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déc 07 2013

#34 2/3/J Tour de la Drôme des Collines étapes 2, 3

Etape 2. Tain l’Hermitage – Tain l’Hermitage, 11,1km CLM

Je me dégote beau Canyon de Chrono pour ce matin (merci à mon malheureux coéquipier du week-end Kévin Delorme) qui me motive pour faire ce chrono à bloc et voir un peu ce que je vaux physiquement trois semaines après la reprise. Un parcours qui me convient avec un kilomètre de montée à froid, prolongée par de longs faux-plats cassants ; puis un retour ultra-rapide sur des routes bien plus larges et bien plus favorables. Je me force bien à m’échauffer 40 minutes dont les 20 dernières sur home-trainer à faire franchement monter le coeur.

Je pars au seuil dans la montée pour être sur d’en avoir suffisamment en haut pour relancer et remettre des dents, parce qu’il est impossible de récupérer dans un premier temps. Dans la voiture, Fred Menini joue parfaitement son rôle. Je me concentre sur le chrono et rien d’autre, je ne laisse absolument rien au hasard. Les sensations sont très moyennes mais je n’ai jamais été transcendant sur un contre-la-montre, donc je m’en satisfais. Bientôt, enfin, je bascule définitivement dans une courte descente salvatrice où je peux allègrement emmener le 52*11, puis dans la ligne droite de bourrin qui me convient certainement mieux. Là, je peux vraiment appuyer. Je peine tout de même à remettre une dent à chaque fois qu’il le faudrait comme si j’étais arrivé ici un peu trop entamé mais pourtant, ce n’est pas le moment de se reprendre. A l’entrée de Tain l’Hermitage je suis bloqué par un embouteillage ! Je perds une dizaine de secondes dans l’affaire, surtout que je dois en plus doubler des voitures un peu plus loin. Je lève les fesses de la selle pour terminer dépouillé comme il le faut. Je réalise au bout du compte le 32e temps entre Antonin Azam et Nicolas Chadefaux, ce qui me contente.
Pour une fois qu’il est mal placé au général, Sam prend la 17e place à 8 secondes seulement de Christophe le spécialiste, 10e. Une sacré performance quand on le connaît, mais pas vraiment surprenante, tant on sait qu’il en a les capacités.

1. Duffy Mickael (IRL, AC Bisontine) 2e
2. Piccolet Cédric (VC Rumilly) 2e à 2″
3. Digonnet Bruno (EC Hautes Alpes) 2e à 8″
4. Vincent Lucas (VC Ornans) 2e à 22″
5. Latour Pierre (VS Romanais Péageois) J2 à 23″

Etape 2. Romans – Romans, 107km

La seconde étape est celle qui me convient certainement le mieux, avec une succession interminable de bosses n’excédant pas 3 à 5km et au profil très semblable à chaque fois. C’est vraiment l’étape de la drôme des collines. Pas la plus difficile sur le papier, quoique ; c’est en tout cas aujourd’hui que se décidera le classement général et les 14 secondes qui séparent le leader Almeida, sur les épaules duquel le maillot jaune est pour le moment toujours en sursis, de son second Pierre Latour, grandissime favori au départ. Ce duel accapare toute l’attention des suiveurs, tant mieux pour nous, qui courrons après la victoire d’étape.

Je prends le pari d’une échappée au long cours. Je me sentais limite jusqu’à maintenant, en attestent les résultats très médiocres, mais ça vaut le coup d’aller en première ligne cet après-midi. Et ce dès le départ,  alors que les premières tentatives fusent à droite, à gauche. Les vaudais sont les plus déterminés.
Je prends la roue d’un premier groupe d’une grosse dizaine qui ne tiendra que quelques hectomètres, puis d’un second, à peine plus résistant. Et lorsque le peloton se regroupe en un bloc plus compact, à la tête duquel patrouillent les grands ambertois, je me dis que l’échappée a du partir sans moi, dailleurs elle n’est plus en point de mire.
On quitte ce qui sera la dernière portion de plat de la journée avant le retour sur Romans, c’est à dire dans 80 bons kilomètres. Les routes se rétrécissent et s’inclinent, le peloton roule tempo, si bien qu’il devient impossible de remonter ni même de descendre et je profite pleinement de ma place dans les 10 premiers sans que personne ne m’y dérange pour le moment. A peine quelques accélérations pour le premier GPM, mais que l’on dispute, alors qu’il est sensé y avoir une échappée à l’avant. Il y en a forcément une, puisque personne n’attaque derrière. Je demande à Landry, qui m’assure que non. Et au même moment une ouverture se crée à ma droite et plusieurs coureurs passent à l’injection, je me jette dans le sillage, et nous voilà libérés de la constriction des Ambertois.
Mon premier réflexe une fois hors de portée est de jeter un oeil derrière, m’assurant que le peloton n’avait pas quitté sa léthargie. Tant mieux. Le second, de constater des coureurs qui m’accompagnent. De nouveau comme la veille mon compère stéphanois d’adoption, Raphael. Un autre ex-poliste avec Andy Voisey. Deux saucisses de Morteau dont le fameux MacMillan, seul autre junior de l’échappée. Un grand GMC mais je ne saurais pas dire lequel car ils sont tous grands là-bas, ainsi qu’un coureur de l’EC Hautes Alpes et un autre de Cournon. Nous voilà donc huit en tête, dans un groupe très homogène, sans pointure et donc sans homme dangereux au général (le mieux placé est Andy à plus de cinq minutes) et avec de nombreux clubs importants représentés. Que demande le peuple ?
Je me rends compte qu’on est sorti au meilleur moment, c’est à dire juste avant la première bascule. La descente est rapide et agréable, je profite de l’euphorie de l’échappée, puis on retrouve une ligne droite plate dont on ne profitera qu’un petit kilomètre. Suite au rush que je passe sans rien demander en 3e position, on entre sur le circuit central de l’étape qu’on aura à parcourir deux fois.
Celui-ci est composé d’une bosse à l’allée, très roulante et très large, mais assez longue (du style 5km à 5%). Au retour, une autre bosse mais moins régulière et plus étroite (du style 3km à 7%). Nous voilà donc pour la première fois en prise. L’écart qui est annoncé est de 45 secondes, ce qui nous convient pour le moment. Ca roule très modérément devant. Plusieurs fois je fais l’effort de boucher des trous, tout en veillant à gérer mes efforts car l’étape est encore longue. A la bascule, MacMillan fait le grimpeur et on se lance dans la descente rapidement bouclée, en deux lignes droites et deux virages.
En bas, je récupère un bidon à la voiture neutre, et on enquille sur la seconde bosse. Je ne me sens pas à l’abri, parfois le peloton apparaît juste en bas, et je ne peux m’empêcher de me mettre devant et d’inciter à hausser le rythme. A la moindre accélération le peloton nous a montré qu’il était en mesure de fondre sur nous ! Les autres ont aussi eu la puce à l’oreille et le dernier kilomètre est avalé un peu plus vite. Je récupère un autre bidon, referme mon maillot et on plonge de nouveau vers la ligne du rush qu’on passait déjà une demi-heure plus tôt.
Le second tour de circuit se déroule de façon similaire mais tout est un peu plus fort. Dans la première bosse MacMillan décide d’accélérer beaucoup plus loin du sommet. Puisque personne ne bouche le trou (ou n’est en mesure de le faire ?) J’y vais à mon tour en veillant à n’emmener aucun raton dans ma roue. Quelques hectomètres plus loin je me rends compte que le coureur de Cournon semble vouloir en faire de même et nous voilà à deux en chasse tout près de l’irlandais. Mais sur la bascule tout finit par se regrouper fatalement, à l’exception près que nous ne sommes plus que 6 en tête.
Dans la descente je me prête à un drôle de numéro : mon dossard s’est dégraphé, il ne reste plus qu’une épingle qui menace d’en faire de même avec le vent qui le balance dangereusement. Je me lance donc dans une descente sans les mains pour parvenir finalement à en raccrocher trois. Dans mon aventure, j’ai remarqué trois petits points blancs derrière moi, alors qu’on était sensé n’être que 8 dans le groupe… Et un peu plus loin ma surprise est encore plus grande quand je remarque que le troisième homme n’est autre que mon équipier… Christophe Menini ! J’apprends qu’il chassait comme ça depuis une vingtaine de kilomètres…
Et au même moment qu’il recolle, alors que le groupe commençait à s’endormir profondément, c’est un tonnerre de klaxons qui nous réveille brusquement : toutes les voitures qui étaient derrière nous cherchent à nous doubler de toute hâte, pour la simple raison que l’écart qui nous sépare du peloton fond à une vitesse hallucinante ! Monsieur Latour en tête, le peloton monte en sprint cette portion du col pendant qu’on s’endort à même pas 15km/h. Je m’affole et relance tout de suite l’échappée. Ca casse et les plus faibles sont éliminés, on se retrouve à cinq à basculer.
La descente rétablit un peu le calme car si le peloton est derrière à moins de quinze secondes, au moins nous sommes cette fois dans le silence le plus total. On dit au revoir au circuit pour filer dans la direction de Romans, non sans emprunter quelque détour escarpé… Après un maigre kilomètre de vallée nous voilà face à la plus grosse difficulté du jour, une côte de même distance mais autrement plus raide, avec sur le sommet des passages à une quinzaine de pourcents… Elle se dresse au fond d’une longue ligne droite de montée dont on passe la moitié avec l’élan. Le vacarme du peloton est de retour à nos fesses, nous rappelant que notre escapade n’est qu’un surcis dépendant de leur volonté. On sait très bien qu’on est condamnés mais on continue à tout donner car peut-être que tout n’est pas perdu pour autant. Quelques coureurs rentrent sur nous dans un premier temps : Cédric Picollet, le redoutable grimpeur 2e du chrono le matin et loin au général, mais aussi Nicolas Chadefaux, le leader de cournon et 8e du général qui se retrouve à pas moins de trois devant ! Les deux équipiers se sacrifient pour lui et le groupe vole en éclat. A trois, ils prennent un peu de mou devant nous, pendant qu’on stagne derrière. On a bien avalé les deux tiers de la côte et nous ne sommes toujours pas repris, mais les deux passages les plus raides se profilent. Je passe le premier sans problème, un peu à fond au sommet, et voilà le second qui arrive. C’est le moment que choisit Pierre Latour, à peine cent mètres derrière pour porter son attaque la plus tranchante. Il me reprend à la fin du passage le plus raide de toute la journée, Banier jeté dans sa roue, quelques coureurs juste derrière et déjà une cassure dans laquelle le maillot jaune Almeida est piégé. Je bascule in extremis dans un troisième groupe de 7-8 coureurs avec Sam juste à mes côtés.
La course change dès lors totalement de vitesse. Je passe du statut de, peut-être, plus frais du groupe d’échappés à celui de plus entamé des coureurs en contre. Dans la descente je tiens facilement et reprends mon souffle, mais dès le retour sur une ligne droite de plat où ça roule à bloc, je souffre en dernière position. Je crois qu’il ne reste qu’un col ou du moins, je l’espère fortement. Je ne crois pas trop en mes chances de tenir jusqu’à l’arrivée comme ça mais je les tenterai jusqu’au bout.
Le groupe tourne à gauche pour entamer ce fameux col que je redoute. On s’est finalement regroupé avec le groupe maillot jaune, tant mieux d’un côté, mais ça veut dire que la poursuite ne s’arrêtera pas de si tôt. Ma chance, c’est que ça monte au train par conséquent et je n’ai donc pas trop de mal à suivre. Mon autre chance, c’est que le vent souffle de face, et bien protégé à l’arrière l’effort à fournir est plus raisonnable. Je suis totalement au bord des crampes et la moindre relance me pèse très lourd dans les cuisses. Pourtant, finalement j’arrive à basculer en haut, puisque ça n’a pas accéléré de toute la montée.
Malheureusement pour moi, il en reste bien un dernier et bien que n’étant pas le plus dur, c’est celui qui me causera le plus de problèmes. En effet, au bout d’un kilomètre de montée Antonin Azam décide d’attaquer pour recoller au groupe d’échappées tout seul, ce qui donne des idées à d’autre. Là, il y a une vraie rupture de rythme et je suis dans les premiers à en faire les frais. Mais pas le premier,et j’en suis très surpris, puisque c’est le maillot jaune Almeida qui est le premier à coincer ! Il reste 500 mètres, les coureurs sont un par un mais donnent tout pour basculer le plus vite possible. Je me fixe la ligne comme objectif et donne tout ce que j’ai. Et me voilà maintenant dans la descente.
Le temps de relacher un court instant car une crampe menaçait de me paralyser, je repars à corps perdu dans la descente. La majorité du groupe s’est reformée devant moi à dix secondes peut-être. Je prends des risques dans la descente, des risques qui payent puisqu’en bas, c’est à dire au bout de 2km à peine, je suis à 3-4 secondes. Là je suis au pied du mur puisque le groupe de 10-12 s’entend face au vent et je suis tout seul à 40 mètres à peine, mais à 98%. Je fais comme à la fin d’une série de 30-30, c’est à dire je me dépouille en m’interdisant de m’arrêter avant le signal. Et j’y parviens in extremis.
Là commence maintenant une autre course. Je me concentre sur la place la meilleure possible. Il reste 5km avant l’arrivée et l’échappée est devant à 20-25 secondes qui leur assurent la victoire. Le jeu consiste à rester planqué derrière tout en jouant le jeu de Sam qui tente sa chance. Mais il ne parvient pas à sortir et se fait contrer par d’autres coureurs, un par un, qui s’assurent les places de 8, 9 10 et 11e. On arrive donc au sprint pour la 12e place et c’est cette fois Samuel qui se dévoue pour m’emmener… Alors que j’ai des crampes au moindre coup de pédale ! Mais le jeu peut en valoir la chandelle. A 400m de l’arrivée, il déborde par la droite, je suis dans sa roue. Je n’ose pas le passer, mauvaise idée puisque d’autres le font pour moi. J’ai raté mon occasion et je me contente donc de la 15e place au coude à coude avec Loic Rolland. Je n’ai pas osé prendre ce risque de peut de prendre une crampe, mais le bilan à l’arrivée est quand même très bon. La place n’est pas excellente, mais ça reste ma meilleure place en 2 jusqu’à maintenant (!) et j’ai été en progression tout au long du week-end. De plus, celle la on peut dire que j’ai été la chercher… Je suis l’un des deux seuls rescapés de l’échappée initiale à avoir tenu jusqu’au bout dans le groupe d’échappée, l’autre étant parvenu à sortir à la borne (le coureur de Cournon).
Je termine 31e au général final, je ne pouvais faire mieux compte tenu de mon éclat du premier jour.

1. Noirjean Gilles (AC Bisontine) 2
2. Chadefaux Nicolas (VC Cournon d’Auvergne) 2
3. Banier Julien (VC Vaulx en Velin) 2
4. Piccolet Cédric (VC Rumillien) 2
5. Orlhac Boris (VC Cournon d’Auvergne) 2 m.t.

Classement Général
1. Latour Pierre (VS Romanais Péageois) J2
2. Azam Antonin (Grenoble MC 38) 2 à 1’18
3. Almeida Pierre (VC Ambertois) 2 à 1’42
4. Rousset Francis (VS Romanais Péageois) 2 à 1’45
5. Chadefaux Nicolas (VC Cournon d’Auvergne) 2 à 2’28

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