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déc 07 2013

#14 1/2/3/J Tour du Beaujolais étape 1

Ce week-end, c’est un peu tout ou rien. La semaine, les sensations ne laissaient rien présager de bon mais dans le vélo, mieux vaut ne pas se lancer dans des pronostics hasardeux. J’étais confiant au départ puisque je monte en puissance régulièrement depuis ma coupure, lentement mais surement. Pour autant je pensais me lancer dans une aventure un peu folle, hors de portée, un peu suicidaire. Je m’attendais déjà à avoir à m’arracher pour ne pas lâcher avant le premier GPM, avant un sauve-qui-peut histoire d’être au départ de l’étape plate du lendemain.
Mes coéquipiers d’un week-end étaient des corbasiens de 2 ou 3e caté, ainsi qu’un autre Lyonnais et on courait sous l’appellation un peu anodine d »‘entente rhodanienne », malgré nos beaux maillots du VC Corbas.

Nous garons donc notre petite voiturette à galerie à côté des camions de Vaulx, du CR4C ou du CCF.
Ici, tout est en plus grand : le podium, les voitures d’assistance, les motos, les coureurs, les jantes. L’ambiance, la foule, le tracé aussi. Le fictif derrière la voiture de direction sur l’avenue de Villefranche a vraiment des airs de fête et de juillet, avec le peuple au bord de la route, comme si c’étaient les vrais. Le mieux reste encore les « Aller Ag2r » qu’on peut entendre lorsque quelqu’un reconnaît le maillot du CCF. Tout le monde tient sa ligne, pas une faute de style, que des vrais coursiers. Autrement dit, on s’y croirait drôlement.
Le départ se fait arrêté et mes premiers coups de pédale sont ceux d’un J1 méfiant qui se sent minuscule au milieu d’un peloton de grands, dont on voit vite le bout, d’ailleurs. Les premiers bouts droits sont tirés, les premiers sacs posés et le décor planté.
Ma première remarque après 5 ou 6km de course, c’est qu’ici, les repères ne sont plus les mêmes. Ca a beau rouler vite, ça ne veut pas dire que personne n’est sorti devant. Une échappée a beau sortir à 12 en s’entendant à merveille, celui qui n’est pas représenté fera rouler son équipe. La dimension tactique est d’une autre mesure, mon premier job sera donc de prendre intelligemment mes marques. Quant aux jambes, ça a plutôt l’air d’aller et je compte éviter de les traumatiser pour le moment. Je reste calme en misant sur l’économie.

Pendant ce temps, des groupes se forment à l’avant. Lorsque chaque équipe est représentée, le trou se fait sans réaction et pour cela, les coups partent à 10-15 coureurs au minimum. Si bien qu’au bout d’un moment, dans une succession de bosses et de descentes courtes, je me retrouve dans un peloton d’à peine 25 coureurs, avec plus des deux tiers des coureurs devant nous, alors que je n’ai pas bougé ! Je place alors quand même une attaque avant qu’il ne soit trop tard, je commence à comprendre. A partir de ce moment je tente des sauts de puce en prenant ou en créant des contres, qui survivent parfois 3 ou 4km, mais sans jamais parvenir à recoller les morceaux. Et puis les contres se regroupent, se rejoignent ; et on ne joue plus déjà que pour la 32e place… Mais je ne le sais pas encore.
Bientôt pointe le pied du premier GPM au bout d’une trentaine de kilomètres… Je me surprends puisque je suis très bien, même si c’est aussi que ça ne roule pas. Ca ne monte pas si raide, mais le vent de face freine tout de suite les ardeurs, d’autant plus que le paysage est totalement désert et découvert. Je suis le premier à m’élancer dans la descente avec Pierre et au vu d’un tout petit écart, j’attaque, l’emmenant avec moi. Taboury est le seul à prendre notre roue, et on reprend Damien Brethoux parti en éclaireur juste auparavant sur le bas de la descente très rapide. Nous voilà désormais avec une quinzaine de secondes en bas, sur la large nationale de la vallée d’Azergues. L’avantage, c’est qu’on est sorti sans puiser dans les réserves, et les relais tournent pas trop mal. On voit rapidement le retour de deux coureurs : Bertrand Sainz et Bastien Duculty, qui ne seront pas de trop puis d’Anthony Jourda avec Maxime Mayençon. Groupe qui a de la gueule… On rentre dans un village qui annonce le pied du second GPM. Je me prépare à serrer fort les fesses…
… Mais au bout de 300m, c’est moi qui me porte devant pour hausser un peu le rythme. Ca ne roule pas. Fait étonnant puisqu’on a déjà assuré 30 secondes d’avance, mais il reste quand même plus de 50km à faire ! Seul Pierre passe ses relais de façon équitable. Incompréhensible : sur le haut de la bosse, deux ou trois coureurs sont même à la peine ! Décidément, drôle de façon de courir en première caté.
Les kilomètres s’enchaînent mais les relais ne tournent toujours pas bien ronds, jusqu’à ce que Simon Buttner effectue seul la jonction et passe des relais qu’on dira ‘normaux’. S’enchaînent quelques grands boulevards, puis on rentre sur le circuit final avec une avance toujours maigre, bientôt infime.
J’hésite à attaquer de nouveau avant que la jonction ne soit vraiment effective. Nous voilà donc repris à une vingtaine de kilomètres de l’arrivée.
Je suis un petit peu émoussé, puisque comme d’habitude je me suis pas mal donné devant, même si l’allure était vraiment modeste. Je suis quand même quelques coups mais plutôt par instinct que par raison. Je me concentre finalement sur le maillot des juniors à ma portée, mais qui peut très bien m’échapper comme toujours. Je veux aller le chercher. Quand dans le dernier tour ça attaque dans tous les sens, je crois bien ne jamais pouvoir remonter. Sébastien Bérard explose son pneu juste devant moi, j’y ai cru. Puis finalement le rythme se calme et une ouverture se crée.. Le profil peut être propice au kilomètre alors je m’en méfie complètement ! Mais finalement Sam impose un petit tempo dans les derniers 500m, je suis dans les 10 premiers et lorsque le sprint est lancé, je déborde à droite pour passer le virage en 3e position. Malheureusement le coureur devant moi saute de la roue et je ne peux pas passer dans un virage… Quand je finis par le déborder c’est pour venir mourir dans la roue de Dupras qui règle le sprint et termine donc 32e et 1er junior, devant Bastien qui me saute au finish et moi qui échoue donc encore à peu de chose, mais ce n’est que partie remise pour le lendemain. Au général, nours voilà déjà logiquement à 8 minutes…

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