer un effort pareil alors qu’il n’a rien demandé. Je suis très inquiet pour mon poignet, qui me fait très mal, une douleur dont je n’ai pas l’habitude, mais finalement, elle se résorbe puis disparaît et sera oubliée pour le reste de la journée. Je me concentre à réparer au plus vite mon erreur et je me persuade qu’elle sera oubliée avant la fin de la journée. Ce ne sera pas vraiment le cas, puisque je ne le sais pas encore, mais j’ai fendu mon cadre sur cette chute à l’arrêt débile, à une semaine des championnats de France.
            Je suis rapidement de retour dans le peloton : je n’ai pas pu m’empêcher de prendre le relais de Paul, je déborde de rancœur et d’énergie. On se replace en très peu de temps à l’avant du peloton et je prends bien soin de faire remarquer à tout le monde que je suis de retour et que rien ne peut m’atteindre. La conséquence directe, est que le rythme se calme immédiatement et que la fin de l’ascension sera beaucoup plus calme.
            Je mets à l’ouvrage Valentin et Thomas pour contrôler les attaques d’ici le sommet pendant que je recharge un peu les batteries. Gautier Heraud, le polonais Szelag, le maillot à pois Vincent Flumian sont toujours les mêmes à essayer de trouver l’ouverture. Mais à la bascule, le peloton est encore groupé, comme si le premier tour du circuit n’avait servi à rien.
            La descente permet de définitivement tirer un trait sur les premiers épisodes de l’étape et de recommencer à zéro au passage de Lasalle, pour le second et dernier tour de circuit complet, avant de se diriger vers la seconde boucle plus grande au tour suivant. Je me surprends aussi à profiter de nouveau de l’atmosphère chaude et agréable du soleil des Cévennes, je profite de la course en tant que telle, et j’y prends du plaisir.
            Les jambes se réactivent lorsqu’on retrouve le faux-plat descendant sur la grande route large qu’on a empruntée au départ. Je crois qu’ici, deux hommes trouvent l’ouverture, le maillot vert belge Thierens et le roannais du VCR Martial Barbezat. Ce genre d’échappée est l’échappée idéale pour moi. Malheureusement, l’équipe du maillot à pois ainsi que tous ceux qui voulaient ne pas rater le coche, maintiendront de par leurs efforts le peloton à moins de 30 secondes.

            La nouvelle ascension du col du Puech, je peux la contrôler moi-même depuis l’avant du peloton. Je me permets une fois sur trois ou quatre, afin de soulager Thomas, Valentin et Paul qui travaillent à réguler les attaques, d’aller chercher les plus gros clients. Thomas Bouvet est véritablement déchainé mais même pointé à 1’30 au classement, je n’ai aucune intention de le laisser partir. En fait, mes adversaires ne le comprennent pas vraiment, ni moi ne l’anticipe ; mais je veux jouer aussi la victoire d’étape.
            Le calme revient avec la descente, et la bagarre est moins âpre dans la portion de plaine qui suit. En effet, les deux boucles de circuit sont terminées et on part pour un nouveau demi-tour, avant de bifurquer au sommet du col du Puech pour celui de Bane, situé un kilomètre et demi plus haut, avec un final un petit peu plus raide. Tous ceux en mesure de jouer l’étape l’ont certainement coché comme étant un point d’offensive stratégique, et tous les autres, comme un point délicat sujet à appréhension. Si bien que si les attaques se répètent au long du col de Puech, toujours l’œuvre des mêmes coureurs ; elles se font un peu moins fréquentes, un peu plus tranchantes, mais toujours pas déterminantes.

            La portion de replat avant la bifurcation vers le col de Bane permet aux autres roannais qui sont sollicités sans relâche aux avants postes depuis ce matin, de reprendre un peu leur souffle avant la dernière rampe. Lorsqu’on tourne à gauche, c’est Thomas qui me prend sous sa coupe et qui me guide jusqu’à un kilomètre du sommet environ, où il s’écarte. Thomas Bouvet est le premier à lancer une offensive que je prends immédiatement au sérieux, mais que je contrôle sans pour autant me dévoiler totalement. Je connais très bien mes adversaires et je compte sur le maillot à pois qui est en danger, seulement celui-ci n’est pas capable d’aller répondre aux attaques. Je dois y aller moi-même à quelques 500 mètres du sommet, avec mes adversaires directs dans la roue. Loic Rolland et Gautier Heraud n’accélèrent finalement que… Pour se disputer entre eux les points du GPM ! Je dois réfréner une pulsion d’attaque peu avant le sommet tellement je me sens à l’aise dans leurs roues. J’avais un peu d’appréhension au pied du raidard, mais à la bascule, je suis rassuré : ils ne pourront jamais me décrocher.
            Je n’hésite pas à même faire la descente en tête, de toute façon, personne n’est capable de me mettre en difficulté dedans, d’autant plus que je la connais par cœur tout comme la montée d’ailleurs : dans les 4 dernières années, j’ai été en stage 3 fois avec le club dans cette région et je l’ai empruntée chaque année. On arrive rapidement en bas, où je cherche des yeux les roannais, qui mettent un peu de temps à revenir mais qui y parviennent tout à fait. De nouveau, plusieurs attaques sont lancées, notamment de la part des deux outsiders de la BAC, Gautier Heraud et Tony de Stéfanis. Une fois qu’ils comprennent que je ne risque pas de les laisser partir, il ne reste plus grand monde pour tenter de s’échapper. Si bien qu’au bout d’un moment, Thomas et Valentin se calent en tête du peloton qu’ils régulent à une allure très modérée, et comme une lente procession à la tête jaune, le peloton aborde à Saint Hippolyte du Fort totalement groupé, sous notre commandement, et sans qu’absolument personne ne trouve rien à y redire.

            On entre maintenant sur le terrain de la bataille finale. Il ne reste plus que 20 kilomètres de course et parmi eux, deux cols répertoriés au classement de 3 à 4 kilomètres, qui s’enchainent après une très courte descente. La montée en régime est très progressive et Thomas est le premier à imprimer son rythme dans la première bosse. Pendant deux bons kilomètres, personne ne tente rien et Thomas reste en place. Plus les offensives tardent, moins j’ai de travail à faire. Lorsqu’un coureur enfin se décide à placer la première attaque, le groupe se casse à hauteur du 7e ou 8e coureur sans aucun mal et nous nous retrouvons très facilement échappés avec 100 mètres d’avance sur le peloton. Bien entendu, je ne relaye pas tant que mes adversaires ont la possibilité de me contrer, malgré qu’ils me le demandent fort logiquement. Ils n’ont rien à perdre à essayer mais je ne suis pas stupide surtout que c’est une bonne position pour jouer l’étape en prime… Sur le sommet, de nouveau les deux stéphanois qui courent sous le maillot de la BAC, Rolland et Heraud, se disputent les points du grimpeur… On dirait bien qu’ils ne jouent même pas le classement général tellement ils sont certains qu’ils n’arriveront pas à me décrocher.
            La descente rapide ne sert pas à grand-chose, sinon à ralentir la marche en avant de notre groupe qui désormais se désorganise un peu. Je consens même finalement à tourner avec eux puisque je suis finalement confortablement installé pour la victoire d’étape dans ce petit groupe. Nous sommes repris un peu plus loin, peu avant le pied de l’ultime col répertorié. Désormais ne nous restent plus à couvrir que 10 kilomètres, donc un peu plus la moitié de la descente.
            Paul remonte à ma hauteur et s’installe à la tête du groupe. Il roule vite et je lui demande de lever un peu le pied pour rester avec moi, je m’en souviens très bien. Je connais aussi ce col-ci pour l’avoir reconnu cet hiver. Je sais que dans un kilomètre se présente le passage le plus dur et que la course se décantera ici quoi qu’il arrive : je préférerais garder Paul comme équipier avec moi à ce moment là. Mais il continue, et s’écarte au pied du passage le plus raide à la traversée de Monoblet.
            Lorsque Paul s’écarte, c’est Thomas Bouvet qui lance la première attaque sérieuse comme d’habitude. Je pourrais ne pas aller le chercher, pour être certain de ne pas me faire contrer et assurer le classement général, mais j’ai tellement de force et de fraicheur que je peux prendre son sillage vraiment sans aucun mal. Les autres semblent se jeter dans la roue, mais ces souvenirs-là sont un peu flous. Au moment où je me décale à gauche et où je donne un coup de pédale plus puissant en danseuse pour attaquer à mon tour, j’ai une sensation très étrange, puis soudainement, je suis envahi par le même sentiment que le dernier jour du Tour du Valromey : il me suffit de baisser la tête pour constater que ma roue avant est crevée. Le tour s’écroule à ce moment là. Sur le moment, impossible évidemment de savoir quelle décision prendre pour me sortir de là. Je continue d’abord sur plusieurs mètres en niant ma crevaison, en voulant retarder le moment où mes adversaires directs s’en rendront compte. Mais ce moment est inéluctable et je n’ai aucune chance de pouvoir descendre le col dans ces conditions. Je m’arrête sur la droite de la route et j’enlève ma roue avant en gémissant plus ou moins, puis je la tends en l’air en cherchant désespérément des yeux un coéquipier qui puisse se hâter de me donner la sienne. Sous mes yeux passe sans un regard Dylan Guinard, le coureur breton qui portait les couleurs du club exceptionnellement ce week-end. Si à ce moment là de la course, il s’arrête et me donne sa roue, je remporte le Tour des Cévennes. Je devrai attendre le passage de Paul, qui s’était relevé, à vu d’œil 25 à 30 secondes après ma crevaison. Le temps qu’il enlève la roue de son vélo, qu’il l’installe sur le mien et que je la serre de la bonne façon, s’écoulent encore allègrement 20 grosses secondes, sans compter le temps perdu en m’arrêtant, et celui pour repartir. Lorsque je relance en danseuse, très vite, les sensations ne sont plus les mêmes sur mon vélo. Je suis envahi par la déception, par la colère et par une sorte de rage désespérée, qui me dit que je n’arriverai jamais à combler le retard, mais que je n’ai pas le droit de ne pas tout donner.
            Je rattrape un coureur, puis deux, puis un groupe entier que je traine comme un fardeau derrière moi. Dans la montée, ceux que je ramasse à la pelle ne sont logiquement pas capables de m’aider. Je monte vraiment très vite parfois et beaucoup passent de nouveau à la trappe malgré que les pourcentages soient redevenus cléments. A l’approche du sommet, je me suis considérablement rapproché de la tête que j’aperçois en général deux virages plus haut, ce qui me redonne un petit espoir, je n’ai sans doute plus qu’une trentaine de secondes de retard. C’est un peu plus que ma marge de manœuvre par rapport à Rolland et Bleys. Seulement tout se complique dès les premiers mètres de descente : mon frein avant ne répond pas et dans l’un des premiers virages complexes que j’aborde à tombeau ouvert, je dérape sur une cinquantaine de mètres de la roue arrière pour sauver ma peau et éviter la falaise ! J’ai perdu un patin de frein en changeant la roue. Lorsque la roue se redresse un peu parfois, je relance fort, mais les autres coureurs ne m’aident pas. Il n’y a que lorsque je reprends le groupe de Dylan qu’il consent à me passer deux trois relais, qui me soulagent un peu, mais pas assez. Je suis épuisé et dépourvu par tout ce qui m’arrive et j’ai du mal à trouver la force mentale pour me dépouiller ; je m’y force pourtant. J’avertis les autres que j’ai perdu un patin, mais tous ne comprennent pas, la descente devient alors vraiment dangereuse. Lorsqu’enfin tout le monde saisit à peu près que j’ai un problème, ils veulent me passer pour ne pas se faire entrainer par mes trajectoires un peu spéciales ; résultat une fois en bas, je dois me battre pour simplement pouvoir recoller à la queue du groupe. Je n’ai pas aperçu le groupe de tête depuis le sommet du col. Je sais que c’est perdu. Il ne reste plus qu’un gros kilomètre de plat, pendant lequel je donne tout ce qu’il me reste, et je suis les roues de ceux qui sprintent pour leur petite place d’honneur… Parmi lesquels, Dylan. Je passe la ligne dans le second groupe, à 39 » du polonais Gracjan Szelag vainqueur et à 35 » de Loic Rolland, mon dauphin au général, que je devançais de 19 » au départ de l’étape.

            Je perds le classement général du Tour des Cévennes pour une crevaison à 6 kilomètres de l’arrivée finale, maillot jaune sur le dos. Et en conclusion, je me rends compte après coup que mon cadre look jaune est fendu au niveau du hauban arrière depuis ma chute, en plus que le dérailleur soit tordu. Il reste 6 jours avant le championnat de France.
            J’ai beaucoup de regrets, quant au fait que tous les autres coureurs de l’équipe, le coureur breton excepté, ont abattu un travail exemplaire tout au long de la journée. Conclure par un dénouement aussi stupide, c’est presque un manque de respect vis-à-vis de tous leurs efforts. Mais paradoxalement, j’ai presque encore plus de regrets quant à la victoire d’étape, que je partais peut-être chercher seul au moment même où je crève. Du moins, c’est ce que j’aurais espéré et je ne pourrai jamais le savoir. La seule chose que je sais, c’est que j’ai eu aujourd’hui les meilleures jambes de toute mon année. Et surtout, cet épisode survient un mois après celui du Tour du Valromey, dont j’ai été écarté du podium final par une même crevaison que tout le monde a déjà oublié ; à une semaine des championnats de France, qui me demandera des ressources mentales énormes pour parvenir à être prêt le jour J à 100%, dans les jambes, et surtout dans la tête. Certes, je dois au moins reconnaître que je peux déjà me montrer soulagé que ça n’arrive pas le jour du championnat.
            Je considère toujours avec le recul que j’ai perdu là une occasion rageante d’engranger une, voire deux nouvelles très belles victoires. Mais je retiens aussi cette course comme un épisode très formateur, au cours duquel je me suis construit, et que je regarderai surement d’un regard plus distancié dans quelques années, lorsque les enjeux ne seront plus les mêmes.
            En attendant il faudra se remobiliser en vue des championnats de France. Les 6 jours qu’ils restent seront très, très difficiles à gérer.

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