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déc 07 2013

#6 2/3/J Vienne

Cette fois je suis bien au départ de la bonne course. Vienne, pas loin, 3 tours vallonés de 32km avant une arrivée en haut d’un raidillon hors circuit de 400m. Autrement dit, course de préparation idéale, bien que les deux bosses ne soient pas aussi raides que le week-end prochain… Mais aussi course qui convient très bien à mon profil.
Le départ fictif est un bazar complet, avec un mélange de pass, de juniors, de 2, de commissaires a pied, d’ilots directionnels, de trous et de motos suiveuses… D’ailleurs, ça restera un peu ainsi une fois le vrai départ donné. On est vraiment nombreux, ça met beaucoup de temps à mettre en route, on roule à une allure régulière mais très modérée. Je reste en 40-50e position sur la gauche, histoire de rester caché au moins jusqu’au pied de la seconde bosse. A l’avant, je vois un groupe d’une dizaine de coureurs qui est sorti, et Sam qui se balade entre les deux, tout seul… Il est repris quelques kilomètres plus loin, mais pas le groupe d’une dizaine, qu’on garde malgré tout à distance raisonnable. Je suis très à l’aise, comme rarement, trop certainement, puisque je vais craquer plus tôt que je ne l’aurais du… Au beau milieu de la seconde bosse comme c’est souvent le cas quand je suis bien je décide sur un coup de tête de remonter tout le peloton par la droite et de poser une première attaque, puis une seconde, puis une troisième… Sans grande utilité. Au sol un marquage indique GPM à 1km. J’ai bien trop présumé de mes forces et même si j’ai mis le peloton en file indienne, je me me fais exploser tout seul et retourne à l’arrière aussi vite que j’étais remonté. Devant ça contre, sur le sommet, et ça rentrera sur l’échappée pour ne former qu’un groupe d’une grosse quinzaine, puis derrière un contre d’une dizaine, qu’on ne reverra pas de la course.
Je mets beaucoup de temps à me remettre de ma surchauffe. Je suis totalement à la rupture pendant la première bosse du second tour, à vrai dire même, pendant tout le second tour. Je ne sors le bout du nez qu’à la fin en faisant la descente à fond. Second tour bouclé. Le peloton étiré recolle et comme toujours un coureur de Saint Martin d’Heres sort en facteur à ce moment. Un équipier le rejoint de même ainsi qu’un coureur de Sarras. Dans l’immédiat personne ne réagit, c’est comme souvent le pauvre Taboury toujours à contre temps qui se dévoue, mais trop tard. Ca a le don de provoquer quelques contres, rapidements avortés. Dans la partie plate vent de face on ne roule qu’à 25km/h, sans que ça se relève forcément. Quand la première bosse, la moins raide arrive pour la dernière fois Stéphane Brun attaque. Je l’accompagne tout de suite. Reviennent sur nous Pierre, Benoit, Thomas Bouvet, Mathieu Perrin, Julien Banier mais on se fait reprendre. Enfin, la queue de notre groupe puisque Pierre insiste. Cette fois je suis le seul à l’accompagner. Le trou est fait.
Dans un premier temps, le souvenir douloureux du tour précédent freine mes ardeurs. Je n’ai qu’une envie : rouler, mais je me connais, combien de fois j’ai explosé ensuite… Le scénario est trop beau pour le gacher. Je passe enfin quelques relais sur la fin de la bosse, puis sur les faux-plats du sommet, on rentre sur les trois échappés d’auparavant. Mathieu Perrin et Steph Brun, juste derrière, rentrent aussi pendant que le coureur de Sarras, Alexandre Begot craque. On se retrouve donc à 6 devant si je ne me trompe pas, avec : Pierre, Eddy Beranger et Stevens Dupouy de l’ESSM, Mathieu Perrin et Stéphane Brun. Ca roule très vite et ça s’organise très bien, pour une fois, dans la longue ligne droite entre les deux bosses. Vent de côté,  sur toute la largeur de la route. Quand arrive enfin le pied de la bosse on a plus d’une minute sur le peloton : on ne les vois plus. Je monte très fort dès le pied relayé par Pierre, et nous voilà plus que trois, avec Mathieu Perrin. sur le col on reprend quelques coureurs du contre sorti dès le premier tour, dont Ludwig. Plus que la descente, je me retrouve avec un peu d’avance au pied et j’hésite à continuer à bloc, mais ça n’en vaut pas le coup, on joue pour la place de 23… Je me mets donc dans conditions de la flèche. Ludwig fait le pied à allure modérée et s’écarte, je jaillis à droite, Pierre à gauche ; je prends les devants. Il ne craque pas, moi non plus. Ca fait drôle. Dans le passage le plus raide j’essaie d’en remettre une pour le faire craquer mais il ne m’en reste plus beaucoup. Il me saute finalement sur la ligne de peu, mais finit bien plus fort. Pas de regrets.
24e donc au final. Je dirais que j’ai payé très cher ma réaction instinctive du premier tour, puisque je rate encore et toujours la bonne échappée. Malgré tout j’ai su rebondir en seconde partie de course, même si c’était déjà bien trop tard. Je dirais bien que ce fut une course de préparation parfaite, mais aussi que je ne concrétise toujours pas, et pour le moment ce n’est pas comme ça qu’on assure une sélection…
Le week-end prochain représente un premier tournant de la saison. C’est ce week-end qui décidera si je passe à l’échelon supérieur dès maintenant où si je ne le mérite pas encore. Ca se jouera dans la tête. Je n’ai plus le droit à l’erreur.

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