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déc 07 2013

#39 1/2/3/J Coligny

Je suis en pleine période de forme et je compte bien la conserver jusqu’à ma dernière course de la saison, la manche du challenge national. Et d’ici là, en profiter pour scorer de nouveau cette fois au niveau supérieur, sur une première catégorie réputée très difficile. C’est effectivement le cas : cinq longues boucles de 26km, comprenant un enchaînement de deux petits cols de respectivement 4 et 1,5km avant un retour roulant mais vallonné sur des routes sinueuses. La liste des partants reflète bien la chose d’ailleurs : c’est le grand retour de Thomas Girard après ses trois longs mois d’arrêt, accompagné de coureurs comme Barbas ou Chevrier. Les grosses écuries de Bourg avec en tête d’affiche Yoann Michaud, Vaulx avec Prieur et Lindsay, Roanne avec Wight et Luminet, le Creusot avec Talpin, j’en passe et des meilleurs. De quoi appréhender un peu quand même la suite des événements…

Je vois un scénario de première type, du style la bonne échappée met un ou deux tours à partir à 15-20 et derrière un grand bachage collectif. La pluie menace dangereusement et je pensais qu’on y aurait droit pour de bon… Finalement, elle nous laissera tranquille pour le moment. Mais dans cet esprit, tout en sachant que j’ai la forme, tenter d’aller dans ce groupe qui sortirait peut valoir le coup.
Je m’essaye donc à me glisser dans des roues dès le premier sommet, guettant la bonne opportunité, sans pour autant griller les cartouches. Je m’étonne à pouvoir le faire avec pas mal d’aisance même lorsque ça monte de nouveau, mais ça se regroupe à chaque fois. Je me dis que la bonne équation équipes représentées/conditions de course n’a pas encore été trouvée et que ce peut être le cas à tout moment, par conséquent, je ne relâche pas la pression. Jusqu’à ce qu’à la fin du premier tour, dans les traitres faux-plats balayés par le vent qui remontent jusqu’à la ligne, je n’atteigne pour la première fois ma limite, pas au meilleur moment. J’ai été trop loin et j’entame la bosse la plus longue dans le rouge dès le pied. Pas de chance, ce sera surement la montée la plus rapide de la course. Le peloton en haut, ne compte plus qu’une quarantaine de coureurs et au mental, j’en fais partie, de justesse. Je me promets de me calmer maintenant.
Et en effet, petit à petit je me refais la cerise, puis bientôt je peux retourner à la bagarre, bien que de manière épisodique. La troisième montée est bien plus encourageante, je conserve cette fois les roues de 10 premiers sans problème, certainement parce qu’un coup intéressant est déjà parti. Barbas est seul devant, bientôt rejoint par son équipier Girard et le bressan Pierre Chevalier. Derrière des groupes sortent dangereusement les uns après les autres et j’ai bien peur de me faire piéger de cette façon comme c’est souvent mon cas en première… Mais je saisis la dernière des bonnes opportunités en sautant dans un groupe d’une petite dizaine. Les jambes sont bien meilleures et dans la seconde bosse on recolle au gros groupe qui s’est reformé et fait désormais office de peloton en lice pour la 4e place. Tant pis pour les piégés !
A partir du dernier passage s’engage alors une poursuite pas très régulière, mais nécessaire si notre groupe veut se disputer la victoire au bout : trente secondes à boucher sur les trois hommes, mais personne pour s’organiser efficacement derrière, si bien qu’après plusieurs tentatives auxquelles je prends part ayant retrouvé la plénitude de mes sensations, on se rapproche à une quinzaine de secondes une fois les deux côtes effacées. Ce n’est pas encore suffisant. De mon côté, tout est clair, je suis déjà concentré sur mon sprint car une place d’honneur ici est désormais tout à fait dans mes cordes. Ma plus grande peur, c’est de voir un groupe sortir s’intercaler entre nous et la tête, et pour éviter cela je suis obligé de m’employer à 4-5km du but, à la limite de la rupture même. Finalement, tout se calme et c’est le moment que choisit Julien Prieur pour tenter le coup. Girard repris, Chevalier lâché, Prieur chasse derrière Barbas puis le rejoint à 500m de la ligne. Derrière ça se regarde longtemps, je suis devant, très nerveux. C’est Benoit Luminet qui lance le sprint très loin, à 500 mètres et je me jette tout de suite en 3, 4e position, ce que je pensais être l’idéal. Or les faux-plats sont longs et seuls les plus résistants parviennent à maintenir cet effort, à savoir Marc Flavien impressionnant qui revient 3e sur les talons des deux leaders ainsi que Damien Cigolotti, dans la foulée. Je me bats pour conserver la 5e place, mais l’acide lactique m’a envahi de partout, le sprint a été trop long pour moi. Je résiste longtemps jusqu’à me faire doubler à 50m de la ligne par une grappe de 4 coureurs. Je termine donc 10e, il faut relativiser, ça reste une excellente place à ce niveau. Mais forcément, je garde un goût amer de mon sprint, la 5e place aurait été autrement plus belle ! Ca s’est joué à peu, mais sur le coup je me suis fait battre à la régulière et par des sacrés pointures.

1. Barbas Yoann (Chambéry CF) 1
2. Prieur Julien (VC Vaulx en Velin) 1
3. Flavien Marc (EC St Etienne Loire) 1 à 2″
4. Cigolotti Damien (Charvieu Chavagneux IC) 1
5. Luminet Benoit (CR4C Roanne) 1 à 3″

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