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déc 07 2013

#21 2/3/J Tour du Pays de Seyssel étape 1

Une des rares courses par étapes en 2 en Rhône Alpes, le TPS n’était pas prévu au programme mais finalement, tombe très bien à une semaine des championnats Rhône Alpes… Au programme deux étapes en ligne sur le même format : une première moitié plate et une seconde escarpée, à la différence notable que le samedi, l’arrivée est au sommet ; pas le dimanche. Entre les deux, un contre-la-montre qui ne me concerne pas vraiment, puisque cette fois je n’ai aucun matos, et sur 18 bornes… Je retrouve les corbasiens avec plaisir, qui me permettent de faire des belles courses et surtout, d’en garder de beaux souvenirs.

Etape 1. Seyssel – Desingy. 105km
Je pars sur cette étape dans l’esprit de me tester en haute montagne, puisqu’avec l’arrivée au sommet, je serai enfin fixé sur ce que je vaux dans de vrais cols en forme. Je ne m’attends pas à un miracle mais je me connais suffisamment pour savoir que même si ce n’est pas ma spécialité, je suis en forme pour prétendre à un bon top 10.
Pour ce faire, il faudra rester tranquille toute la première partie de course. Le premier col ne débute qu’après 60km de course… Je dois donc ronger mon frein, ce que je ne supporte pas nerveusement. D’ailleurs, je vais craquer, après une trentaine de kilomètres de patinette dans les roues. Le cardio n’a pas dépassé 155 pulsations ! Alors en haut d’un taquet je place une petite attaque très modeste, que je regrette immédiatement puisque je me l’étais interdit, d’autant que personne ne réagit. C’est nerveux, je ne peux pas m’en empêcher. Au lieu de me relever tout de suite, j’attends un peu tranquille devant, des fois qu’un groupe décide de m’accompagner. En réalité, je me rends compte qu’on est au pied d’une bosse de 1km que j’avais notée, ça valait le coup de réviser ! Je rentre dans le rang et me tape un bon coup sur le crâne. Maintenant tu arrêtes tes conneries et tu restes dans les roues !
Je me tiens calme, mais placé jusqu’au pied de la bosse. Ca devient nerveux et au virage en bas, un tracteur au milieu de la route étire tout de suite le peloton. Je suis dans les 30 premiers, mais ça ne monte pas beaucoup pour le premier col. Devant, il y a une première échappée sérieuse, avec des coureurs d’Evian, Morteau et du GMC, les trois plus gros clubs, à une vingtaine de secondes. Je suis très à l’aise, ce genre de col me convient idéalement. Quelques coureurs attaquent discrètement sans réaction, alors je m’y mets plus franchement mais là, on ne laisse pas faire. Au lieu de me rasseoir et d’attendre je répète mon erreur et attaque de nouveau. On ne me laisse pas sortir. Je m’entête, je me mets devant, avec le vent, le peloton s’étire et ça casse même un peu derrière, mais quel intérêt ? Quelqu’un place évidemment un contre autrement plus incisif et je me retrouve dans le rouge. Je me laisse rétrograder.. Pour me rendre compte qu’on n’est plus qu’une trentaine ! Je dois sprinter pour reprendre les roues, il va même falloir remonter illico. La pente est bien plus sérieuse depuis qu’on a tourné à gauche. Les coureurs qui sont limite laissent des trous que je dois boucher, mais je suis à la limite. Je suis donc condamné à serrer les dents jusqu’en haut. Au sommet, on n’est pas plus de quinze mais j’y suis. Les moins distancés reviennent pour former un groupe de 20-25 et se lancer dans la descente. Il se met à pleuvoir. Je décide de remonter les coureurs un par un, puisque je m’aperçois que cette descente pourrait jouer un rôle… Je suis vigilant, mais ne pense pas à la chute, je suis suffisamment prudent. Je remonte de la 10e à la 4e position, ce qui représente une certaine distance maintenant que des écarts se font. Dans une légère courbe à gauche, un coureur de Morteau me double par la droite et me coupe la trajectoire. Le temps de l’insulter la roue avant perd l’adhérence et je me retrouve au sol. A environ 50km/h sur les fesses, ça glisse bien. J’ai l’impression de faire de la luge, j’essaie même de rétablir la trajectoire en mettant les mains comme si j’allais continuer la course comme ça. Avec la vitesse et l’humidité de la chaussée, je glisse pendant facilement 50 mètres jusqu’à me retrouver dans un fossé bitumé de l’autre côté de la route. Ca fait mal, je reste groggy quelques secondes et cours plus haut récupérer mon vélo. Je déracine quelques coureurs empêtrés dans mes pédales ou mes roues, je prends mes bidons puis les laisse finalement et je saute illico sur le vélo. Je compte repartir et revenir devant. Mais quand j’aperçois du sang un peu partout sur mon bras et sur ma jambe, puis quand je ressens du coup la douleur occasionnée, j’y réfléchis à deux fois. De toute façon mes patins de freins sont désaxés : c’est mort.
Je dois quand même terminer, si je veux repartir demain. Alors j’essaie de prendre du recul, de trouver un groupe mais il n’y en a plus. J’ai peur d’avoir cassé quelque chose, je pense à toutes les emmerdes que ça va encore m’apporter, comme s’il n’y en avait pas assez. Je ne pense même pas au bac qui reprend lundi, mais heureusement, c’est assez comme ça. Il pleut maintenant des cordes et je me retrouve dans le second col, le plus difficile, et il reste 30 kilomètres à faire.
Je finis comme je peux, j’ai froid, j’ai mal, je me bats pour simplement terminer. Par dessus, à tous les coups, je vais en plus me choper la crève. Autrement dit, aujourd’hui c’est galère. J’ai tout fait à l’envers, je dois me reprendre demain. Je termine à 17 minutes du premier, frigorifié.

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