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déc 07 2013

#8 1.14 Flèche Ardéchoise étapes 2, 3

Je ferai court : gros bug après 1h30 d’écriture..
Contre-la-montre Ruoms – Sampzon 6,1km
3,2km de plat avant une montée de 2,9km à 7% de moyenne.
Je ne cherche pas à partir trop vite, puis dès que la machine est lancée je me cale sur la ligne blanche comme fil d’Ariane. Je passe au pied de la bosse en 4’27, à cet instant je suis probablement dans les 10 plus rapides.
Mais la bosse est trop difficile pour moi et malgré un premier kilomètre canon, je ne peux que coincer ensuite, comme toujours. Je déraille lorsque je baisse le plateau mais je ne perds pas beaucoup de temps. Je me bats jusqu’à la ligne pour ne pas coincer mais la ligne n’arrive toujours pas. La douleur monte et le coeur s’affole mais je me suis promis de ne rien lâcher. Je passe la ligne en 12’14, 37e malheureusement loin du top 20 mais pouvais-je vraiment espérer mieux ? Je suis satisfait de mon chrono.
Etape 2 Vogüe – Aubenas 123km
Le parcours se résume à deux boucles entre Vogüe et Vallon Pont d’Arc par le premier GPM roulant de Villeneuve de Berg, la vallée descendante de l’ibie et la route des bouchets qu’on a emprunté la veille. Le final est un bis repetita, mais sans les difficultés de la veille. Sur le papier, cette étape me convient donc mieux, mais elle risque aussi d’être plus aléatoire.
Puisque les commissaires ont la consigne que les coureurs ne dépassent pas la voiture au départ, ils accélèrent ; ainsi le fictif se résume à 5km de derrière voiture… On se retrouve vite au pied du GPM en file indienne, sans que ça ne roule trop vite mais le vent souffle de côté. Je reste placé et à la bascule, un petit saut de puce me propulse dans la première échappée de la journée.
Un groupe de 4, avec à mes côtés Thibaut Nuns le futur vainqueur, Alexandre Paccalet et l’estonien de l’AVC Aix. L’écart maximum qui nous est annoncé est de 40″ et pour ne rien cacher je suis à la rupture, ça roule très fort. Après une dizaine de kilomètres en tête, le peloton très étiré fait la jonction.
Après à peine 10 secondes pour souffler, un coureur de Montfavet contre. Je suis le seul qui réagit et on se regroupe donc à 2 devant de nouveau, avec Jérémie Chevallier. Cette fois on se met d’accord pour rouler bien moins fort, et advienne que pourra. L’écart monte de nouveau à trente secondes mais la vallée est trop roulante pour le moment pour creuser un écart conséquent. De nouveau après une dizaine de kilomètres on est revus par la tête de peloton. On passe Vallon Pont d’Arc et on prend le chemin du premier retour, là ; le vent souffle de face et les routes sont bien plus propices. Je décide de me cacher dans un premier temps.
Un petit groupe d’échappée se forme à l’avant, je le devine à peine. Passe Lagorce, on tourne à gauche et au pied de la montée des Bouchets, des coureurs s’accrochent devant moi. Je me relève rapidement et remonte sur mon vélo puis relance sans un regard pour l’arrière. Je rentre au sommet de la bosse dans la roue de Guillaume Gauthier, juste le temps de me replacer. Le groupe à l’avant ne comprend qu’une trentaine de coureurs à peine : je pense que c’est peut-être une première occasion de sortir. Dans une partie difficile je place une attaque violente et rejoins les échappés. A ce moment je donne tout pour que ça sorte, avec moi Valentin Jury, Simon Favre, Nans Peters, Quentin Charles. Je constate avec effroi que je suis fatalement bloqué sur le 16 dents… Ca ne descend plus. Je passe donc la descente dans la semoule derrière les autres, même sur la grande route c’est difficile. Le peloton nous revient dessus une nouvelle fois. A ce moment je compte déjà une trentaine de kilomètres en tête, mais je suis toujours dans le peloton. Je descends à la voiture, récupère un bidon mais M. Guillet ne peut rien faire pour moi. Je vais devoir me résoudre à faire tout le reste de l’étape bloqué sur 52*16, soit entre le braquet minime et le braquet cadet. Pour le moment, ça bordure devant et je dois récupérer la queue de paquet illico…
C’est entre Pradons et Saint Maurice d’Ardèche que sort la bonne échappée de 16 coureurs. Flairant l’arnaque je place un contre dès que je reviens en tête de peloton et deux coureurs prennent ma roue. Faux-plat montant, mes premiers relais sont très appuyés, je me sens vraiment bien aujourd’hui. Jérémy Maison est aussi déterminé à rentrer tant que c’est encore possible, et le 3e coureur de la Haute Loire est bien content d’être là… Mais la route décline et la roue tourne, cette fois c’est moi qui subis complètement les relais de Maison à cause du braquet et après deux ou trois relais, le coureur de Haute Loire laisse un trou que je suis incapable de reboucher…
L’échappée est juste là. Jérémy Maison rentrera donc seul, et grâce à ce retour il remportera le général de la Flèche Ardéchoise, ce qui lui permettra très certainement d’intégrer l’équipe de france quinze jours plus tard. Comme quoi, tout se joue à très peu de chose.
A partir de là je ne suis plus dans la course, repris logiquement par le peloton je m’arrête pour tenter de régler mon dérailleur, en vain ; le cable est partiellement coupé probablement suite à un choc sur la chute de tout à l’heure. Dans la vallée de l’Ibie qui approche, je ne pourrai que subir, puisque ça roule tout le long entre 40 et 50.
Je prends donc mon mal en patience et attends le retour de la montée des Bouchets pour porter mon offensive. Ce sera la bonne. C’est toujours difficile avec le 16, mais je fais avec et ce handicap me motive encore plus. Je pense à la montée finale où ça ne pèsera pas dans la balance. A l’entrée de Ruoms, on se regroupe à une dizaine, avec Roux le leader du général, Alexis Carlier, Quentin Charles qui ne roule pas, Yvan Callaou, Simon Favre, Thomas Ferret et Alexis Noel. Ca roule par intermittence puisque le très fort vent de face nous désorganise et sur chaque relais, des trous se créent, puis se bouchent. Montfavet fait tout pour tenter de revenir mais l’écart est trop important. Quand Quentin Charles se met à rouler, c’est encore pire puisqu’il fait sauter tout le monde à chaque relais sans le réaliser.
Lorsqu’il attaque à 2km de l’arrivée, c’est encore un bis repetita puisque je m’y colle comme la veille, mais cette fois la résistance est plus nombreuse : Roux revient un peu plus tard accompagné de Carlier et de Callaou. Sur une énième attaque de Quentin je craque mais reste à une portée de fusil. Dans le mur d’arrivée, je reprends d’abord Callaou et échoue dans la roue de Carlier et Roux à la 21e place.
Ce week-end confirme la tendance sur les grandes courses : je suis toujours poursuivi par la malchance, alors que comme souvent, le plus dur était fait. Comme aux France où je craque alors que j’avais lancé la bonne, comme à la coupe de France ou je prends des crampes alors que j’étais sorti avec le vainqueur, puis une fringale alors que j’étais repris par le contre. J’ai hâte que le cycle des désillusions se rompe, je sais que ça arrivera un jour. En attendant, je ne suis pas retenu en équipe Rhône Alpes et tout est encore à faire.

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